Les Bras de Morphée – Yann Bécu #Plib2020

Les bras de Morphée est un livre qui faisait partie des préselectionnés du PLIB. S’il n’a pas passé cette étape, je l’ai tout de même lu… et je n’en regrette pas la moindre page !

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Résumé : Voici un futur proche où l’on veille en moyenne quatre heures par jour. En amour, à l’école, au travail, la routine a forcément l’allure d’un sprint : faire vite, faire court, ne pas trop ramener sa fraise… Trois lois sacrées que Pascal Frimousse profane au quotidien. Professeur de français désoeuvré, il a dû se recycler. Avec 12 heures de veille, il est une perle rare. Toujours fauché, souvent libre… Tuer le temps, c’est son nouveau gagne-pain. Allongez 100 écus, glissez-lui le nom de votre ennemi, il se charge du reste : Frimousse est troll professionnel. Un des meilleurs. Vous pourrez dormir sur vos deux oreilles.

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J’ai commencé ce livre sans aucune idée sur lui, ne connaissant pas l ‘auteur et ayant à peine survolé le résumé, plusieurs jurés du PLIB en parlaient en termes élogieux et j’ai donc décidé de commencer ma petite lecture à mon tour.

Je dois avouer que j’ai beaucoup rit. La situation de base est assez inquiétante, plutôt sérieuse et pourtant, c’est l’humour qui règne et qui domine. L’écriture n’est pas la plus recherchée, on pourrait même la qualifier de vulgaire par moment, mais c’est précisément ce qui m’a happé. Même si, avec le côté oral, il est facile de se plonger dans l’histoire, la plume de Yann Bécu est bien plus intelligente que ce que l’on pourrait croire à la lecture des premières pages. De nombreux jeux de mots arrivent, les chutes sont souvent inattendues, burlesques, décalées et ne peuvent que nous faire sourire.

Malgré tout, il y a aussi des passages plus sérieux, peut-être même un message de la part de l’auteur. Dans cette société où tout le monde est endormi, prendre le temps est devenu un luxe (et on ne va pas se le cacher, c’est aussi le cas dans notre société ). Aussi, quel peut bien être le rôle d’un professeur de français ? Et bien… il devra apprendre à ses élèves à faire les résumés les plus courts possibles des grandes œuvres de la littérature. Un enfant sera turbulent s’il est capable d’en réciter longuement des passages. Le monde à l’envers.
Quelques scènes se sont distinguées à mes yeux, par leur sérieux mais aussi par tout ce qui s’en dégage, comme par exemple, le Roméo et la Juliette de la ville, qui n’ont que quelques secondes d’éveil en commun, où le prêcheur qui hurle pendant les minuscules secondes qui lui sont offertes chaque jour.

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Les personnages ont tous un rôle, une importance, et je n’ai pas eu l’impression qu’ils aient été créés juste pour servir l’intrigue, mais qu’ils ont bien une vraie existence. Le héros, frimousse, n’en est pas vraiment un… mais un peu quand même. Mais pas trop non plus.
Ils sont très nombreux, vu que l’intrigue rebondit à de nombreuses reprises, et il est très dur, au premier abord, de savoir qui fait partie du côté des gentils, de celui des méchants, et finalement… s’il y a vraiment des côtés ? Je n’ai pas eu d’attachement particulier envers les personnages, mais je les ai tous appréciés tout de même. Tous sont bien différents, parfois radicalement opposés, et c’est assez drôle de voir comment Frimousse se comporte face à chacun d’entre eux.

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Comme je l’ai dit, l’intrigue ne suit pas un fil particulier. Bien sûr, Morphée reste au coeur de l’histoire, mais comment lutter contre un phénomène dont on ignore l’origine ? Il s’agit plus de la vie d’un homme pris dans ce phénomène, les changements de la société, que d’une quête absolue pour l’arrêter, bien que l’on s’en approche souvent et que nos héros ont parfois des pistes pour y mettre fin.
La résolution de l’intrigue peut être décevante ou plaisante, chacun pourra se faire son avis. Pour ma part… je dois dire que ce n’est, assez étonnement d’ailleurs, pas ce qui m’a le plus poussé à continuer ma lecture ! J’étais tellement prise dedans que j’avais juste envie de lire ce livre.

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C’était vraiment un bon moment de lecture pour moi, et j’aurais adoré le voir faire partie des 20 sélectionnés ! Un livre très divertissant, mais qui fait tout de même cogiter, avec plaisir.

Et vous, plutôt grand dormeur ou quelques heures de sommeil vous suffisent ? (je suis une vraie marmotte moi). Qu’est-ce que vous feriez si vous n’aviez que quelques heures d’éveil devant vous chaque jour ? Une bonne raison de passer ses journées au lit à lire, non ?

A très vite pour un nouvel article,
Brybry’

 #PLIB2020 #ISBN9782918541653

La nuit de Notre-Dame

Qui a oublié que Notre-Dame a brûlé ? C’est un lieu que j’aime énormément, et je l’ai regardée en proie aux flammes, avec effroi. Obnubilée par ce spectacle ravageur, à l’affût de nouvelles, je dois reconnaître que, sur le moment, je n’ai assez pas pris conscience du travail de ceux qui œuvraient à la sauver. A tort.

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La nuit de Notre-Dame est un témoignage de plusieurs pompiers, de rangs et de casernes différentes. Quelles sont les opérations sur lesquelles on les appelle, comment les casernes sont réparties dans la Capitale, où est-ce qu’elles interviennent… On apprend à connaître plusieurs de ces pompiers, au travers de leur parcours, quelques éléments sur leur vie familiale, ainsi que la naissance et la raison de leur vocation. Leur quotidien, leurs entraînements sont également développés.

C’est une immersion avec pudeur dans la vie de ces hommes et ces femmes. Il y a énormément de solidarité, de fraternité, un véritable esprit d’équipe avec une confiance absolue, et il est très plaisant de lire sur ces liens. A chaque aspect de l’intervention à Notre-Dame, on sent la cohésion, le groupe, ce qui les rend si fort.

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Ma lecture s’est faite avec les images de Notre-Dame en flammes en tête et avoir un témoignage direct fait voir les faits sous un autre aspect. Tout est raconté de manière chronologique, avec plusieurs points de vue, et on découvre avec étonnement que le premier appel fait aux pompiers pour déclarer l’incendie est arrivé bien tardivement. Ah, si on pouvait retourner en arrière… Cela m’a fait prendre conscience de beaucoup de choses que je n’avais pas vu le soir même, des lieux de la Cathédrales qui n’étaient pas forcément montrés à la télévision le soir de l’incendie. Je me souviens de mon horreur en voyant la flèche tomber, et j’ai découvert avec encore plus d’effroi que des pompiers se trouvaient en dessous au même moment. Cette façon de redécouvrir les événements de l’intérieur est bien différent et nous apprend beaucoup de choses que les vidéos, les photographies, n’ont pas pu nous raconter.

La lecture de ce livre se fait facilement. Les passages sont courts, vont d’un point de vue à l’autre et, bien qu’il y ait plusieurs termes techniques, ceux-ci sont toujours expliqués rapidement.

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Je dois dire que je suis bien heureuse de lire ce livre bien après les faits, en connaissant le dénouement de cette nuit.
L’atmosphère est assez anxiogène. Les dangers qu’encours les pompiers sont multiples, peuvent survenir à tout moment, les chutes de pierres sont nombreuses et la stabilité du bâtiment est plus qu’incertaine. Les fragilités de la cathédrale sont évoquées et à plusieurs reprises, il est dit que celle-ci est perdue. Entre le risque d’effondrement, celui qu’un camion apprêté se renverse dessus, la difficulté de combattre les flammes… Les descriptions sensorielles de chacun font prendre conscience de tout ce qu’on n’a pas pu voir, et du miracle que la cathédrale se tienne toujours debout. Miracle aussi, que les vitraux n’aient pas été touchés, que certaines statues se soient trouvées ailleurs, afin d’être restaurées, et que les trésors aient pu être évacués et protégés et surtout, qu’il n’y ait eu aucune victime.

En plus d’en apprendre plus sur les faits en eux-mêmes, j’ai également beaucoup appris sur la vie des pompiers. Leurs organisation, leur routine, leur hiérarchie. Comment ils communiquent entre eux, comment ils apprennent à gérer leurs émotions sur le terrain, et, plus tristement, comment ils font face à la perte de leurs camarades. Pour les opérations comme celle sur Notre-Dame, comment ils s’organisent pour gérer les politiciens, les médias, les civils venus observer le brasier. J’ai également appris certaines facettes du métier que j’ignorais totalement, par exemple avec le pompier dessinateur qui croque ce qu’il voit afin de renseigner les autres sur l’avancée du feu.

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Mon seul regret sur ce livre sera qu’il se conclut sur les propos du Président de la République, et j’aurais préféré que cela se fasse avec la parole des pompiers. Ce détail mis à part, ce fut une lecture qui m’a énormément plu, et qui a été pleine d’émotions. J’ai beaucoup appris et mon respect pour les pompiers s’est encore trouvé grandi.

La nuit de Notre Dame
Editions Grasset
Publication 2019
234 pages

A très vite pour un nouvel article !
Brybry’

Bilan 2019 !

Les derniers jours de 2019 se profilent, et c’est donc le moment idéal pour faire un petit bilan ! Cela fera un an le treize janvier que j’ai commencé ce blog, donc revenons bien tranquillement sur tout ça !

ymkaaaaaa sur Pixabay

En cette première année de chroniqueuse, j’ai publié 56 articles, la plupart parlant de lectures, et très peu dans mes autres catégories. Plusieurs choses me rendent tout de même particulièrement heureuse. Tout d’abord, je suis fière d’avoir réussi à tenir un certain rythme, moi qui suis du genre à tout abandonner très rapidement. On dirait que je suis en bonne voie pour m’améliorer là-dessus ! Ensuite, mon plus grand bonheur, c’est très certainement d’avoir pu renouer avec la lecture ! Mes études m’en avaient complètement éloigné, et j’avais fini par oublier quel bonheur c’était de se plonger dans un nouvel univers. Pour finir, avoir obtenu quelques services presses alors que je débute est également une petite fierté, et je suis très reconnaissante aux maisons d’éditions et aux auteurs de m’avoir fait confiance.

Niveau lectures, ah, j’en ai fait des belles découvertes ! Un petit rappel, pour ceux qui le souhaiteraient, des lectures qui m’ont fait le plus rêver cette année :
Stardust
Des milliards de tapis de cheveux
Tant que nous sommes vivants
Le musicien
Le géant enfoui
Elle, par bonheur et toujours nue

ThoughtCatalog sur Pixabay

Et pour l’année à venir…

Ma principale préoccupation sera de trouver ma voix, mon petit style bien à moi pour les chroniques, pour qu’elles soient peut-être plus personnelles. J’ai très envie de partager et d’interagir plus avec mes lecteurs, et je pense que ça serait une des pistes principales à travailler pour qu’il y ait plus d’échange. A côté de ça, j’espère réussir à garder mon rythme de publication, et de pouvoir vous proposer plus d’articles dans la catégorie « écriture ». Je pense aussi que mes photos gagneraient beaucoup à être améliorées, donc je vais faire preuve de plus de patience et d’attention là-dessus.

Mes résolutions de lectures…

Les résolutions, c’est mon dada, et j’en ai, actuellement, sept :
– Lire entre 40 et 50 livres ;
– Acheter moins de 10 livres neufs ;
– Lire des livres d’auteurs de 5 nationalités que je n’ai jamais lues (en me basant sur ma carte de livraddict) ;
– Lire 5 classiques ;
– Lire des livres de 10 autrices que je ne connaissais pas ;
– Lire 20.000 pages ;
– Publier 50 chroniques sur mon blog.
Le temps dira si j’ai été trop optimiste ou pas assez !

Free-photos sur Pixabay

N’oublions pas l’écriture !

Nanowrimo m’avait permis de bien bien avancer sur une histoire mais… disons que le travail ne me laisse, hélas, pas assez de temps libre pour écrire. Initialement, je voulais donc finir ce premier tome et le second en 2020 mais vu que je serai occupée jusqu’à fin avril, ça risque d’être difficile. Je vais tout de même finir mon premier tome, tout bien, tout beau, tout propre, et on verra si je peux enchaîner sur la suite ou non. J’avais aussi une idée d’un recueil d’histoire très très courtes, d’une petite dizaine de lignes à peine, donc si je n’ai pas plus de temps libre, je vais surtout me concentrer là-dessus. Mais dans tous les cas, hors de question que je n’écrive pas !

Et sur le plan personnel… ?

Et oui, ça compte aussi ! Dans l’idéal, j’aimerais apprendre de nouvelles choses, tant manuelles (broderie, dessin…) qu’intellectuelles (des nouvelles langues). Si je pouvais faire un peu plus de sport, être un peu plus dehors et moins devant mes écrans, ça serait super ! Je vais également essayer d’être plus attentive envers notre planète et faire de mon mieux pour ne pas avoir un trop gros impact sur le climat (ce qui risque d’être difficile, puisque je suis censée être volontaire aux JO à Tokyo, et y aller en avion…).

Je pense que j’ai fait le tour !
Et vous, que retenez vous de votre année ? Comment allez-vous appréhender celle à venir ?

En vous souhaitant tout le bonheur du monde pour l’année à venir, et plus encore !
Brybry’

La magie du rangement – Marie Kondo

Grande révolution pour moi que de lire ce livre ! Déjà, parce que je suis très désordonnée, vraiment. Le sol dégagé ? Un concept inconnu pour moi. Et surtout, c’est le premier audiobook que j’ai écouté ! J’avais une chambre à ranger de fond en comble, et craignant de m’éparpiller si je me mettais à écouter de la musique, je me suis décidée à écouter ce que Marie Kondo avait à me dire.

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Bon, au final… je ne sais pas si c’était le bon moyen de procéder, puisqu’au fur et à mesure de mon écoute et de mon rangement, je me suis rendue compte que je rangeais dans le désordre, comble de l’ironie.

Que pouvons-nous retenir de ce livre ? Marie Kondo donne quelques pistes intéressantes, en se basant notamment sur son expérience et celle de ses clients. J’avoue tout de même que je suis bien contente de ne pas l’avoir eu comme sœur, étant donnée qu’elle ne se privait pas pour ranger, voire jeter, les affaires de sa famille.

Selon elle, il ne faut pas trier pièce par pièce, mais catégorie par catégorie. Donc si vous avez un manteau dans votre hall d’entrée, vos vêtements dans vos placards et une chaussette égarée au fond de votre machine à laver, il vous faudra tout réunir pour voir ce que vous voulez garder ou non. Pour ce qui est des vêtements, elle donne d’ailleurs une technique de pliage bien différente de celle que l’on a habituellement chez soi.

Il ne faut garder que ce qui nous rend heureux, nous fait plaisir, et ne pas nous encombrer d’objets qui ne nous apportent rien.Et enfin, faire un rangement petit à petit, progressif, ne sert à rien : il faut prendre son courage à deux mains et tout ranger d’un coup.

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Après mon écoute de ce livre, ainsi que du rangement infernal de ma chambre, je ne suis toujours pas aussi enthousiasme que l’autrice vis à vis du rangement, tout comme je n’ai pas vocation de faire le ménage dans les affaires des autres. Je pense tout de même que c’est un livre qui peut donner de nouvelles pistes de rangement à ceux qui veulent faire un tri dans leurs affaires, tout comme donner de nouvelles astuces. Mine de rien, vu que cela touche à l’intérieur de chacun, mon impression finale sera qu’il faut faire le tri parmi tout ce qui est dit pour trouver ce qui nous correspond, mais que ce livre n’est pas forcément le plus utile au monde, qui vous rendra, à peine le dernier mot lu, un as du rangement.

Mais je dois dire que Marie Kondo a bien raison lorsqu’elle évoque les bienfaits du rangement. Hasard ou révolution interne, depuis que j’ai rangé ma chambre et que mon bureau est parfaitement opérationnel, je suis bien plus active et productive, tout comme j’ai plus de plaisir à me trouver dans cette pièce. Est-ce que je vais réussir à maintenir le cap ? Il n’y a plus qu’à y croire ! (Mais je pense que c’est en bonne voie… pour le moment).

Dernière petite chose : nombreux sont ceux qui ont entendu parler de Marie Kondo via Netflix, et j’y ai moi-même regardé quelques épisodes. Cependant, j’ai trouvé le livre bien meilleur. Il va plus au fond des choses, on a réellement l’expérience et les motivations de l’auteur et surtout, il est bien moins invasif envers ses clients…

Alors, vous êtes plutôt du genre ordonné à l’extrême, désordonné comme pas possible ou au milieu ? Qu’est-ce qui marche le plus pour vous au niveau du rangement ? En musique, au calme, petit à petit, un bon gros tri de temps en temps ? Dites-moi tout que je m’inspire un peu de vous !

Brybry’

Carnet du Japon

Plusieurs personnes étaient curieuses de mon voyage au Japon, et étant plus que ravie de mon petit séjour, je me suis dit qu’un article pour en parler plus en profondeur serait bien intéressant ! Enfin, c’est tout ce que j’espère… Et comme je suis parfois un peu vieux jeu mais surtout que je crains toujours que la technologie nous lâche, j’ai préféré tout noter dans un petit carnet facile à transporter, par crainte de ne pas pouvoir utiliser mon téléphone ou internet.

Pour ce voyage, je suis partie avec nulle autre que… ma maman ! Celle-ci était venue me voir avec ma mamie durant mon année universitaire à Tokyo, mais on n’était pas allée plus loin que cette ville, et ce séjour était l’occasion d’aller voir un peu plus loin.

Nous avons essayé de voyager pour pas cher, préférant ne pas mettre trop d’argent dans les hôtels, où on ne reste que pour dormir, et profiter des sorties, et surtout… de la nourriture. Au total, incluant les vols, l’hôtel, les repas, transports, visites, souvenirs et tout ce qui va avec, notre budget s’est élevé à 4000 euros environ, pour un séjour de 17 jours et pour deux personnes. Bien sûr, le premier hôtel était limite-limite, et si vous voulez quelque chose de mieux, vous trouverez sans aucun problème.

Connaissant le Japon, ainsi que la langue, j’étais aux commandes de l’organisation, et j’ai juste posé quelques questions à ma mère, afin de savoir ce qu’elle préférait faire (tout, sauf…) et ce qui lui plairait moins (…des journées shopping à n’en plus finir).

Et c’est là que mon carnet me fut bien utile, puisque j’ai absolument tout noté dedans.

Nous avons visité un total de huit villes (Osaka, Nara, Himeji, Kobe, Kyoto, Sakai, Hiroshima, Tokyo) et nous avons donc pris le JR Pass afin de pouvoir circuler le plus facilement possible. Nous étions basées à Osaka, et faisions l’aller-retour tous les jours entre la ville visitée et notre hôtel, sauf pour les derniers jours, où nous nous sommes installées à Tokyo.

Afin de ne pas perdre trop de temps tous les matins à la gare, j’avais noté les temps de trajet pour aller d’une ville à l’autre, et regardé les horaires qui nous arrangeait le plus. De la même façon, j’ai fait des recherches sur les lieux qui étaient intéressants à visiter, pour vérifier à l’avance les itinéraires et ne pas perdre trop de temps. J’avais également noté le temps moyen que les visiteurs y consacraient, afin d’avoir une petite idée, d’autant plus que beaucoup d’endroits ferment entre 16h et 17h au Japon ! Donc autant ne pas se pointer à 15h30 dans un lieu qui se déguste en trois heures. Et puisque ma mère et moi aimons manger… j’avais bien entendu marqué les spécialités culinaires de chaque endroit, ben oui, tant qu’à faire.

J’avais établi un programme pour journées, un peu serré, tout en me disant qu’on aurait suffisamment de jours vides pour retourner quelque part au besoin. C’est ce qu’on a fait, en profitant bien plus que si l’on s’était pressé. J’avais fait des recherches afin de trouver les petites choses amusantes, anecdotiques, que tout le monde ne connaît pas forcément mais, m’étant renseignée sur internet, forcément, beaucoup de gens finissent par connaître les coins secrets du Japon.

On avait également laissé de la place aux déambulations aléatoires, mais aussi, aux imprévus. Etant malade une journée, on a décidé de se rendre à Sakai, à quelques minutes d’Osaka, plutôt que dans la foule de Kyoto, et je suis presque heureuse de ne pas m’être sentie bien, puisque la journée qu’on y a passé était excellente ! Et malheureusement, un typhon a frappé le Japon. Si nous avons eu la chance de ne pas être sur sa trajectoire, il ne faut pas oublier qu’il peut y avoir des choses qui nous dépassent lorsque l’on voyage.

Si mon carnet était bien rempli avant le voyage, avec toutes les idées des lieux à visiter, il a continué de se remplir par la suite, puisque dans un petit tableau, j’ai noté toutes les choses qu’on avait fait, afin d’en garder le plus possible en mémoire. Bon, ce n’était peut-être pas nécessaire de noter le nombre de chats croisés en une journée, mais qu’est-ce que j’y peux ? Mes achats, les cadeaux, la nourriture, la météo ont trouvé leur place dans la météo.

Et, parce que ça m’amuse beaucoup trop, j’ai mis à la fin de mon carnet tous les tampons des gares et lieux touristiques que j’ai trouvé sur mon passage ! Une petite chose toute simple qui me réjouit dès que j’en vois un.

Au final, ça a été beaucoup d’organisation, et de stress (ben oui, je voulais qu’elle soit contente ma maman!), mais ça a payé. On est revenues toutes les deux pleines de bons souvenirs, et tout s’est bien passé, sans que l’on ait l’impression de perdre notre temps ! Un vrai bonheur.

Bien entendu, rien ne vaut les petits coins tranquilles pour vos visites, mais cela peut-être presque impossible dans les lieux hautement touristiques. Attention donc aux déceptions qui peuvent survenir… et attention aux attrapes pigeons également.

Quelques pages qui peuvent être utiles dans un carnet de voyage :

  • L’adresse de votre hôtel, comment vous y rendre.
  • Une liste de cartes postales à envoyer, de cadeaux à faire.
  • Quelques phrases types si vous ne parlez pas la langue du pays
  • Une page pour noter vos anecdotes marrantes, cocasses du voyage.

J’espère que cet article vous aura intéressé et été utile !
Une très belle journée à tous,
Brybry’

Maneki-Neko et autres histoires d’objets japonais – Joranne

On a tous déjà vu, de près ou de loin, des objets japonais, tout comme on a tous des interrogations sur certains d’entre eux. Quoi de mieux, donc, que de les découvrir en plus en profondeur ? Un ouvrage pour les amateurs de culture japonaise, mais aussi pour tous les autres.

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Disponible ici

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Quelques mots sur l’autrice :
Joranne est une illustratrice française que j’ai découverte grâce à ses notes sur le Japon, ici même. En plus de ses publications sur son blog, elle a également travaillé en tant que graphiste.
Afin de produire ce livre, elle s’est rendue au Japon deux mois, pour peaufiner ses recherches, aller à la rencontre des artisans mais aussi faire des photos.

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Résumé : Pourquoi les Maneki-neko lèvent-ils une patte ? Pourquoi les Daruma sont-ils rouges ? Les Shîsâ vont-ils toujours par deux ? Un Inu-hariko représente-t-il un chien ou un chat ? Les toilettes japonaises en veulent-elles vraiment à notre intégrité physique ? À la fois bande dessinée et carnet de voyage, ce livre plein d’humour et très documenté vous dit tout sur ces objets du quotidien, objets usuels ou porte-bonheur, que vous avez sûrement déjà vus ou croisés.

Dans cet ouvrage, Joranne nous permet de découvrir l’histoire, les légendes, l’origine d’objets caractéristiques du Japon, qu’ils soient d’usage courant, décoratif, divin… Divisé en trois parties (les objets porte-bonheur, les objets usuels, … et autres objets) ce sont quatorze objets qui passent sous ses mains, et autant vous dire que les informations pleuvent ! Comme mentionné précédemment, elle s’est rendue sur place afin d’en savoir plus, et on voit bien que ses recherches ont été poussées, parce que pour certains objets, je ne sais vraiment pas ce qu’elle pourrait nous apprendre de plus. Pour les sarubobo par exemple, elle nous explique la différence en fonction de leur couleur, mais aussi ce qui change d’une région à l’autre.
Les informations, tout comme la mise en page, est dense. Les noms des objets sont expliqués, kanjis à l’appui, et elle ne se contente pas de parler d’une seule des légendes le concernant, mais va également démentir les fausses rumeurs. Grâce à elle, on connait également l’origine des objets, leur provenance géographique, mais aussi quand est-ce qu’ils ont fait leur apparition.
Si les illustrations sont nombreuses, les photographies sont également présentes et nous permettent de voir les objets tels qu’ils sont réellement et de bien nous représenter certains lieux.

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Maneki-neko et autres histoires d’objets japonais, est un livre qui se lit très vite, bien que je sois parfois retournée en arrière afin de vérifier si j’avais lu la bonne information, ou parce que j’avais failli passer à côté d’une petite note.
Le style de dessin de Joranne est mignon, on ne va pas se mentir. Si le personnage la représentant est assez simple, les petits détails ne manquent pas, et c’est ce qui rend le tout si efficace.
L’humour est également bien présent, au travers des personnages, la façon dont ils sont représentés, leurs expressions, mais aussi via certaines anecdotes ou petites notes qui font bien sourire.

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Un joli ouvrage, bien travaillé, qui nous fait apprendre beaucoup de choses, sans même que l’on ne s’en rende compte. Utile qu’on se rende sur place ou non, mais qui vous donnera peut-être bien envie de soutenir les artisans japonais.

Maneki-neko et autres histoires d’objets japonais
Editions Sully
Publication 2019
159 pages

A très vite pour un prochain article !
Brybry

Tokyo Sanpo – Florent Chavouet

Pour cet article, je ne vous présente pas le roman d’un auteur japonais, mais je reste encore dans ma thématique Japon, pas de panique ! Découvrons ensemble un premier ouvrage illustré par un artiste français.

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Quelques mots sur l’auteur :
Florent Chavouet est un auteur et illustrateur de bande dessiné français. On compte parmi ses publications L’île Louvre (2015) ou encore Hitchcock, par exemple.
Son site internet

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Présentation de l’ouvrage : Il paraît que Tokyo est la plus belle des villes moches du monde. Plus qu’un guide, voici un livre d’aventures au coeur des quartiers de Tokyo. Pendant ces six mois passés à tenter de comprendre un peu ce qui m’entourait, je suis resté malgré tout un touriste. Avec cette impression persistante d’essayer de rattraper tout ce que je ne sais pas et cette manie de coller des étiquettes de fruits partout, parce que je ne comprends pas ce qui est écrit dessus. A mon retour en France, on m’a demandé si c’était bien, la Chine. Ce à quoi j’ai répondu que les Japonais, en tout cas, y étaient très accueillants.

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Tokyo sanpo (« Promenade à Tokyo ») est une découverte de la capitale japonaise, tout en dessin. Il n’y a que très peu de texte et ils sont souvent à décrypter autour des images, s’y emmêlant et on tombe parfois dessus par hasard, ce qui les rend d’autant plus plaisants à lire. Beaucoup de réactions sur le vif, souvent pourvues d’humour, et j’ai souri à de nombreuses reprises. Je ne peux pas vraiment parler de sa plume à proprement parler, puisqu’on ne trouve pas de longs textes, mais rien que la préface m’a beaucoup amusée.
Sans prise de tête et on voit que ce sont de petites réflexions que Florent Chavouet s’est fait sur le coup. Celui-ci n’étant jamais allé au Japon auparavant, je comprends certaines des surprises qu’il a eu, tout comme ses réactions. Les petits détails qui surprennent en tant qu’étranger, ce qu’on aurait jamais imaginé et qui nous fascine ou encore ce qui nous choque (le prix des fruits et légumes… mon dieu, le prix des fruits et légumes…).

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La qualité du livre ainsi que des dessins est superbe. On y trouve de tout, des dessins poussés et détaillés des maisons, temples ou magasins, aux montages amusants ou encore aux étiquettes des boîtes d’œufs. Il y a également des plans qui ouvrent chaque partie sur les quartiers arpentés par l’auteur, sans compter les représentations sympathiques des koban, les petits commissariats de quartiers. Bref, on retrouve de tout, en grand nombre et on peut facilement s’imaginer dans les petites ruelles de Tokyo.
Une vingtaine de lieux sont présentés et visités, et si cela ne couvre pas tout Tokyo en détail, on trouve certains des quartiers principaux (Shibuya, Shinjuku, Ueno, Odaiba…), sans pour autant s’attarder outre-mesure sur les endroits vraiment touristiques, au contraire, ce sont tous les petits coins atypiques, qui ne sont certainement pas évoqués dans les guides et à côté desquels on pourrait passer très facilement qui sont le plus mis en valeur.

Sans prétention aucune, Florent Chavouet nous montre le Tokyo qu’il a lui-même découvert, avec un regard neuf. C’est avec simplicité mais avec délice que l’on se promène avec lui. Je ne qualifierai pas Tokyo Sanpo de guide touristique, loin de là, cependant, il peut servir à, simplement, regarder un peu plus ce qui surprend, autour de soi. Et pour ceux qui connaissent déjà le Japon, certaines réflexions pourront bien les faire sourire.

Tokyo Sanpo
Editions Philippe Piquier
Publication 2009
206 pages

A très vite pour un prochain article, toujours en rapport avec le Japon !
Brybry’

Certaines n’avaient jamais vu la mer – Julie Otsuka

Lecture d’un genre inédit, intrigant. Cette fois-ci, ce n’est pas au Japon que se déroule le récit, mais au-delà de l’océan. Certaines n’avaient jamais vu la mer, nous permet de plonger dans la vie de femmes japonaises qui ont, pour des raisons variées, quitté leur terre natale pour les Etats-Unis d’Amérique.

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Disponible ici et

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Quelques mots sur l’autrice :
Julia Otsuka est une autrice américaine, d’origine japonaise, née en 1962 en Californie. Ses études l’ont tout d’abord dirigée vers la peinture, mais la pression et la rigidité qui émanent de son apprentissage l’écœurent et la privent de son inspiration.
Elle se tourne vers l’écriture à l’âge de trente ans, avec son roman Quand l’empereur était un dieu qui a connu un rapide succès.
Son site internet

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Résumé : L’écriture de Julie Otsuka est puissante, poétique, incantatoire. Les voix sont nombreuses et passionnées. La musique sublime, entêtante et douloureuse. Les visages, les voix, les images, les vies que l’auteur décrit sont ceux de ces Japonaises qui ont quitté leur pays au début du XXe siècle pour épouser aux Etats-Unis un homme qu’elles n’ont pas choisi.
C’est après une éprouvante traversée de l’océan Pacifique qu’elles recontrent pour la première fois à San Francisco leur futur mari. Celui pour lequel elles ont tout abandonné. Celui dont elles ont tant rêvé. Celui qui va tant les décevoir.
A la façon d’un choeur antique, leurs voix s’élèvent et racontent leurs misérables vies d’exilées … leur nuit de noces, souvent brutale, leurs rudes journées de travail dans les champs, leurs combats pour apprivoiser une langue inconnue, la naissance de leurs enfants, l’humiliation des Blancs, le rejet par leur progéniture de leur patrimoine et de leur histoire … Une véritable clameur jusqu’au silence de la guerre. Et l’oubli…

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Eprouvant. Douloureux, nostalgique. Espoirs, nouveautés, découvertes. Déceptions. Racisme. Résilience, force. Ce n’est pas un récit, mais des dizaines, des centaines peut-être qui s’entremêlent dans ce roman. Pas d’héroïne mise en avant, mais un flot de femmes, certaines nommées, d’autres non. Impossible, donc, de s’attacher à l’une d’entre elles en particulier, mais plus difficile encore : ne compatir au sort d’aucune.
Certaines n’avaient jamais vu la mer, raconte des histoires dans l’Histoire. Rien n’est vraiment romancé et on se retrouve devant une succession de phrases courtes, chacune concernant une femme différente, mais dans la même situation. Contradictions, accords. Il y a celles qui ont aimé leurs époux, celles qui l’ont aimé puis détesté, celles qui ne l’ont jamais aimé.

Ce roman se déroule au début du vingtième siècle, et toute la vie des japonaises émigrant aux Etats-Unis est mise en avant. De leur voyage en bateau, quand elles quittent tout ce qu’elles connaissent, elles découvrent ensuite leurs époux, leur nouveau travail, en tant que bonne à tout faire, d’agricultrices ou de prostituées. On voit la communauté s’organise, mais aussi leurs rapports aux autres, les blancs, les patrons, et les autres immigrés, les noirs, les chinois. Puis vient la deuxième guerre mondiale, et avec elle, la crainte féroce des japonais. Alors on les envoie ailleurs, loin de tout, dans des camps (et oui, comment aujourd’hui, il y en avait déjà à l’époque dans ce pays…).

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Si au début de l’ouvrage, il est bien précisé que Certaines n’avaient jamais vu la mer est un ouvrage de fiction, l’autrice a bien fait des recherches avant de se mettre à écrire. Ce qu’on voit, ce qu’on apprend sur toutes ces femmes est bien ancré dans la réalité et dépasse le cadre de l’imagination. Tout est plausible et les pensées, ressentis et vécus de ces japonaises ont probablement été le quotidien de dizaines d’entre elles.

De part sa forme, j’ai trouvé cette lecture particulière. J’ai presque eu l’impression d’être devant un enchevêtrent de phrases, presque comme si j’avais accès aux pensées, souvenirs de plusieurs femmes en même temps. Il est donc facile de s’y perdre, surtout lorsqu’on lit rapidement ou sur une longue période. En certains points, cette lecture est difficile. Pour chaque étape de la vie de ses femmes, nous sommes mis face à un lot de difficultés, de souffrances, regrets et parfois même, nous nous retrouvons face à la mort. Ce livre ne laisse pas indifférent et le dernier chapitre, avec son titre évocateurs, disparition, où la voix des japonaises s’est éteinte pour laisser place à celle des gens qui restent ancre définitivement le roman dans son atmosphère amère.

Certaines n’avaient jamais vu la mer
Editions Phebus
Publication 2012
139 pages

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La prochaine fois, je vous retrouverai avec un article tout en images !
Bonne lecture à tous,
Brybry’

Soleil couchant – Osamu Dazai

Ce roman très court se lit rapidement, en une journée, mais il n’en reste pas moins un livre touchant, nous propulsant aux côtés d’aristocrates japonais en pleine déchéance.

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Disponible ici ou . On encore, ici.

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Quelques mots sur l’auteur :
Né en 1909 à Tsuguru, Shuji Tsushima, plus connu sous le nom d’Osamu Dazai est un écrivain japonais. Issu d’une fratrie de onze, élève brillant et auteur précoce, sa vie bascule en 1927, lorsque l’écrivain Akutagawa Ryunosuke se suicide. Tombant dans l’alcool, fréquentant des prostitués, il fera ses premières tentatives de suicide, bien qu’il continuera ses études de littérature.
Grand amateur du Watakushi shôsetsu (genre littéraire japonais où les romans sont centrés sur la vie intérieure d’un héros souvent assimilé à l’auteur, sur le mode de la confession (*)), la plupart de ses romans sont à la première personne et contiennent des éléments autobiographiques. Toutes ses œuvres n’ont pas été traduites, mais parmi ses plus connues à l’international, on peut évoquer La déchéance d’un homme, Mes dernières années, ainsi que ses recueils de nouvelles.
Il décède en 1948, en commettant un double suicide avec sa compagne Yamazaki Tomie.

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Résumé : Une femme de l’aristocratie nippone doit quitter pendant la guerre son hôtel particulier de Tokyo pour aller vivre modestement dans un petit chalet de montagne. Sa fille, Kazuko, mobilisée, travaille la terre. Son fils, Naoji, revient de la guerre intoxiqué par la drogue. Le frère et la sœur se durcissent contre le malheur des temps et clament leur révolte et leur désespoir.

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Ce n’est plus dans un Japon qui s’ouvre à l’Occident que se déroule ce roman, mais bien dans celui du Japon qui connait la deuxième guerre mondiale. Si l’ouverture à l’Occident est une période de transition belle et bien terminée, le Japon est toujours plongé dans des vagues de changements et renouvellements.

Triste, Soleil couchant montre bien les effets de la guerre, qu’ils soient directs (l’absence de Naoki qui a été envoyé dans le Pacifique), que plus indirects (avec Kazuko qui est au Japon, mais doit travailler pour l’armée), sur la noblesse japonaise. Jamais on ne parle avec véhémence des effets des combats et les bombes atomiques, par exemple, ne sont pas mentionnées. Ici, on voit surtout ce que les conflits causent sur ceux qui restent en arrière, plus que sur ceux qui sont sur le front.

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Au Japon, ce roman a eu tant d’influence que l’expression « Soleil Couchant » (斜陽, shayô), inventée par Osamu Dazai, est restée dans les mémoires et permet de définir les membre de la noblesse déchus.
Le déclin de la famille de Kazuko est, dans ce livre, évidente. Il ne reste que peu de membres de l’aristocratie et, selon le frère de Kazuko, ceux méritant leurs titres sont encore moins nombreux. Et celui-ci en est un exemple, puisqu’il s’est endetté par le passé pour pouvoir acheter sa drogue. Kazuko, elle, est obligée de travailler, et leur mère, qu’ils considèrent tous les deux comme la dernière des nobles, est gravement malade. Et c’est en automne que la la dernière des nobles va s’éteindre, à l’époque de l’année où les jours déclinent eux aussi.

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La plume d’Osamu Dazai est très nostalgique, mélancolique même, et ce ne sont que les dernières pages qui amènent avec elle un élan de détermination. Si le rythme est plutôt lent, avec beaucoup de descriptions, j’avoue que je lui ai tout de même trouvé une certaine poésie, bien que j’ai parfois frôlé l’ennui. Rien dans Soleil couchant n’est choquant, cependant, je dois avouer que je trouve l’atmosphère autour de ce livre, la narration, presque dérangeante. Peut-être est-ce parce qu’on reconnaît bien l’auteur en Naoki tout comme en M.Uehara, et que certaines pensées semblent être les siennes plus que celles de ses personnages.

La narration de Soleil couchant se fait au travers de Kazuko, que l’on sent s’éloigner de sa condition d’aristocrate plus elle est au contact de la terre. La nature, d’ailleurs, est quasiment omniprésente, et si elle est évoquée de manière poétique lorsque les personnages la contemplent, cela se nuance lorsque Kazuko travaille à son contact. On découvre autant son passé que son présent, ses pensées sans aucun filtre, ainsi que ses peurs, ses secrets et ses espoirs. Elle admire énormément sa mère, et j’avoue que j’ai eu plus de mal à m’attacher à ce personnage, certes très délicat, mais peut-être trop à mon goût. Très éprouvée par la vie, se rattachant à un grand nombre de superstitions, je peux néanmoins comprendre certaines de ses peines.

Si on découvre beaucoup Naoki au travers du regard peu glorieux de sa sœur, on lit en milieu du roman un de ses journaux, qui retranscrit bien ses souffrances. Mais c’est surtout au travers de sa lettre, touchante, qu’on le comprend le mieux, et peut-être, à travers lui, Osamu Dazai lui-même.

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Je pense que Soleil Couchant peut-être un bon livre pour mettre un pied dans la littérature japonaise. Très mélancolique, il offre un point de vue interne à la noblesse japonaise pendant et après la seconde guerre mondiale. Je le recommande chaudement.

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Soleil couchant
Editions Gallimard
Publication 1961
201 pages

Je suis un chat – Natsume Sôseki

Je suis un chat. Ou la phrase type que j’aimerais dire chaque matin au réveil. Mais pas de miaou miaou, ni de nya nya (comme diraient les félins japonais) pour moi. Alors, en attendant et espérant une réincarnation qui sera peut-être fructueuse, autant lire ce classique de la littérature japonaise.

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Disponible ici ou

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Quelques mots sur l’auteur :
Natsume Sôseki, de son vrai nom Natsume Kinnosuke est un auteur japonais né en 1867 et décédé en 1916. S’il s’intéresse dans un premier temps à la littérature chinoise, il est contraint à commencer des études d’architecture, et en profitera pour apprendre l’anglais.
Sa rencontre avec Masaoka Shiki en 1887 le remet sur le chemin de l’écriture. Il deviendra professeur puis sera envoyé en Angleterre par le gouvernement japonais de 1900 à 1903.
Il publie d’abord dans des revues, et rencontrera le succès populaire avec sa publication de Je suis un chat, en 1905.
Parmi ses œuvres célèbres, on peut retenir Oreiller d’herbes, Sanshirô, ou encore Choses dont je me souviens.
Le traducteur de Je suis un chat est Jean Cholley.

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Quatrième de couverture [extrait] :
C’est pourquoi le traducteur peut conclure sa préface en affirmant que Je suis un chat «suffit amplement à démentir l’opinion si répandue selon laquelle les Japonais manquent d’humour». Ni Hegel, ni Marx, ni Darwin, qu’il a lus, ne lui ont fait avaler son parapluie. La gouaille, voire la désinvolture apparente, n’empêchent pas les chapitres de s’organiser, cependant que tous les styles (jargon des savants et du zen, ou argot d’Edo, ancien nom de Tokyo) se mêlent pour présenter la satire désopilante d’une société en transition, et même en danger de perdition. Kushami-Sôseki se demande parfois s’il n’est pas fou, mais c’est la société d’alors qui devient folle, elle qui déjà enferme en asile ceux qui la jugent. Le chat ne s’y trompe jamais, lui : aucun ridicule n’échappe à ce nyctalope. Alors que peut-être on en devrait pleurer, on rit follement. Si vous voulez comprendre le Japon, identifiez-vous au chat de Sôseki.

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Pour poursuivre dans un ordre chronologique, contrairement à Fukuzawa Yukichi, dont j’ai parlé dans ma dernière chronique, Natsume Soseki n’a pas connu le japon avant l’arrivée des occidentaux, étant donné qu’il est né un an plus tôt seulement. Il a donc pleinement vécu la période de transition, sans cependant voir ce qu’il y avait avant. C’est donc une toute nouvelle société japonaise que l’on découvre dans ce roman, au travers des yeux d’un chat.

Je recommande la lecture de la préface très intéressante et très instructive, tant sur la vie de Natsume Sôseki que sur la société japonaise, mais aussi sur ce roman. Petite prévention, cependant : elle contient un gros spoil de l’histoire, alors mieux vaut ne pas la lire tout de suite.

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Je suis un chat raconte les aventures d’un chat errant, qui trouve son chemin jusqu’à la maison d’un professeur et qui, fait comme tous les chats, à savoir qu’il impose sa présence à toute la maisonnée. Kushami, le professeur l’a accepté sans vraiment lui prêter attention, mais le félin lui, va observer et commenter tout ce qui se déroule autour de lui.
Tout y passe : ses relations avec les autres chats, dont Kuro qu’il prend pour un Roi ou la jolie Mikeko, qui vit chez des gens plus fortunés. On voit également la relation du chat avec la bonne, qu’il n’apprécie guère -sentiment partagé- mais aussi le professeur, sa femme et ses enfants. Avec ses oreilles félines, il écoute chacune de leurs conversations et a un avis bien tranché dessus, bien que personne ne l’écoute.

Si au début on peut penser lire un livre comique, c’est une véritable satire de la société japonaise qui est mise en place au fur et à mesure des pages. On sourit beaucoup à la lecture des pensées du chat, d’autant plus que certaines scènes assez loufoques sont proposées au lecteur, avec, par exemple, le vol de pommes de terre ayant lieu en pleine nuit dans la maison du chat (qui ne fait absolument rien pour l’empêcher par ailleurs). Mais rien que certaines conversations entre les personnages tiennent presque de l’absurde et sont bien divertissantes.
Cependant, il ne faut pas attendre bien longtemps avant que des critiques de la société apparaissent, et que les conversations entre les protagonistes se fassent plus précises et piquantes. J’admets que parfois, elles peuvent être assez pointues et égarer sur quelques lignes un lecteur qui ne connaîtrait pas grand chose du Japon de l’époque.

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J’avais adoré ma première lecture de Je suis un chat, même si j’y avais trouvé quelques longueurs. On peut aussi voir un petit changement dans le style et dans l’histoire. Je suis un chat n’ayant pas vocation de devenir un roman à ses débuts, son ton sérieux arrive donc au fur et à mesure que l’histoire, et ses personnages, ne s’étoffent.
Le point de vue du chat, à mes yeux, est le point fort de ce roman. Et je ne dis pas ça parce que je voue un culte à ces petites bêtes, enfin, pas que. Toutes les interprétations du chat offrent un décalage, qui rendent la vision humaine absurde, stupide, presque burlesque. Et dans mon cœur, j’espère très fort que mes chats ne me jugent pas de la même façon.

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Au travers de Je suis un chat, on découvre aussi l’auteur, Natsume Sôseki. On le reconnaît à la fois dans le personnage du professeur, Kushami, mais aussi dans celui de Meiten. Les notes bien utiles du traducteurs nous précisent également lorsque les personnages secondaires sont inspirés par des personnes réelles, très souvent de l’entourage de l’auteur. Mais pas de panique ! On est bien loin d’un Gary-Stu et il y a plus d’auto-dérision qu’autre chose.

On a ainsi une petite ouverture sur la vie à l’époque Meiji, au travers de toutes les scènes du quotidien qui sont partagées. Quelques petits détails (tel ou tel personnage qui porte un chapeau avec leur tenue typiquement japonaise) montrent discrètement que la société change. Ici encore, les notes du traducteurs aident à bien comprendre de quoi il en ressort, quelles étaient les sources et inspirations pour Natsume Sôseki et même pour tous les japonais de cette époque.

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Je suis un chat
Editions Gallimard
Publication 1986
438 pages

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A très vite pour un nouvel article sur le Japon !
Brybry’