Maneki-Neko et autres histoires d’objets japonais – Joranne

On a tous déjà vu, de près ou de loin, des objets japonais, tout comme on a tous des interrogations sur certains d’entre eux. Quoi de mieux, donc, que de les découvrir en plus en profondeur ? Un ouvrage pour les amateurs de culture japonaise, mais aussi pour tous les autres.

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Disponible ici

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Quelques mots sur l’autrice :
Joranne est une illustratrice française que j’ai découverte grâce à ses notes sur le Japon, ici même. En plus de ses publications sur son blog, elle a également travaillé en tant que graphiste.
Afin de produire ce livre, elle s’est rendue au Japon deux mois, pour peaufiner ses recherches, aller à la rencontre des artisans mais aussi faire des photos.

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Résumé : Pourquoi les Maneki-neko lèvent-ils une patte ? Pourquoi les Daruma sont-ils rouges ? Les Shîsâ vont-ils toujours par deux ? Un Inu-hariko représente-t-il un chien ou un chat ? Les toilettes japonaises en veulent-elles vraiment à notre intégrité physique ? À la fois bande dessinée et carnet de voyage, ce livre plein d’humour et très documenté vous dit tout sur ces objets du quotidien, objets usuels ou porte-bonheur, que vous avez sûrement déjà vus ou croisés.

Dans cet ouvrage, Joranne nous permet de découvrir l’histoire, les légendes, l’origine d’objets caractéristiques du Japon, qu’ils soient d’usage courant, décoratif, divin… Divisé en trois parties (les objets porte-bonheur, les objets usuels, … et autres objets) ce sont quatorze objets qui passent sous ses mains, et autant vous dire que les informations pleuvent ! Comme mentionné précédemment, elle s’est rendue sur place afin d’en savoir plus, et on voit bien que ses recherches ont été poussées, parce que pour certains objets, je ne sais vraiment pas ce qu’elle pourrait nous apprendre de plus. Pour les sarubobo par exemple, elle nous explique la différence en fonction de leur couleur, mais aussi ce qui change d’une région à l’autre.
Les informations, tout comme la mise en page, est dense. Les noms des objets sont expliqués, kanjis à l’appui, et elle ne se contente pas de parler d’une seule des légendes le concernant, mais va également démentir les fausses rumeurs. Grâce à elle, on connait également l’origine des objets, leur provenance géographique, mais aussi quand est-ce qu’ils ont fait leur apparition.
Si les illustrations sont nombreuses, les photographies sont également présentes et nous permettent de voir les objets tels qu’ils sont réellement et de bien nous représenter certains lieux.

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Maneki-neko et autres histoires d’objets japonais, est un livre qui se lit très vite, bien que je sois parfois retournée en arrière afin de vérifier si j’avais lu la bonne information, ou parce que j’avais failli passer à côté d’une petite note.
Le style de dessin de Joranne est mignon, on ne va pas se mentir. Si le personnage la représentant est assez simple, les petits détails ne manquent pas, et c’est ce qui rend le tout si efficace.
L’humour est également bien présent, au travers des personnages, la façon dont ils sont représentés, leurs expressions, mais aussi via certaines anecdotes ou petites notes qui font bien sourire.

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Un joli ouvrage, bien travaillé, qui nous fait apprendre beaucoup de choses, sans même que l’on ne s’en rende compte. Utile qu’on se rende sur place ou non, mais qui vous donnera peut-être bien envie de soutenir les artisans japonais.

Maneki-neko et autres histoires d’objets japonais
Editions Sully
Publication 2019
159 pages

A très vite pour un prochain article !
Brybry

Tokyo Sanpo – Florent Chavouet

Pour cet article, je ne vous présente pas le roman d’un auteur japonais, mais je reste encore dans ma thématique Japon, pas de panique ! Découvrons ensemble un premier ouvrage illustré par un artiste français.

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Quelques mots sur l’auteur :
Florent Chavouet est un auteur et illustrateur de bande dessiné français. On compte parmi ses publications L’île Louvre (2015) ou encore Hitchcock, par exemple.
Son site internet

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Présentation de l’ouvrage : Il paraît que Tokyo est la plus belle des villes moches du monde. Plus qu’un guide, voici un livre d’aventures au coeur des quartiers de Tokyo. Pendant ces six mois passés à tenter de comprendre un peu ce qui m’entourait, je suis resté malgré tout un touriste. Avec cette impression persistante d’essayer de rattraper tout ce que je ne sais pas et cette manie de coller des étiquettes de fruits partout, parce que je ne comprends pas ce qui est écrit dessus. A mon retour en France, on m’a demandé si c’était bien, la Chine. Ce à quoi j’ai répondu que les Japonais, en tout cas, y étaient très accueillants.

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Tokyo sanpo (« Promenade à Tokyo ») est une découverte de la capitale japonaise, tout en dessin. Il n’y a que très peu de texte et ils sont souvent à décrypter autour des images, s’y emmêlant et on tombe parfois dessus par hasard, ce qui les rend d’autant plus plaisants à lire. Beaucoup de réactions sur le vif, souvent pourvues d’humour, et j’ai souri à de nombreuses reprises. Je ne peux pas vraiment parler de sa plume à proprement parler, puisqu’on ne trouve pas de longs textes, mais rien que la préface m’a beaucoup amusée.
Sans prise de tête et on voit que ce sont de petites réflexions que Florent Chavouet s’est fait sur le coup. Celui-ci n’étant jamais allé au Japon auparavant, je comprends certaines des surprises qu’il a eu, tout comme ses réactions. Les petits détails qui surprennent en tant qu’étranger, ce qu’on aurait jamais imaginé et qui nous fascine ou encore ce qui nous choque (le prix des fruits et légumes… mon dieu, le prix des fruits et légumes…).

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La qualité du livre ainsi que des dessins est superbe. On y trouve de tout, des dessins poussés et détaillés des maisons, temples ou magasins, aux montages amusants ou encore aux étiquettes des boîtes d’œufs. Il y a également des plans qui ouvrent chaque partie sur les quartiers arpentés par l’auteur, sans compter les représentations sympathiques des koban, les petits commissariats de quartiers. Bref, on retrouve de tout, en grand nombre et on peut facilement s’imaginer dans les petites ruelles de Tokyo.
Une vingtaine de lieux sont présentés et visités, et si cela ne couvre pas tout Tokyo en détail, on trouve certains des quartiers principaux (Shibuya, Shinjuku, Ueno, Odaiba…), sans pour autant s’attarder outre-mesure sur les endroits vraiment touristiques, au contraire, ce sont tous les petits coins atypiques, qui ne sont certainement pas évoqués dans les guides et à côté desquels on pourrait passer très facilement qui sont le plus mis en valeur.

Sans prétention aucune, Florent Chavouet nous montre le Tokyo qu’il a lui-même découvert, avec un regard neuf. C’est avec simplicité mais avec délice que l’on se promène avec lui. Je ne qualifierai pas Tokyo Sanpo de guide touristique, loin de là, cependant, il peut servir à, simplement, regarder un peu plus ce qui surprend, autour de soi. Et pour ceux qui connaissent déjà le Japon, certaines réflexions pourront bien les faire sourire.

Tokyo Sanpo
Editions Philippe Piquier
Publication 2009
206 pages

A très vite pour un prochain article, toujours en rapport avec le Japon !
Brybry’

La fille dans l’écran – Manon Desvaux, Lou Lubie

Une amie m’a prêté cette bande-dessinée et je comptais la feuilleter un peu tous les jours, bien tranquillement. Bilan : je me suis plongée dedans et je l’ai dévorée en une petite soirée. La fille dans l’écran est une histoire moderne qui mérite d’être lue au moins une fois.

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Quelques mots sur les scénaristes et dessinatrices :
Manons Desvaux et Lou Lubie se sont rencontrées il y a plus de dix ans. La fille dans l’écran a été dessiné et écrit à quatre mains.

Manon Desveaux est diplômée du « Animation workshop » au Danemark. Elle est spécialisée en bande-dessinée et storyboard. La fille dans l’écran est sa première bande-dessinée.
Lou Lubie est dessinatrice et scénariste de bandes-dessinées. Elle a fondé le forum Dessiné. Elle a publié six autres livres, comme Goupil ou face ou encore L’île au temps suspendu.

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Résumé : Coline vit en France et rêve de devenir illustratrice. Ses recherches d’inspiration la conduisent à contacter Marley, une photographe installée à Montréal.
De son côté, Marley a abandonné sa passion pour la photo pour se laisser porter par une vie sociale trépidante : un job alimentaire, un amoureux québécois…
Les deux jeunes femmes que tout oppose vont tisser sur internet un lien plus fort que la distance et le décalage horaire, qui va grandir de façon troublante jusqu’à la rencontre…

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La fille dans l’écran est une bande-dessinée particulièrement moderne. J’ai personnellement vécu des situations très semblables, aussi, elle m’a bien touchée sur certains thèmes. Avec internet et les réseaux sociaux, je pense que, de nos jours, énormément de gens pourraient vivre une histoire similaire. Pour autant, si elle pourrait être considérée comme ordinaire, elle n’en est pas moins divertissante.

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On va suivre deux personnages, une vivant au Canada, l’autre en France. Après le premier contact initié par Coline, les jeunes femmes finiront par se parler de plus en plus, à développer leur lien tout en se confrontant à plusieurs problèmes, comme celui du décalage horaire par exemple.
Les deux protagonistes ont des caractères et des vies différentes mais sont également semblables sur certains points (leur côté créatif par exemple). Leurs environnements différents permettent d’aborder plusieurs problématique. D’un côté, on a donc Coline qui a notamment des problèmes qui l’empêchent de profiter mais surtout de se fondre dans le moule et d’avoir une vie qu’on pourrait qualifier de « modèle« , correspondant notamment aux attentes de sa mère. Marley fait face à d’autres questionnements. Si elle était allée initialement au Canada pour faire de la photographie, quatre années plus tard, elle travaille toujours au café et se sent parfois en décalage avec son compagnon.
Les personnages vont évoluer au fil des pages, que ce soit Coline et Marley, mais également leur entourage. Certains sont bienveillants tandis que d’autres sont plus déplaisant mais nous ne sommes pas à l’abri d’un ou deux retournement de situation à la lecture.

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On peut se reconnaître dans beaucoup de petites scènes qu’il est. Par exemple, une tentative de Skype avec nos parents et ceux-ci qui ne s’en sortent pas très bien, notamment quand il s’agit d’être face à la webcam, ou encore les mails que l’on va réécrire trois fois parce qu’on est incertain sur la formulation…
Pour ce qui est de rencontrer pour la première fois des personnes connues sur internet, c’est également très véridique : la peur de les décevoir, de gâcher la relation, de ne pas être intéressant… J’avoue que certains passages étaient bien amusants à lire à ce sujet et je me suis dit que c’était tout à fait plausible.

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La mise en page est très bien réfléchie, puisqu’il existe souvent un lien entre la partie de Coline et celle, juste en face de Marley et tout cela permet à la lecture d’être plus interactive. Une partie des textes est constituée de la retranscription des mails et sms ce qui la rend très rapide à lire.
Les deux styles graphiques se marient très bien entre eux. Les deux dessinatrices ont chacune dessinée les parties de leur personnage, mais leur travail complimente celui de l’autre sans le noyer. Au premier coup d’oeil, il n’y a pas de réelle différence, si ce n’est pour la coloration, avec la partie de Coline plus monochrome que celle de Marley. Certaines des illustrations sont plus travaillées que d’autres, mais mêmes dans celles qui sont moins approfondies, il y a on ne voit pas réellement de différence au premier coup d’oeil, si ce n’est qu’une partie plus en n&b que l’autre. Certaines illustrations, en fond, sont plus travaillées et il y des détails plutôt amusant se cachent dans certaines cases que l’on voudrait survoler.
Le livre en lui même est de très bonne qualité, avec une impression sans défauts et aussi avec des pages bien épaisses et solides.

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Une fois l’histoire terminée il y a une petite partie bonus que j’ai beaucoup apprécié et qui nous parle de la mise en oeuvre du projet. J’ai trouvé le passage expliquant comment Manon Desvaux et Lou Lubie s’y étaient prises pour travailler à quatre mains sur toutes les illustrations où leurs deux personnages apparaissaient particulièrement intéressant et peut-être enrichissant pour les lecteurs qui auraient un projet de ce genre.

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La fille dans l’écran a été pour moi une très bonne découverte, une lecture sans aucune prise de tête. Je pense que beaucoup de personnes jeunes, qui utilisent souvent internet et ont des amis partout dans le monde (voire dans le même pays) pourront facilement faire un parallèle entre cette histoire et la leur. Aussi, cette bande-dessinée peut parler à toutes celles et ceux qui ont l’impression de suivre un chemin professionnel qui ne leur conviendrait pas.
En bref, c’est une lecture distrayante et simple, mais avec un peu plus de profondeur qu’on ne pourrait le croire initialement.

La fille dans l’écran
Editions Marabout
Publication 2019
192 pages

Avez-vous lu La fille dans l’écran ? Vous reconnaissez-vous dans ces histoires de relations à distance ?

A très vite pour un prochain article !
Brybry’