La vie du vieux Fukuzawa racontée par lui-même – Fukuzawa Yukichi

La société japonaise a été grandement modifiée avec l’arrivée des occidentaux en 1868 et quoi de mieux que le livre d’un des fondateurs du Japon Moderne pour comprendre ce que ces changements ont impliqués ?

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Disponible ici et

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Dur de vous proposer une présentation de l’auteur, ou un résumé, puisque ce livre est une autobiographie dictée, donc autant dire que tout y est révélé…
Pour être brève, je vous dirai simplement que Fukuzawa Yukichi (1835-1901) est un penseur japonais ayant vécu pleinement l’ouverture du Japon à l’occident en 1868. Fils de samourai a eu une vie bien remplie (traducteur, enseignant, philosophe, écrivant, journaliste, politicien…) ainsi qu’une grande influence sur la société.
Dans La vie du vieux Fukuzawa racontée par lui-même, (福翁自伝, Fukuōjiden) il raconte absolument toute sa vie, de son enfance, à sa vieillesse.

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Bien qu’elle relate l’existence complète d’un homme, La vie du vieux Fukuzawa raconté par lui-même, cette autobiographie se lit facilement, et je dirais même rapidement, même si elle est pleine d’informations.
De nombreux chapitres, et énormément de sous-parties composent ce livre. On retrouve également des repères, géographiques et chronologiques, qui nous permettent de situer dans l’Histoire japonaise, la vie de Fukuzawa Yukichi.

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Fukuzawa Yukichi était au premier plan pour se rendre compte des changements du Japon. A l’arrivée des occidentaux, il avait 33 ans, ce qui lui a permis de bien connaître son pays avant, mais aussi de prendre conscience de tous les changements. Il a donc pleinement vécu cette période de transition.
Les chapitres vont de son enfance, évoque l’éducation donnée par ses parents, ses études, ses voyages au Japon, mais aussi en occident…, à ses vieux jours. Le tout est agrémenté de plein d’anecdotes croustillantes sur sa vie, et une multitude de thèmes sont évoquées, comme l’alcool, ses méfaits et prouesse en tant qu’étudiants. Et certaines parties font bien sourire.
Bien entendu, en tant qu’homme public et politique, qui ne se prive pas pour donner son avis, il évoque également ses ennemis, mais aussi, plus grave, les menaces de morts qui pesaient sur lui.
Nous avons le droit à plusieurs comparaisons entre l’Occident et le Japon, et, par exemple, Fukuzawa Yukichi déclarera ne pas aimer les testaments à l’occidentale. Mais s’il n’apprécie pas tous les aspects de l’étranger, il n’est pas non plus avare sur la société japonaise, critiquant ouvertement son gouvernement.
Je pense que les parties « Je vais pour la première en Amérique » ainsi que « Je visite les pays d’Europe » sont particulièrement parlantes et nous renseignent énormément sur les différences culturelles et ce qui pouvait étonner, d’un côté comme de l’autre. Mais j’ai également apprécié lire sur son enfance, et aussi ses études, avec des anecdotes très intéressantes, comme quoi les étudiants, à qui un livre avait été prêté, le recopiaient intégralement avant de le rendre, afin de pouvoir l’étudier.

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La vie du vieux Fukuzawa racontée par lui-même est un sacré témoignage, qui raconte bien l’avant et l’après arrivée des occidentaux. Tout est raconté par une personne qui a vécu les faits ce qui peut, paradoxalement, rendre le récit très véridique, mais il est également possible d’en douter. En effet, ici, une seule version est présentée, et avouons-le : l’auteur relate toujours des faits où il a un rôle assez flatteur. Une grande partie des événements sont racontés bien des années plus tard, donc les faits peuvent avoir été différents des souvenirs.

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De nombreux événements historiques sont évoqués, voire même expliqués de l’intérieur, et c’est un réel témoignage que nous retrouvons dans ce livre. Bien entendu, étant donné que tout a été dicté par Fukuzawa Yukichi, le style est très oral, avec un grand nombre de répétitions. Ce livre ne se lit pas comme un roman, cependant, pour tous ceux qui sont intéressés par l’histoire japonaise, je dirai presque que c’est un must-read pour en savoir plus sur cette époque, qui est tout sauf anodine.

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La vie du vieux Fukuzawa racontée par lui-même
Editions Albin Michel
Publication 2007
411 pages

A très vite pour une autre lecture sur le Japon !
Brybry’

Marraine – Emilie Chevallier Moreux

Ah, la marraine, ce personnage récurrent des contes de fées, jamais dépourvue de gentillesse et de bonnes paroles pour ses protégés… Si ce fut bien le cas pour Marraine Perrault, c’était il y a longtemps et les temps ont changés.

Disponible ici

Quelques mots sur l’autrice :
Emilie Chevallier Moreux est une autrice française, résidant en Dordogne, où elle enseigne. C’est dès l’année 2017 qu’elle décide de partager ses écrits en participant notamment à plusieurs appels à texte. Ses nouvelles apparaissent dans plusieurs recueils d’anthologie.
Sa page Facebook

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Résumé : Il était une fois, une bonne fée qui se penchait sur le berceau des nouveau-nés afin de les inonder de bienfaits pour les siècles des siècles. Et comme le dirait si bien Ric, l’un de ses petits protégés : trop bonne, trop conne !
Mais quelle mouche a piqué Marraine Perrault pour qu’elle prenne pareils filleuls sous son aile ? Entre Peau d’Âne la mère maquerelle, Aurore la top-modèle siliconée, Cendrillon la veuve noire et Riquet l’alcoolique notoire, on ne peut pas dire que l’affaire soit une réussite. Pour couronner le tout, ses pupilles risquent fort de se dresser entre elle et ce bellâtre slave qui lui est – littéralement – tombé dessus dans un centre commercial new-yorkais.
Parviendra-t-elle à se débarrasser de ces obligations qui l’accablent depuis si longtemps pour enfin trouver chaussure à son pied ? Pas si facile, quand on fait un petit 36…

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Dans cette réinterprétation de conte, le personnage principal n’est pas les princesses ou les princes, non, c’est Marraine Perrault qui est mise au centre de l’histoire. Un peu blasée, la Marraine, de toujours devoir réparer les pots cassés de ses filleuls, qui ont pourtant plusieurs siècles d’existence derrière eux, et qui semblent presque enchaîner les crises d’adolescence. Et quand on voit ce que sont devenus ses protégés, on comprend très bien qu’elle cherche à se sortir de son statut de protectrice.
J’ai beaucoup apprécié le fait que Marraine s’occupe de plusieurs personnages de contes, cela permettant un mélange sympathique qui permet d’aller un peu au-delà de la simple réécriture, puisqu’il y a plusieurs histoire à se réapproprier. S’il y a bien des points communs avec les trames d’origine, elles suivent cependant une route bien différente.

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L’histoire se déroule sur plusieurs époque. Le passé est raconté par Marraine Perrault dans un livre qu’elle écrit autobiographique qu’elle écrit, où elle révèle tout de son histoire et de celle de ses protégés. J’ai trouvé intéressant de lire sur ce qu’elle était, à l’origine. Son secret quant à ses capacités de sorcière, qui l’ont tiré de mauvais pas, mais aussi qui a faillit causer sa perte, et celles d’autres êtres vivants, à plusieurs reprises.
Mais on se retrouve aussi à l’époque moderne, dans un lieu qui n’est pas le moins vivant, puisque Marraine vit désormais à New York, une vie plutôt enviable, presque normale, étant donné qu’elle est autrice et n’utilise pas quotidiennement sa magie.
Tout cela nous permet de voir d’où viennent tous les problèmes de Marraine et ce qui les cause. Il ne tiendra plus qu’à elle d’y mettre fin.

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Dur de s’attacher aux personnages ! Et oui, il faut dire que Cendrillon, Peau d’Âne ou Aurore ne sont pas des plus agréables… Je regrette tout de même un petit manque de maturité généralisé, Marraine Perrault, pas exemple, semblant pencher vers la niaiserie quand elle se retrouve en présence de celui qui pourrait être son prince charmant.

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Si la plume de l’autrice ne m’a pas forcément transcendée, je trouve qu’il y a une différence de style plaisante entre les faits passés et présents, et on peut dire qu’elle fait bien le job et que l’autrice parvient à ses fins sans problème. Je dois avouer que je m’attendais à une histoire un peu plus loufoque en voyant le résumé, mais qu’elle était tout de même assez sérieuse, et surtout, pleine de cynisme. La romance est également présente, mais même si celle-ci joue un grand rôle dans l’histoire, ce n’est pas la seule raison poussant Marraine Perrault a vouloir changer de vie.

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Globalement, j’ai bien aimé cette lecture, qui n’est pas prise de tête. Si on se pose des questions durant notre lecture, lorsque le point final est posé, on a toutes nos réponses et on ne reste pas sur notre faim.

Marraine
Editions Noir d’Absinthe
Publication 2019
245 pages

On se retrouve très vite pour des nouvelles lectures, qui ne seront pas des réécritures de contes ! Quoique…
Bonne journée à tous !
Brybry’

#Plib2020 : choix des présélectionnés

Bonjour à tous !
Je ne l’ai pas encore mentionné ici, mais me voici jurée pour le Prix Littéraire de l’Imaginaire Bookstagram, à savoir le Plib ! Le titre est plutôt évocateur, et pour ceux qui ne connaissent pas, le site internet dédié à ce prix pourra vous renseigner sur toutes les questions que vous vous posez peut-être.

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Premier boulot en tant que jurée : parmi les 124 livres qui ont été proposés, il faut en choisir 20 ! Oui, c’était un choix difficile, et oui, ma wishlist s’est retrouvée agrandie d’un grand nombre de ce romans. Avant de vous donner ma petite liste, quelques précisions pour vous dire ce qui a le plus influencé mon choix !

La quatrième de couverture : Le mieux, à mon humble avis, pour avoir un avis assez précis sur un livre, c’est d’en lire le résumé. Pour certains, ça a été un coup de foudre presque direct, d’autres m’ont bien intrigué mais certains, malheureusement, ne m’ont absolument pas convaincu en quelques lignes et sont donc passés à la trappe.
La promotion faite sur les réseaux sociaux : Pour une petite minorité d’ouvrages, j’en avais déjà entendu parler, en long, en large et en travers, sur instagram, livraddict ou ailleurs. Si en temps normal, je peux me laisser séduire, pour le coup, j’ai préféré favoriser les livres qui étaient moins connus et qui méritaient, à mes yeux, qu’on se penche dessus.
Mes petits coups de coeur : Ca concerne deux livres que j’avais particulièrement envie de défendre, que j’avais envoyé comme proposition, et que j’aimerais que tout le monde puisse découvrir, donc ils sont au sommet de ma liste.
Le genre : bon, facile, le prix de l’imaginaire ça regroupe tous mes genres préférés… J’ai tout de même favorisé les livres qui étaient plus adultes que « trop » jeunesse.

J’ai essayé, par contre, de ne pas me baser sur l’avis des autres ! Parce que tout le monde à ses goûts, qu’ils sont variés, et qu’un ne plaira pas forcément à l’autre. Je suis également allée au delà des couvertures, bien que certaines soient des vrais bijoux…

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Assez parlé, voici mes 20 chouchous !

Est-ce que vous connaissez, ou même recommanderiez certains de ces livres ? De mon côté, j’avais déjà parlé du roman Le Musicien, d’Annabelle Blangier ! J’espère le voir passer cette étape. Vous pouvez retrouver mon avis sur ce roman ici même !

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C’est la toute première fois que je participe à un prix, et j’ai bien hâte de voir ce que ça va donner ! Je le fais surtout parce que c’est un prix accessible à tous, donc autant tenter l’aventure, mais aussi parce que j’ai bien envie de découvrir de nouveaux livres et d’échanger avec les autres membres du jury (à qui je souhaite bon courage pour faire le choix que j’ai dû faire…). Mais je dois dire que tous les petits challenges que les organisateurs mettent en place ne sont pas pour me déplaire (vivent les mages !).

Je vous ferai très certainement des articles sur ce prix, mais d’abord, je vais croiser très fort les doigts pour mes favoris !
Bonne journée à tous,
Brybry

Les fleurs du lac – Christelle Angano

Un constat glaçant pour parler de ce livre : « dans le monde, une fillette est excisée toutes les dix secondes ». C’est de cette tradition effroyable dont nous parle Christelle Angano, dans ce court, mais marquant récit.

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Disponible ici et ici.

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Quelques mots sur l’autrice :
Christelle Angano est une autrice française née en 1967, qui a vécu une partie de son enfance en Ethiopie. Professeure de français, elle a écrit plusieurs livres, par exemple De vous à Moi, sorti en 2015.
Son site internet

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Résumé : Mebrat est éthiopienne. Dans son village, on pratique encore l’excision. C’est contre cette tradition que la jeune femme, moderne et courageuse, va décider de s’élever en refusant de confier sa cadette à l’exciseuse. Comment réagira le village ?

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Sujet délicat que celui de l’excision. Il s’agit de parler d’une tradition barbare qui a toujours, hélas, lieu de nos jours, et je dois avouer que, mal à l’aise, j’appréhendais un peu cette lecture.
Ce thème est ici abordé avec justesse, sans que l’autrice ne tombe dans l’excès ou ne se perde dans la moindre voyeurisme. Certaines scènes, bien entendu, sont douloureuses à lire. Que ce soit quand les femmes évoquent leur souffrance physique, tant pendant l’excision, la souffrance morale également, puisqu’il faut subir cette coutume, mais aussi la faire subir si l’on accouche d’une petite fille, mais surtout pour une scène d’excision, pour une jeune enfant, qui est décrite par l’autrice. Les risques (maladies, décès) liés à l’excision ainsi que les douleurs qui perdurent tout au long des années (quotidiennement, pendant les rapports sexuels…) sont eux aussi développés. Impossible de ne pas prendre parfaitement conscience de la barbarie de l’acte.

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Christelle Angano ne nous fait pas prendre un parti via sa plume, elle va simplement exposer des réalités. L’excision est ancrée dans une tradition, qui rend les choses difficiles quand on ne souhaite pas la faire subir à ses enfants et même si la coutume s’essouffle, ses des voix s’élèvent, elles sont facilement étouffées par les regards, les rumeurs qui se répandent si l’on refuse l’excision et la mauvaise réputation qui va avec.
Les fleurs du lac, nous permet d’avoir un panel des différents points de vue qui s’affrontent quant à cette pratique. Ceux qui pensent que la coutume doit perdurer, ceux qui pensent le contraire, et celles et ceux qui sont d’accord, mais qui n’osent pas aller à son encontre, ou encore les femmes qui en souffrent mais pensent que leurs filles doivent également passer par là. Le point de vue de l’exciseuse en personne est également développé.
Ce roman nous permet de voir pourquoi cette pratique existe, perdure, malgré les voix qui s’élèvent contre elle, et à quel point il est difficile de s’en défaire.

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Malgré la dureté du roman, il est tout de même porteur d’un message d’espoir, notamment au travers du personnage de Mebrat, victime de l’excision, qui va décider d’aller contre cette pratique avec sa fille cadette (ce qui est malheureusement trop tard pour son aîné). Elle va élever la voix pour changer les mœurs, et apportera des modifications au fur et à mesure que les oreilles se feront plus attentives.
Et l’espoir devient plus fort avec les chirurgies réparatrices, qui n’effacent pas la tragique expérience de ces femmes, mais qui leur permet de ne plus en souffrir au quotidien.

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Je ne peux pas parler de « belle » lecture pour cet ouvrage, cependant, je dirais qu’il est juste, et même nécessaire. L’autrice a visiblement fait des recherches et sait de quoi elle parle. Un récit touchant que tout le monde devrait lire.

Les fleurs du lac
Editions de la rémanence
Publication 2019
128 pages

A très vite pour une nouvelle lecture !
Brybry’

Ce que murmure la mer – Claire Carabas

La mer est ton miroir, tu contemples ton âme, disait joliment Baudelaire. Cependant, avec le livre que je vous présente aujourd’hui, il sera peut-être temps de prêter attention à ce qu’elle aimerait nous dire… Pour continuer avec une référence moins glorieuse, plongeons donc sous l’océan, avec Ce que murmure la mer.

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Disponible ici, ici, et .

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Quelques mots sur l’autrice :
Claire Carabas est une autrice française, qui a toujours aimé les contes de fées. C’est avec peut-être une certaine logique alors que sa première publication se trouve être Ce que murmure la mer, une réécriture de La Petite Sirène.
Sa page Facebook

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Résumé :  » Je quitte mon monde, une fois de plus, pour aller à la rencontre du vôtre.
Je m’approche des lumières qui ceinturent vos rivages.
Je respire l’odeur de votre terre, de vos plantes et de vos feux.
Je longe vos côtes. Je peux nager longtemps.
Inlassable, je fends l’eau. Je cherche ce chant à nul autre pareil.
Ce chant que les femmes adressent à leurs hommes perdus. « 

L’histoire de la sirène qui aimait l’homme n’a pas d’âge, l’impossibilité de cette pulsion se noue à la manière des grandes tragédies et étouffe inexorablement l’héroïne. Pourtant, quand Galathée aperçoit Yvon, solitaire sur son bateau à voiles, l’amour la foudroie et la pousse à toutes les folies. Éperdue, désespérée, animée par un espoir aveugle, elle parvient à se faire une place dans la vie du jeune marin, mais qu’en est-il de son cœur?

Redécouvrez le conte d’Hans Christian Andersen à travers les témoignages des amants empêchés et vivez le drame comme jamais vous ne l’avez exploré : de l’intérieur.

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La petite sirène n’est résolument pas le conte de fées que je connais le mieux, bien au contraire. Et la perspective de le découvrir presque entièrement à travers cette réécriture ne pouvait que me tenter.
J’ai trouvé que c’était une réécriture bien menée, on reconnait les éléments du conte original (ceci est présent en fin de roman), mais l’autrice a bien laissé son empreinte dessus. Le premier point qui diffère est que l’histoire se passe à notre époque. Bateaux, lumières fortes sur les côtes, océan de plastique, modernité qui contraste avec la vie sous les flots, bien des éléments qui viendront perturber Galathée dans sa quête. Pas de prince charmant tel quel non plus, mais Yvon fera chavirer la sirène malgré tout. Se mêlent, malgré tout, les croyances populaires quant aux sirènes, que certains croient bel et bien exister, tandis que les autres les considèrent comme des mythes purs et durs.

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Je dois dire que j’ai beaucoup apprécier l’atmosphère de ce roman, qui est très bien développée au travers de la plume de l’autrice. Incisive ou au contraire, tendre, on sent quand les personnages sont joyeux, ou au contraire, quand tout bascule. On perçoit sans problème la beauté de l’océan et les dangers du monde extérieur.
Les personnages, eux-même ne sont pas résumés sous une seule facette. Yvon, navigateur, tombera dans l’alcool après son retour sur la terre ferme, mais s’occupera de Galathée, qu’il aurait recueillie sans rien connaître de sa vraie nature.

Difficile, cependant, au fil des pages, de voir se profiler l’image du prince et de sa douce princesse. Il ne suffit pas au duo de se tenir l’un à côté de l’autre, de se regarder dans les yeux pour que le charme opère. Et l’incompréhension, l’incapacité de se comprendre et de communiquer n’aidera pas à l’épanouissement des sentiment de nos deux héros. Personnellement, j’ai aimé ces difficultés (peut-être pas jusqu’au bout, je n’en dis pas plus…), qui évitent que l’on tombe dans une romance qui aurait eu des chances de me déplaire.

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J’ai vraiment beaucoup aimé la plume de Claire Carabas, et plusieurs passages du livres étaient très forts, percutants et m’ont touché. Rien que les premières lignes m’avaient déjà séduites, et j’ai eu du mal à m’en détacher.
Deux points de vue différents se succèdent, celui de Galathée et celui d’Yvon, au travers de son journal de bord. L’écriture varie quelque peu selon le personnage mis en avant dans le chapitre, ce qui est plaisant et permet de les connaître chacun un peu mieux.
Même si la plume m’a séduite et que je ne me suis pas ennuyée à la lecture, j’ai trouve le rythme -des phrases très courtes, qui se succèdent-, un peu redondant.
Le vocabulaire restait tout de même recherché et l’écriture intelligente, un vrai plaisir à lire.

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J’ai eu l’impression que Ce que murmure la mer, offrait plusieurs pistes de réflexions intéressantes (bien plus que, soyons honnêtes, celles que l’on pouvait trouver dans le dessin animé du même nom, par exemple). Est-ce que toutes les quêtes valent réellement la peine d’être menée, Galathée est-elle responsable de toutes ses mésaventures, à quel point un mauvais choix peut empiéter sur le reste de l’existence… ?
Ce qui est sûr, c’est que rien n’est édulcoré, et ce réel rend la réécriture de Claire Crabas plus plausible, même avec la présence de sirènes.

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Ce que murmure la mer
Editions Magic Mirror
Publication 2017
222 pages

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A très vite pour un prochain article !
Brybry’

Elle, par bonheur et toujours nue – Guy Goffette

Pas de suspense pour ce livre, puisqu’il me brûle les doigts de le dire : ce fut un coup de coeur absolu. Une prose sublime qui nous fait découvrir la vie du peintre Pierre Bonnard, et de sa muse.

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Quelques mots sur l’auteur :
Guy Goffette est un poète et écrivain Belge né en 1947. Auteur, mais surtout poète, il a voyagé dans toute l’Europe. Il a publié plusieurs romans, parmi eux, Presqu’elles, ainsi que des recueils de nouvelles, des essais et de la poésie. Il a été récompensé à de multiples reprises par des prix littéraires, comme par exemple Grand prix de poésie de l’Académie française (2001), ou le Prix Goncourt de la poésie (2010), récompensant à chaque fois l’ensemble de son oeuvre poétique.

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Résumé : Entre la beauté que vous, Pierre Bonnard, m’avez jetée dans les bras, sans le savoir, et celle que vous avez aimée au long de quarante-neuf années, il y a un monde, ou ce n’est pas de la peinture. Il y a un monde et c’est l’aventure du regard, avec ses ombres, ses lumières, ses accidents et ses bonheurs. Un monde en apparence ouvert et pourtant fermé comme une vie d’homme. Les clés pour y pénétrer ne sont pas dans les livres, pas dans la nature, mais très loin derrière nos yeux, dans ce jardin où l’enfance s’est un jour assise, le coeur battant, pour attendre la mer. C’est là qu’il faut aller. C’est là que Marthe m’a rejoint dans le musée à colonnade et m’a sauvé de la solitude et de l’ennui où je mourais.

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Je ne savais pas, en ouvrant ce livre pour la première fois, que j’allais découvrir la vie d’un peintre, Pierre Bonnard, dont je ne savais absolument rien. Mais ce n’est vraiment pas un regret, et je m’en veux même un peu d’avoir attendu autant de temps pour enfin le lire…
Si tous les aspects de la vie de l’artiste ne sont pas approfondis dans les détails, on a tout de même un joli panel de ce qui a forgé sa vie, puisqu’on découvre son enfance, son parcours scolaire, ses origines, et son amour de Paris. Parfois, on le découvre de manière plus tangible, au travers d’une de ses citations ou de la présentation plus approfondie d’une de ses œuvres.

L’auteur ne se contente pas de raconter simplement la vie de Pierre Bonnard, et ma lecture a même été instructive, puisque j’ai appris quelques éléments sur la peinture, les courants caractéristiques de l’époque, et on croise, ici et là, le nom de peintres peut-être plus connus, leur rapport avec Bonnard, également, ce qu’ils disaient les uns des autres. J’ai très souvent eu envie de mettre ma lecture en pause quelques instants, pour aller regarder le tableau dont il était question de m’en imprégner et de me replonger dans la poésie.

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Mais c’est surtout sa relation avec Marthe, ou peut-être Marie, qui sera sa muse et présente sur tant de ses œuvres. C’est leur histoire à tous les deux qui est évoquée, bien que l’on s’intéresse surtout à Pierre. C’est elle, par bonheur, par Bonnard et toujours nue qui semble se cacher derrière chacune des pages et être à l’origine du livre. On découvre comment elle a changé la peinture de l’artiste, comment elle a amené le nu dans ses tableaux, la façon dont il la représente.
Tout n’est pas rose dans leur relation, peut-être est-ce la faute de Pierre, de Marthe, de Marie ou encore de Renée ? Il n’empêche que leur relation ira aussi loin que possible.
Je précise également que j’ai un grand amour pour la capitale et la découvrir ainsi contée à l’époque de Pierre Bonnard m’a également beaucoup plu. Lire d’une façon si belle comment Pierre et Marthe la découvre et s’y découvrent était peut-être tout ce qu’il fallait pour me ravir, finalement.

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Si l’histoire m’a plu, bien que les biographies ne soient pas forcément mon genre de prédilection, je dois avouer que c’est la plume qui m’a définitivement conquise et acquise. Guy Goffette insuffle sa poésie partout. Ce sont les lieux arpentés, les personnages évoqués, les moments fugaces et éternels qui sont sublimés avec ses mots. Si parfois l’ensemble peut sembler quelque peu nébuleux, il est toujours plein de douceur.

Elle, par bonheur, et toujours nue, se lit rapidement, trop peut-être. Il faut le dire, les chapitres sont très courts, on les enchaîne sans peine aucune et les différentes parties du roman se succèdent, emmenant avec elle les vies de Pierre et Marthe. J’ai presque eu l’impression d’avoir vécu un moment très fugace, une succession d’émotions qui ne laissent qu’un doux sentiment, une fois le livre refermé.

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Un moment de pur poésie, et je ne peux que vous recommander de vous procurer le livre et de ne pas hésiter si vous tomber dessus.


Connaissez-vous Pierre Bonnard, par ses oeuvres ou cette bibliographie ? Avez-vous déjà lu un livre ou la poésie de Guy Goffette ?

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Elle, par bonheur et toujours nue
Editions Gallimard
Publication 1998
155 pages

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A très vite pour un prochain article !
Brybry’

Marcher pour se (re)trouver – Odile Chabrillac

Allez savoir pourquoi, dernièrement, j’ai envie de marcher. De me promener, de regarder tout autour de moi, me vider la tête en faisant du bien à mon corps. Et c’est avec beaucoup de chance que j’avais trouvé cet ouvrage dans une boîte à livres près de chez moi ! Autant dire que je n’ai pas hésité du tout avant de le ramener à la maison.

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Disponible ici, ou .

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Quelques mots sur l’autrice :
Odile Chabriac est une naturopathe française qui est passée par bien des chemins avant de trouver sa voie. Elle est la fondatrice de l’Institut de Naturopathie Humaniste à Paris.
Elle a écrit plusieurs ouvrages, dont Âmes de Sorcière et L’art de naître à soi-même.
Son site internet

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Résumé : Mettre un pied devant l’autre est chose naturelle, acquise… et gratuite ! Mais, à l’heure de la (très) grande vitesse, on marche aussi pour « cheminer » : en soi pour se délester de « poids » qui encombrent ; vers l’autre et la nature pour ouvrir son coeur et son esprit ; sur un plan spirituel… ALORS EN ROUTE ! 

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Vague sujet que la marche, surtout qu’une grande partie de la population la pratique quotidiennement ! Cet ouvrage parle, bien entendu, de tous les bienfaits de ce sport, qui est aussi une médecine douce. On s’intéresse tant à ce que le corps ressent pendant l’effort, que ce qui plaît tant à l’esprit.

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Si l’autrice explique d’abord dans un premier temps ce qu’est la marche, elle relève aussi tous les aspects plus complexes qui entourent ce concept qui semble pourtant des plus évidents. Ne suffit-il pas de mettre un pied devant l’autre pour avancer ?
Elle nous donne plusieurs moyens pour nous y mettre progressivement (hors de question de se lancer et de faire 40km d’un coup), pour que notre corps sente l’effort, mais l’apprécie tout de même. Et un point important est rapidement évoqué : il ne faut pas marcher pour marcher, sans profiter. Sortir le chien est une bonne chose, mais il faut aussi marcher pour nous, sans but particulier. La promenade doit être appréciée, il faut se repaître des bienfaits qu’elle nous apporte afin d’en ressentir ses effets.
Bien sûr, la nature joue un rôle important dans l’apaisement durant la marche, mais que les citadins se rassurent, Odile Chabrillac est très claire : marcher en ville fera également du bien.

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Plusieurs types de marches et de respirations sont également évoqués. C’est ainsi que j’ai pu entendre parler de la marche afghane, que je ne connaissais absolument pas. Il peut être intéressant d’essayer plusieurs des techniques qui sont évoquées, afin de trouver celle qui nous correspond le plus. Personnellement, j’ai vite compris que la marche afghane n’était pas pour moi, étant donné que je m’exclame comme une enfant devant chaque champignon que je vois. Pas très pratique pour se concentrer sur sa respiration.

J’ai particulièrement aimé le fait que ce livre ne se concentre pas uniquement sur la marche en tant que telle, mais qu’il la replace également dans un contexte historique, très large. On parle donc d’Aristote, le fameux péripatéticien, mais aussi des pèlerinages qui peuvent avoir un but spirituel ou religieux, ou encore des walk talk, marches thérapeutiques. Et ce n’est pas sans oublier les marches qui permettent de se faire entendre avec, par exemple, les manifestations, qui ont bien souvent un but politique, ou encore la marche à travers les Arts.

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Marcher pour se (re)trouver se base surtout sur l’expérience de l’autrice, sur son attrait à la marche, et elle va donner des conseils sur ce qui a marché pour elle, tout en nous laissant la porte ouverte afin que l’on trouve ce qui nous correspond personnellement. Elle ne donne pas de leçons, mais des pistes, et se repose elle-même sur un grand nombre d’ouvrages.

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Le livre est facile à lire, il y a beaucoup d’illustrations, des citations, d’encadrés, ce qui fait que l’on ne se retrouve pas devant un pavé ardu à lire. A la fin de l’ouvrage, on retrouve également un carnet pratique avec tous les essentiels. Des conseils sur l’habillement, ce qu’il faut emporter dans notre sac, où aller se promener… tout ce qui peut éviter qu’une promenade se finisse mal ou avec une blessure.

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Bien qu’il soit intéressant, ce n’est pas un livre magique qui vous fera sauter dans vos chaussures et marcher à peine la dernière ligne lue. Mais il peut tout de même intéresser les personnes qui pratiquent déjà la marche plus ou moins régulièrement ou ceux qui ont encore un peu peur de franchir le cap.

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Et vous, est-ce que vous marchez ?

A très vite pour un prochain article !
Brybry’

Farandole de lectures [1]

Bonjour à tous !
Pour cet article, je change un peu de ce que je fais habituellement ! Et oui, j’avoue tout… j’ai du retard sur un certain nombre de chronique (oups !), et à force de retarder le moment, j’oublie ce que je voulais dire dans les détails. Alors, afin de ne pas laisser plonger ces lectures dans l’oubli plus longtemps, je vous en présente trois d’un coup, dans un format plus court que mes articles habituels !
N’hésitez pas à me dire en commentaire si ce genre de format vous plait ou non ! Bonne lecture à vous !

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On se reverra, Lisa Jewell,
Disponible ici.

Résumé : Les souvenirs, c’est comme les cadavres : tôt ou tard, ils refont surface.
Qui est cet homme assis sur la plage en pleine tempête, sur le lieu d’un crime commis vingt ans plus tôt ?
Il n’a pas de nom, pas de manteau, et a perdu la mémoire.
Alice prend l’inconnu sous son aile et décide de l’héberger, sans savoir qu’il va bouleverser sa vie à jamais.
Au même moment, dans la banlieue de Londres, Lily attend en vain le retour de l’homme qu’elle vient d’épouser et dont la police tarde à signaler la disparition.
Parviendra-t-elle à retrouver celui pour qui elle a tout abandonné ?

Ce n’est pas le genre de livre que je lis souvent… puisque je suis du genre à ne faire que des hypothèses incorrectes ! Au moins, avec moi, le suspense marche jusqu’à la dernière seconde. Pour ma défense, je dirai tout de même que l’auteur arrive à bien brouiller les pistes (je n’ai pas réussi à cerner dès le début combien de personnages étaient mentionnés dans le résumé, trois ? Quatre ? rien qu’avec ça, croyez-moi, on peut partir totalement en sens inverse !). Les chapitres sont courts, bien rythmés et l’alternance des points de vue, entre Lily, Alice, ou encore les flashback nous permette de tout comprendre, mais non sans rajouter une nouvelle couche de mystère au passage ! Ca m’a donc pousser à tourner les pages sans jamais m’ennuyer ni vouloir m’arrêter. L’ambiance est bien maîtrisée, passant de la légèreté, aux doutes, retournant aux espoirs puis finit par devenir lugubre. J’ai trouvé que l’histoire était bien fouillée et ne s’arrêtait pas aux premières facilités, mais approfondissait réellement le sujet.
Une bonne lecture pour moi, mais peut-être que certains aspects seront plus flagrants pour les amateurs du genre.

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La destinée, la Mort et moi, comment j’ai conjuré le sort, S.G. Browne
Disponible ici

Résumé : Règle n° 1 : ne jamais s’impliquer.
Incarnant le Sort depuis des millénaires, Sergio est en charge de l’attribution des malheurs qui frappent la plupart du genre humain, les 83 % qui font toujours tout foirer. Il doit en plus subir l’insupportable bonne humeur de Destinée qui, elle, guide les grands hommes vers la consécration d’un prix Nobel ou d’un oscar. Et pour finir d’aggraver les choses, il vient de tomber amoureux de sa voisine, une jeune mortelle promise à un avenir glorieux. Entamer une relation avec elle viole la règle n° 1 et une bonne dizaine d’autres, ce qui pourrait bien pousser son supérieur hiérarchique Jerry – Dieu tout-puissant – à lui infliger un sort pire que la mort…

Ah, qu’est-ce que j’avais souri à ma lecture… j’ai adoré le style de l’auteur, très sarcastique, avec de sacrées doses d’humour, même si suivre le Sort, donc pas la personne la plus heureuse du monde, n’est pas une chose des plus réjouissantes. Entre jeux de mots, petites blagues qui deviennent presque des private joke entre le lecteur et le narrateur, il y a de quoi bien s’amuser. J’ai été assez surprise par l’intrigue et on ne peut pas dire que je me sois ennuyée, même si j’ai parfois trouvé le temps assez long à ma lecture.
Bémol cependant, pour la description de certaines scènes de sexe, qui étaient évoquées de manière très crue, puisque la plume ne s’embarrasse d’aucune subtilité. Pareil pour le rôle de certains personnages féminins, qui n’était pas pour me plaire surtout avec les réflexions qui y étaient accolées (un grand nombre de femmes m’avaient l’air d’être présentes surtout pour être évoquées de manière sexuelle, alors quand il s’agit d’adolescentes… non, juste non). Cette lecture m’a bien distraite, mais ce dernier point m’a vraiment refroidie, dommage.

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Toutes ces choses qu’on n’a jamais faites, Kristan Higgins
Disponible ici

Résumé : Avant de mourir, la jeune Emerson, obèse morbide gravement malade, remet une enveloppe à ses deux meilleures amies Marley et Georgia, 34 ans, et leur fait promettre de suivre ses instructions. Elles découvrent qu’il s’agit de « La liste de choses à faire quand elles seraient minces », rédigée à 18 ans au camp d’amaigrissement où elles avaient formé leur trio.
Décidées à relever le défi lancé par leur défunte amie, les deux jeunes femmes vont devoir apprendre à surmonter leurs peurs et leurs complexes. Marley parviendra-t-elle à se délester de la culpabilité qui la ronge depuis la mort de sa sœur jumelle ? Georgia saura-t-elle trouver les ressources pour s’opposer à sa famille qui ne cesse de la rabaisser ? Munies de leur to-do list, elles sont prêtes à tout oser !

Ce roman m’a surpris, mais de manière positive ! Il m’a semblé ne s’appuyer sur aucun stéréotype, tel qu’on peut entendre, mais uniquement sur des vérités bien différentes. Je suis passée par un certain nombre d’émotions différentes à ma lecture, de la joie à la tristesse, surtout en lisant les passages du journal d’Emerson…
On voit dans ce roman des raisons différentes qui peuvent conduire à l’obésité (traumatismes passés, l’intérêt plus que malsains des feeders…) mais aussi que tout ne se résout pas à l’aide de régime et de sport, au travers de personnages attachants et qui sont prêts à se battre pour aller au bout de leur liste. Il n’y avait aucun apitoiement ni aucune justification de la maladie, les personnages eux-mêmes reconnaissant les dangers qu’ils encourent à être en surpoids, et cherchant à s’en sortir. Bien que je ne sois pas touchée par celle-ci et que ma parole vaut donc ce qu’elle vaut, j’ai tout de même eu l’impression que l’autrice en parlait avec justesse, et cela m’a permis d’avoir un point de vue moins lointain sur tout ce que l’obésité implique.

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C’est fini pour cette première farandole ! Si ce format vous plait, il y en aura d’autres, parce que oui… d’autres livres se sont retrouvés un peu oublié, et pas chroniqués du tout… Un jour, je travaillerai sur ma procrastination ! Demain, peut-être…

A très vite,
Brybry’

Les aigles de Vishan Lour – Pierre Bottero

J’ai eu la chance de recevoir ce livre via une masse critique privilégiée sur Babelio. Je dois avouer que ma lecture a été empreinte d’une certaine émotion, pouvoir lire des mots inédits de cet auteur, dont j’avais découvert quelques œuvres dans ma jeunesse, ne pouvait que me plaire.

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Disponible ici, ici et .

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Quelques mots sur l’auteur :
Pierre Bottero est peut-être l’Auteur français auquel on pense lorsqu’on parle de fantasy dans la littérature jeunesse. Né en 1964, il se plonge dans les univers de grands maîtres du genre, comme J.R.R Tolkien, Philip Jose Farmer ou Marion Zimmer Bradley. D’abord instituteur, il va se consacrer à l’écriture dès 2005. Il décédera malheureusement d’un accident quatre ans plus tard.
Parmi ses œuvres les plus connues, on compte notamment la trilogie de La Quête d’Ewilan, celle du Pacte des Marchombres ou encore les Âmes Croisées.

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Le livre est posé sur des feuilles mortes, en haut à droite se trouvent une bougie allumée ainsi qu'une pomme de pin.

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Résumé : Plume est une Ombre, une jeune acrobate qui sillonne les rues d’AnÓcour et vole pour survivre. Estéblan est un écuyer de la confrérie des Chevaliers du Vent. Il accompagne la délégation qui sera reçue au palais et doit nouer des relations avec le nouveau roi qui s’est emparé du pouvoir sans être adoubé par la confrérie.
Quand la délégation est assassinée, Estéblan décide de venger ses compagnons. Mais il croise Plume. Plume qui le dissuade d’intervenir… dans l’immédiat.

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Cette nouvelle est très courte, on peut que le résumé contient toutes les grandes lignes de l’histoire, mais cela ne pose aucun problème pour savourer chacune des pages. Je recommanderai d’ailleurs de prendre son temps à la lecture, de ne pas enchaîner les pages à toute vitesse pour découvrir un travail inédit de Pierre Bottero avec avidité. Vraiment, savourez-le même si vous pourrez le relire à l’infini.

L’intrigue est extrêmement prometteuse, et j’ai détesté m’approcher de la fin au fur et à mesure de ma lecture, sachant que beaucoup de choses allaient, forcément, rester en suspens. Dans un sens, elle se suffit à elle même, mais je n’aurais pas dit non à deux cents ou trois cents pages de plus. Pourtant, j’ai, sans aucun mal, réussi à voir un univers s’esquisser dans mon esprit, avec ses enjeux, son histoire, ses créatures fantastiques. Tout est prometteur et ne peut que nous laisser rêveur à la fin de notre lecture.

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Les personnages, que ce soit Plume ou Estléban, les deux héros de cette histoire sont attachants, plaisants, bien que différents. On les découvre rapidement, le livre étant assez court, impossible de faire attendre le lecteur pour introduire et développer les personnages. Au bout de quelques pages à leurs côtés, on connaît quelques bribes de leurs passés, leur présent et leurs espoirs futurs. Plusieurs personnages secondaires sont également présentés, et bien qu’ils ne fassent que quelques apparitions, on apprend rapidement quel est leur caractère et le rôle qu’ils jouent dans l’histoire.
C’est la voleuse qui ouvre l’histoire, nous plongeant directement dans l’action et dans une situation assez risquée, puis l’on découvre l’écuyer à la fois fier et timide parmi les Chevalier du Vent qu’il espère rejoindre un jour. Leur chemin va finir par se croiser et nos deux héros, courageux, battants, avec des principes qui diffèrent toutefois, n’auront pas d’autre choix que de s’associer afin de s’en sortir.

La plume, et bien… c’est celle de Bottero ! Elle nous emmène rapidement, développe joliment les choses, sans être trop pompeuse ni trop simpliste. Je retrouve sans peine le style qui m’avait tant permis de rêver quand j’étais plus jeune.
On se laisse simplement emporter, on s’amuse à relire certaines phrases qui captent notre attention… A peine terminé, je sais déjà que je relirai ce livre, avec autant de plaisir que la première fois.

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J’ai un peu eu peur de ne pas tout comprendre et d’être perdue, avec les noms de lieu ou de personnages, aimant et devant prendre tout le temps du monde afin de tout bien retenir. Cela n’a pas été le cas ici, je n’ai pas eu de mal à retenir les différents personnages. Même si l’intrigue avance vite, l’auteur prend tout de même la peine de bien en poser les bases et il n’y a alors aucun problème pour le lecteur, même si celui-ci n’est pas familiarisé avec l’univers de Gwendalavir (pour preuve, même ma mère l’a lu!).

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Cette chronique est peut-être plus courte que celles que je fais habituellement, mais impossible d’en dire plus sur ce livre sans trop en révéler ! Je dois avouer avoir été émue à ma lecture, surtout après avoir lu la préface écrite par Claudine Bottero, l’épouse de l’auteur. En tout cas, je n’ai qu’une envie après cette lecture : me replonger dans toute l’oeuvre de Bottero et la (re)découvrir.

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Les aigles de Vishan Lour
Editions Rageot
Publication 2019
90 pages

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Une très belle journée à tous et à bientôt pour un nouvel article !
Brybry’

The Wicked Deep – Shea Ernshaw

Plonger dans les profondeurs de la mer bordant le village maudit de Sparrow n’est pas forcément ce qu’il y a de plus plaisant à faire. Mais qui peut prétendre résister à la malédiction des Swan Sisters ?

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Disponible ici, ici ou

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Quelques mots sur l’autrice :
Shea Ernshaw est une autrice américaine, vivant dans l’Oregon. Elle a toujours su qu’elle voulait faire de l’écriture son métier, bien qu’elle ait également d’autres passions, comme le yoga ou les pâtisseries vegan. The Wicked Deep est son premier roman. Best seller du New York Times, il a été traduit en onze langues et sera adapté sur Netflix.
Son site internet

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Résumé : C’est une histoire de vengeance…
Il y a près de deux siècles, Marguerite, Aurora et Hazel Swan, trois jeunes femmes belles, libres et indépendantes, furent accusées de sorcellerie par les habitants de la ville de Sparrow. Des pierres accrochées aux chevilles, les trois sœurs furent noyées. Exécutées. Depuis ce jour, chaque année au mois de juin, les sœurs Swan sortent des eaux de la baie pour choisir trois jeunes filles, trois hôtes. Dans le corps de ces adolescentes, Marguerite, Aurora et Hazel reviennent se venger. Et cette année encore, Penny le sait, alors que les touristes afflueront, on retrouvera des cadavres de jeunes hommes sur la plage… Car cette malédiction, rien ne semble pouvoir l’arrêter.

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Petite nouveauté pour cet article (ça ne sera pas systématique), je vous propose d’écouter une chanson, qui colle parfaitement au livre à mes yeux. Un petit clic sur la note si ça vous tente !

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Ma lecture a été plaisante, même si, au début, j’ai crains de ne pas m’attacher au personnage principal. En effet, Penny, une adolescente un peu exclue, qui vit loin des autres et qui est la seule à aimer l’atmosphère lugubre de l’île. J’ai eu peur que ce soit le style de personnage trop dark, que je n’apprécie pas particulièrement. Mais, on apprend à mieux à la connaître, et elle devient de plus en plus appréciable. Débrouillarde, elle n’a certes pas eu un passé tranquille, mais elle fait énormément d’efforts pour s’en sortir. J’ai trouvé que l’on découvrait suffisamment en profondeur chacun des personnages, et qu’on a de quoi s’attacher, ou non, à eux.
Je dois cependant avouer que j’ai eu l’impression d’avoir quelques clichés devant moi par moment, ne serait-ce qu’avec Bo, fraîchement arrivé sur l’île, qui est heureusement là pour sortir l’héroïne d’un mauvais pas. Sans dire non plus que les personnages sont manichéens, il y en a tout de même qui sont simplement méchants et moins nuancés que les autres.

Quant aux Swan Sisters et leur malédiction, j’aurais tout à fait pu lire un livre entier consacré à leur vie. Grâce à une alternance dans les chapitres, avec un certain nombre de flash-back permettant de tout connaître en détail, on apprend à les connaître lorsqu’elles étaient bien vivantes et travaillaient en parfumerie. Joies, peines, amourettes, Amour, tout est passé en revu et nous permet d’en savoir plus sur ces trois sœurs au caractère bien différent. J’ai adoré lire ces flash-back qui sont un vrai point fort du livre à mes yeux.
On voit aussi comment la ville de Sparrow a vécu les événements, tant à l’époque qu’actuellement. Et force est de constater que certains ont toujours les mêmes pensées que deux siècles auparavant…

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J’ai beaucoup aimé ma lecture de The Wicked Deep, cependant, j’y ai trouvé quelques défauts et, notamment un que j’ai trouvé trop… trop.
Le point qui m’a semblé le plus étrange est toute la notoriété du village de Sparrow autour des Swan Sisters. Qu’une légende attire des touristes, soit. Mais ici, c’est autre chose. En effet, tous les ans, un festival a lieu en l’honneur des trois soeurs, et les visiteurs affluent en grand nombre. Cependant, chaque année, obligatoirement, il y a des morts par noyade, et ces meurtres (puisqu’ils en sont), sont perpétrés par les soeurs. Malgré tout, les gens viennent sans trop s’en soucier, alors qu’ils sont tous au courant que ce ne sont pas des accidents et que c’est le fruit d’une malédiction. Quels parents voudraient y emmener leurs enfants, au risque de les retrouver morts ? Et pourquoi, chaque année, les autochtones restent, alors qu’il y a deux cents ans que des jeunes hommes sont tués et qu’il pourrait s’agir de leur fils ? Sachant en plus que les jeunes femmes vont dans l’eau lors d’une soirée afin de, peut-être, se faire posséder…
Dans ma tête, c’est incompréhensible que des personnes viennent à Sparrow dans ces circonstances, même si un personnage parle d’un tourisme morbide (certains cherchent tout de même à prendre des photos des cadavres…), je n’arrive pas à trouver cela justifiable.

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Attention, ce paragraphe va contenir du spoil ! Si vous voulez l’éviter, rendez-vous à l’astérisque suivante !

Une interrogation persiste tout de même à mes yeux : les trois soeurs ont été condamnées alors qu’elles étaient innocentes et n’avaient jamais été des sorcières, à proprement parler. Alors, je me demande qu’elles sont les origines de la Malédiction ? Pourquoi ces trois femmes ordinaires qui n’ont pas pratiqué la sorcellerie se retrouvent vraiment en position de sorcière ? Je ne sais plus si cela a été évoqué par l’autrice dans le livre, mais, après coup, cela me semble étrange.
Un autre point qui m’a dérangé est la résolution de l’histoire, à la toute fin du roman. Je trouve que la malédiction a été levée un peu trop facilement. Il a suffit qu’une seule des sœurs revive la noyade pour que les deux autres soient également libérée de la malédiction, alors que je pensais qu’il fallait que les trois subissent la même chose. Et étant donné que Hazel revient sous forme de fantôme… est-ce qu’on peut vraiment dire que c’est fini ?

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J’ai plutôt été séduite par la plume, et j’ai trouvé qu’elle s’améliorait même au fil des pages, passant d’un style relativement simples à un plus recherché et poussé. J’ai trouvé que l’ambiance était bien posée, étrange et presque humide. On ne peut pas dire que c’est une lecture donnant particulièrement chaud.
Je trouve que l’autrice a répondu à toutes les questions que l’on pouvait se poser au fil de la lecture (pourquoi les Swan Sisters ont été condamnées, qu’est-il arrivé au frère de Bo, au père de Penny…) ce qui est tant mieux, car je suis toujours déçue lorsqu’un point important est éclipsé de l’histoire. Ce n’est pas le cas ici, et je pense même qu’on peut dire que les personnages n’ont pas de secret pour nous… surtout si on arrive à lire entre les lignes et à trouver de qui les soeurs ont pris possession.

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The Wicked Deep est une histoire intrigante, qui nous emmène loin. Malgré les défauts que je lui ai trouvé, avec certains choix au niveau de l’intrigue, cette lecture m’a tout de même plu et suffisamment distraite pour que je ne la regrette pas, sans oublier que le livre est particulièrement beau et que c’est toujours un bon point de plus.

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The Wicked Deep
Edition Rageot
Publication 2019
384 pages

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Avez-vous lu The Wicked Deep ? Je serai curieuse de savoir si vous êtes d’accord avec les points que j’ai développés !

A bientôt pour un autre article !
Brybry’