La nuit de Notre-Dame

Qui a oublié que Notre-Dame a brûlé ? C’est un lieu que j’aime énormément, et je l’ai regardée en proie aux flammes, avec effroi. Obnubilée par ce spectacle ravageur, à l’affût de nouvelles, je dois reconnaître que, sur le moment, je n’ai assez pas pris conscience du travail de ceux qui œuvraient à la sauver. A tort.

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La nuit de Notre-Dame est un témoignage de plusieurs pompiers, de rangs et de casernes différentes. Quelles sont les opérations sur lesquelles on les appelle, comment les casernes sont réparties dans la Capitale, où est-ce qu’elles interviennent… On apprend à connaître plusieurs de ces pompiers, au travers de leur parcours, quelques éléments sur leur vie familiale, ainsi que la naissance et la raison de leur vocation. Leur quotidien, leurs entraînements sont également développés.

C’est une immersion avec pudeur dans la vie de ces hommes et ces femmes. Il y a énormément de solidarité, de fraternité, un véritable esprit d’équipe avec une confiance absolue, et il est très plaisant de lire sur ces liens. A chaque aspect de l’intervention à Notre-Dame, on sent la cohésion, le groupe, ce qui les rend si fort.

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Ma lecture s’est faite avec les images de Notre-Dame en flammes en tête et avoir un témoignage direct fait voir les faits sous un autre aspect. Tout est raconté de manière chronologique, avec plusieurs points de vue, et on découvre avec étonnement que le premier appel fait aux pompiers pour déclarer l’incendie est arrivé bien tardivement. Ah, si on pouvait retourner en arrière… Cela m’a fait prendre conscience de beaucoup de choses que je n’avais pas vu le soir même, des lieux de la Cathédrales qui n’étaient pas forcément montrés à la télévision le soir de l’incendie. Je me souviens de mon horreur en voyant la flèche tomber, et j’ai découvert avec encore plus d’effroi que des pompiers se trouvaient en dessous au même moment. Cette façon de redécouvrir les événements de l’intérieur est bien différent et nous apprend beaucoup de choses que les vidéos, les photographies, n’ont pas pu nous raconter.

La lecture de ce livre se fait facilement. Les passages sont courts, vont d’un point de vue à l’autre et, bien qu’il y ait plusieurs termes techniques, ceux-ci sont toujours expliqués rapidement.

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Je dois dire que je suis bien heureuse de lire ce livre bien après les faits, en connaissant le dénouement de cette nuit.
L’atmosphère est assez anxiogène. Les dangers qu’encours les pompiers sont multiples, peuvent survenir à tout moment, les chutes de pierres sont nombreuses et la stabilité du bâtiment est plus qu’incertaine. Les fragilités de la cathédrale sont évoquées et à plusieurs reprises, il est dit que celle-ci est perdue. Entre le risque d’effondrement, celui qu’un camion apprêté se renverse dessus, la difficulté de combattre les flammes… Les descriptions sensorielles de chacun font prendre conscience de tout ce qu’on n’a pas pu voir, et du miracle que la cathédrale se tienne toujours debout. Miracle aussi, que les vitraux n’aient pas été touchés, que certaines statues se soient trouvées ailleurs, afin d’être restaurées, et que les trésors aient pu être évacués et protégés et surtout, qu’il n’y ait eu aucune victime.

En plus d’en apprendre plus sur les faits en eux-mêmes, j’ai également beaucoup appris sur la vie des pompiers. Leurs organisation, leur routine, leur hiérarchie. Comment ils communiquent entre eux, comment ils apprennent à gérer leurs émotions sur le terrain, et, plus tristement, comment ils font face à la perte de leurs camarades. Pour les opérations comme celle sur Notre-Dame, comment ils s’organisent pour gérer les politiciens, les médias, les civils venus observer le brasier. J’ai également appris certaines facettes du métier que j’ignorais totalement, par exemple avec le pompier dessinateur qui croque ce qu’il voit afin de renseigner les autres sur l’avancée du feu.

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Mon seul regret sur ce livre sera qu’il se conclut sur les propos du Président de la République, et j’aurais préféré que cela se fasse avec la parole des pompiers. Ce détail mis à part, ce fut une lecture qui m’a énormément plu, et qui a été pleine d’émotions. J’ai beaucoup appris et mon respect pour les pompiers s’est encore trouvé grandi.

La nuit de Notre Dame
Editions Grasset
Publication 2019
234 pages

A très vite pour un nouvel article !
Brybry’

Certaines n’avaient jamais vu la mer – Julie Otsuka

Lecture d’un genre inédit, intrigant. Cette fois-ci, ce n’est pas au Japon que se déroule le récit, mais au-delà de l’océan. Certaines n’avaient jamais vu la mer, nous permet de plonger dans la vie de femmes japonaises qui ont, pour des raisons variées, quitté leur terre natale pour les Etats-Unis d’Amérique.

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Disponible ici et

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Quelques mots sur l’autrice :
Julia Otsuka est une autrice américaine, d’origine japonaise, née en 1962 en Californie. Ses études l’ont tout d’abord dirigée vers la peinture, mais la pression et la rigidité qui émanent de son apprentissage l’écœurent et la privent de son inspiration.
Elle se tourne vers l’écriture à l’âge de trente ans, avec son roman Quand l’empereur était un dieu qui a connu un rapide succès.
Son site internet

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Résumé : L’écriture de Julie Otsuka est puissante, poétique, incantatoire. Les voix sont nombreuses et passionnées. La musique sublime, entêtante et douloureuse. Les visages, les voix, les images, les vies que l’auteur décrit sont ceux de ces Japonaises qui ont quitté leur pays au début du XXe siècle pour épouser aux Etats-Unis un homme qu’elles n’ont pas choisi.
C’est après une éprouvante traversée de l’océan Pacifique qu’elles recontrent pour la première fois à San Francisco leur futur mari. Celui pour lequel elles ont tout abandonné. Celui dont elles ont tant rêvé. Celui qui va tant les décevoir.
A la façon d’un choeur antique, leurs voix s’élèvent et racontent leurs misérables vies d’exilées … leur nuit de noces, souvent brutale, leurs rudes journées de travail dans les champs, leurs combats pour apprivoiser une langue inconnue, la naissance de leurs enfants, l’humiliation des Blancs, le rejet par leur progéniture de leur patrimoine et de leur histoire … Une véritable clameur jusqu’au silence de la guerre. Et l’oubli…

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Eprouvant. Douloureux, nostalgique. Espoirs, nouveautés, découvertes. Déceptions. Racisme. Résilience, force. Ce n’est pas un récit, mais des dizaines, des centaines peut-être qui s’entremêlent dans ce roman. Pas d’héroïne mise en avant, mais un flot de femmes, certaines nommées, d’autres non. Impossible, donc, de s’attacher à l’une d’entre elles en particulier, mais plus difficile encore : ne compatir au sort d’aucune.
Certaines n’avaient jamais vu la mer, raconte des histoires dans l’Histoire. Rien n’est vraiment romancé et on se retrouve devant une succession de phrases courtes, chacune concernant une femme différente, mais dans la même situation. Contradictions, accords. Il y a celles qui ont aimé leurs époux, celles qui l’ont aimé puis détesté, celles qui ne l’ont jamais aimé.

Ce roman se déroule au début du vingtième siècle, et toute la vie des japonaises émigrant aux Etats-Unis est mise en avant. De leur voyage en bateau, quand elles quittent tout ce qu’elles connaissent, elles découvrent ensuite leurs époux, leur nouveau travail, en tant que bonne à tout faire, d’agricultrices ou de prostituées. On voit la communauté s’organise, mais aussi leurs rapports aux autres, les blancs, les patrons, et les autres immigrés, les noirs, les chinois. Puis vient la deuxième guerre mondiale, et avec elle, la crainte féroce des japonais. Alors on les envoie ailleurs, loin de tout, dans des camps (et oui, comment aujourd’hui, il y en avait déjà à l’époque dans ce pays…).

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Si au début de l’ouvrage, il est bien précisé que Certaines n’avaient jamais vu la mer est un ouvrage de fiction, l’autrice a bien fait des recherches avant de se mettre à écrire. Ce qu’on voit, ce qu’on apprend sur toutes ces femmes est bien ancré dans la réalité et dépasse le cadre de l’imagination. Tout est plausible et les pensées, ressentis et vécus de ces japonaises ont probablement été le quotidien de dizaines d’entre elles.

De part sa forme, j’ai trouvé cette lecture particulière. J’ai presque eu l’impression d’être devant un enchevêtrent de phrases, presque comme si j’avais accès aux pensées, souvenirs de plusieurs femmes en même temps. Il est donc facile de s’y perdre, surtout lorsqu’on lit rapidement ou sur une longue période. En certains points, cette lecture est difficile. Pour chaque étape de la vie de ses femmes, nous sommes mis face à un lot de difficultés, de souffrances, regrets et parfois même, nous nous retrouvons face à la mort. Ce livre ne laisse pas indifférent et le dernier chapitre, avec son titre évocateurs, disparition, où la voix des japonaises s’est éteinte pour laisser place à celle des gens qui restent ancre définitivement le roman dans son atmosphère amère.

Certaines n’avaient jamais vu la mer
Editions Phebus
Publication 2012
139 pages

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La prochaine fois, je vous retrouverai avec un article tout en images !
Bonne lecture à tous,
Brybry’

Les fleurs du lac – Christelle Angano

Un constat glaçant pour parler de ce livre : « dans le monde, une fillette est excisée toutes les dix secondes ». C’est de cette tradition effroyable dont nous parle Christelle Angano, dans ce court, mais marquant récit.

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Disponible ici et ici.

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Quelques mots sur l’autrice :
Christelle Angano est une autrice française née en 1967, qui a vécu une partie de son enfance en Ethiopie. Professeure de français, elle a écrit plusieurs livres, par exemple De vous à Moi, sorti en 2015.
Son site internet

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Résumé : Mebrat est éthiopienne. Dans son village, on pratique encore l’excision. C’est contre cette tradition que la jeune femme, moderne et courageuse, va décider de s’élever en refusant de confier sa cadette à l’exciseuse. Comment réagira le village ?

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Sujet délicat que celui de l’excision. Il s’agit de parler d’une tradition barbare qui a toujours, hélas, lieu de nos jours, et je dois avouer que, mal à l’aise, j’appréhendais un peu cette lecture.
Ce thème est ici abordé avec justesse, sans que l’autrice ne tombe dans l’excès ou ne se perde dans la moindre voyeurisme. Certaines scènes, bien entendu, sont douloureuses à lire. Que ce soit quand les femmes évoquent leur souffrance physique, tant pendant l’excision, la souffrance morale également, puisqu’il faut subir cette coutume, mais aussi la faire subir si l’on accouche d’une petite fille, mais surtout pour une scène d’excision, pour une jeune enfant, qui est décrite par l’autrice. Les risques (maladies, décès) liés à l’excision ainsi que les douleurs qui perdurent tout au long des années (quotidiennement, pendant les rapports sexuels…) sont eux aussi développés. Impossible de ne pas prendre parfaitement conscience de la barbarie de l’acte.

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Christelle Angano ne nous fait pas prendre un parti via sa plume, elle va simplement exposer des réalités. L’excision est ancrée dans une tradition, qui rend les choses difficiles quand on ne souhaite pas la faire subir à ses enfants et même si la coutume s’essouffle, ses des voix s’élèvent, elles sont facilement étouffées par les regards, les rumeurs qui se répandent si l’on refuse l’excision et la mauvaise réputation qui va avec.
Les fleurs du lac, nous permet d’avoir un panel des différents points de vue qui s’affrontent quant à cette pratique. Ceux qui pensent que la coutume doit perdurer, ceux qui pensent le contraire, et celles et ceux qui sont d’accord, mais qui n’osent pas aller à son encontre, ou encore les femmes qui en souffrent mais pensent que leurs filles doivent également passer par là. Le point de vue de l’exciseuse en personne est également développé.
Ce roman nous permet de voir pourquoi cette pratique existe, perdure, malgré les voix qui s’élèvent contre elle, et à quel point il est difficile de s’en défaire.

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Malgré la dureté du roman, il est tout de même porteur d’un message d’espoir, notamment au travers du personnage de Mebrat, victime de l’excision, qui va décider d’aller contre cette pratique avec sa fille cadette (ce qui est malheureusement trop tard pour son aîné). Elle va élever la voix pour changer les mœurs, et apportera des modifications au fur et à mesure que les oreilles se feront plus attentives.
Et l’espoir devient plus fort avec les chirurgies réparatrices, qui n’effacent pas la tragique expérience de ces femmes, mais qui leur permet de ne plus en souffrir au quotidien.

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Je ne peux pas parler de « belle » lecture pour cet ouvrage, cependant, je dirais qu’il est juste, et même nécessaire. L’autrice a visiblement fait des recherches et sait de quoi elle parle. Un récit touchant que tout le monde devrait lire.

Les fleurs du lac
Editions de la rémanence
Publication 2019
128 pages

A très vite pour une nouvelle lecture !
Brybry’

Le géant enfoui – Kazuo Ishiguro

Une lecture étrange, presque éthérée. J’ai la sensation de l’avoir aimée, bien que j’ai éprouvé des sentiments confus au fil des pages. Mais elle était entraînante, hypnotisante, telle la brume qui recouvre tout dans cette Angleterre lointaine.

Disponible, ici, ici ou ici !

Quelques mots sur l’auteur :
Kazuo Ishiguro est né en 1954 à Nagasaki. A l’âge de six ans, il part vivre en Angleterre avec toute sa famille. C’est en 1982 qu’il commence à se consacrer à l’écriture, après des études de littérature et de philosophie.
Ses histoires prennent place en Europe, en particulier en Angleterre, exception faite de ses deux premiers romans, se déroulant au Japon. Deux de ses livres, Les vestiges du jour ainsi que Auprès de moi toujours, ont été adaptés en film.
Il obtient le Prix Nobel de Littérature en 2017.

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Résumé : Axl et Beatrice vivent un amour constant qui a résisté aux années. Ils décident de faire un voyage pour rejoindre leur fils, parti depuis longtemps. De nombreux obstacles se dressent sur leur chemin, parfois étranges, parfois terrifiants, et mettent leur amour à l’épreuve. Leur parcours est une métaphore de nos vies à tous.

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Le résumé présent en dit à la fois peu et beaucoup de l’intrigue. Toute l’épopée qui s’ensuit y est à peine effleurée alors que tous les éléments importants sont évoqués.On va donc découvrir créatures fantastiques, êtres de légende, paysages oniriques, avec tout ce qui s’y cache. On ne sait jamais à quoi s’attendre, ce qui va suivre. Tout peut paraître décousu tant il y a d’éléments différents et, pourtant, tout fait sens. Seulement, impossible de dire que les retournements de situations sont tous plaisants.

Ce qui m’a le plus marqué dans Le géant enfoui était l’ambiance, parfois plus onirique encore que l’histoire elle-même. Il y a beaucoup de douceur qui s’en dégage, notamment à travers les interactions d’Axl et Beatrice. Mais certains passages étaient sombres et, je peux le dire, malsains. Plusieurs rencontres étaient dérangeantes, effrayantes et leur dénouement l’était encore plus. Cette atmosphère est notamment liée à la présence de la brume qui recouvre tout et j’avais juste envie de souffler dessus afin que tous les mystères de ce roman soient levés.
Tout le roman donne une impression de continuité, que renforce l’ambiance. Malgré les péripéties inattendues, les détours, Axl et Beatrice nous emmènent avec eux, sans s’éloigner du but de leur quête.

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Je viens de le mentionner, notre couple de héros forme le duo principal de ce roman. Tout comme l’ambiance, je les au trouvé parfois mignons, doux, tendres, parfois étranges, dérangeants, suspicieux. On ne sait pas trop quoi penser de leur relation, puisqu’il est impossible de la connaître en profondeur. Qui est en tort sur certains points, quel est réellement leur passé ? On craint pour leur couple, d’autant plus qu’ils sont âgés et vulnérables. Leur attachement l’un à l’autre est beau à voir, mais qui peut être sûr qu’il perdurera une fois la brume levée ?
Bien entendu, d’autres personnages croisent leur chemin, et si certaines rencontrent paraissent étranges, elles finissent par apporter une nuance importante au récit (je pense notamment à la première rencontre avec un batelier). On verra donc des moines, un enfant hors du commun et d’autres plus ordinaires, des soldats, des ogres et la crainte de créatures mythiques.

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La plume de Kazuo Ishiguro est ici très douce, exception faite, tout de même, des moments d’actions. Il y a beaucoup de politesse, de retenue, de respect, surtout de la part d’Axl et Béatrice, ce qui semble rendre les combats moins violents. Cela apporte parfois un décalage, d’autres fois de la nuance.

Si aucune date précise n’est donnée, le récit se déroule tout de même après la mort du roi Arthur, quelques années (ou quelques dizaines) plus tard, puisqu’un de ses chevaliers est toujours vivant et en train d’accomplir une tâche confiée par son seigneur.

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Le géant enfoui aura été pour moi une très bonne lecture et j’avoue qu’il m’aura fallut quelques temps pour que la fin, étrange comme tout le roman, décante. Je ne savais pas ce que les lignes allaient me réserver et je suis allée de surprise en surprise. J’ai apprécier découvrir tout un folkore, même si toutes les créatures n’étaient pas des plus apaisantes. Je suis en tout cas ravie que chaque interrogation ait trouvé sa réponse avant la dernière page, mais je conçois que cette lecture puisse en dérouter certains.

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Le géant enfoui
Editions Folio
Publication 2016
459 pages

Avez vous déjà lu ce livre, ou un roman de Kazuo Ishiguro ?

A très vite pour un prochain article !
Brybry’

Si la lune éclaire nos pas – Nadia Hashimi

Un titre poétique, une couverture pleine de douceurs… Mais ce qui se cache parmi les pages de Si la lune éclaire nos pas contraste malheureusement avec l’idée qu’on pourrait se faire de ce roman. Il y a bien une certaine poésie, des moments empreints de tendresse et d’espoirs, mais la vie se déroulera avec son lot de malheurs pour une famille afghane…

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Disponible ici, ici ou encore .

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Quelques mots sur l’autrice :
Nadia Hashimi est une autrice et pédiatre d’origine afghane, née en 1977 à New York, après que ses parents aient quitté leur pays. Nadia Hasimi commence a travailler dans le secteur médical en 2008, et c’est en 2014 qu’elle publie son premier roman La perle et la coquille, qui devient très rapidement un best-seller international. Si la lune éclaire nos pas est son deuxième roman, et il a rencontré le même succès que le précédent, tout comme son troisième livre, Pourvu que la nuit s’achève.
Féministe et engagée envers la situation des femmes afghanes, Nadia Hashimi est également engagée en politique.
Son site internet

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Résumé :
Kaboul est entre les mains des talibans. Depuis que son mari, considéré comme un ennemi du régime, a été assassiné, Fereiba est livrée à elle-même. Si elle ne veut pas connaître le même sort que son mari, elle doit fuir. Après avoir vendu le peu qu’elle possède, elle entreprend un voyage périlleux avec ses trois enfants, dans l’espoir de trouver refuge chez sa sœur, à Londres. Comme des milliers d’autres, elle traverse l’Iran, la Turquie, la Grèce, l’Italie et la France. Hélas, les routes de l’exil sont semées d’embûches : que devra-t-elle sacrifier pour de meilleurs lendemains ?

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Si la lune éclaire nos pas est une lecture mélancolique, douloureuse. On suit dans un premier temps uniquement le personnage de Fereiba, dans son enfance et sa jeunesse. Si elle n’est pas des plus heureuses, puisque la jeune femme a perdu sa mère à la naissance et que sa belle-mère ne l’éduque pas avec la même considération que ses enfants à elle, Fereiba grandit sans manquer d’autre chose que de l’affection maternelle.
Les personnages sont tous diversifiés, de Fereiba à son grand-père, son père, le souvenir de sa mère ou encore sa belle mère, mais aussi ses enfants et les rencontres qu’ils feront. Ils sont tous très humains, avec une histoire qui leur est propre et ils ont tant leurs qualités que leurs défauts. Que ce soit les autres réfugiés, les familles qui les accueillent, les policiers qu’ils croisent, on peut comprendre la façon d’agir de chacun d’entre eux. Le fils aîné de Fereiba, Salim, sera mis au coeur de certains chapitres et porte un autre regard que sa mère sur la situation qui les entoure.

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J’ai trouvé à la fois plaisant et déplaisant de découvrir la culture afghane. Apprendre certaines coutumes et croyances a été vraiment intéressants, tout comme j’ai adoré découvrir des auteurs que je ne connaissais pas, et encore plus découvrir plusieurs récits et poèmes, qui m’ont beaucoup plu. Cependant, voir à quel rang est parfois relégué la femme, inférieure à son mari, n’a évidemment pas plu me plaire.

Si la lune éclaire nos pas m’a touché parce qu’il nous fait voir la vie des migrants, des réfugiés telle qu’elle est réellement, tout en s’inscrivant dans des faits réels. La guerre, l’occupation, l’arrivée des talibans chamboulent les populations et Fereiba, son époux et ses enfants vivent cela de plein fouet. Ils n’ont pas d’autre choix que de s’enfuir pour tenter de survivre, devenant ainsi, où qu’ils aillent des voyageurs clandestins.
On voit directement à travers leurs yeux les épreuves qui s’imposent à eux, leurs sentiments et très souvent, leur découragement. S’ils luttent pour rester ensemble et en vie, au fil des pages, l’autrice nous rappelle que tous les migrants n’ont pas cette chance et tous ne parviennent pas à la fin de leur voyage. Tout est dépeint de manière à ce que l’on comprenne leurs difficultés tant physiques que morales. Se faire à l’idée de dormir dehors, le regard des autres… Des petits détails auxquels ils ne pensaient pas avant viennent aussi à leur manquer et surtout, la peur est omniprésente : peur d’être séparés, d’être arrêtés, d’être renvoyés d’où ils viennent et laissés à un sort peu désirable.

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J’ai particulièrement été marquée par un point précis. En effet, Fereiba et sa famille vont traverser l’Europe pour se rendre jusqu’en Angleterre et on va donc les voir passer par des endroits que l’on connait tous, que certains ont peut-être même visité. Et Fereiba ainsi que sa famille vont aussi dans ces lieux, mais dans des circonstances bien différentes… J’avoue d’ailleurs qu’entendre parler de la jungle de Calais, que j’avais fini (honteusement) par oublier a donner une perspective nouvelle à ce roman. C’était presque comme si les éléments du livres se superposaient indirectement à ma vie (puisque j’avais juste entendu parler de la jungle, que je ne m’y étais jamais rendue). On oublie les choses dès qu’on n’en parle plus, pourtant la misère continue, mais dans une indifférence encore plus profonde…

Si la lune éclaire nos pas est une bonne lecture, même si elle n’est pas de celle qui nous met de bonne humeur. Elle nous permet tout de même d‘apprendre beaucoup de choses, tant sur la culture afghane, que sur la vie à Kaboul avant et après l’arrivée des talibans. Instructive, elle donne également un nouveau point de vue sur la vie des migrants, qui n’est pas filtrée par l’image que peuvent nous montrer les médias.

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Si la lune éclaire nos pas
Editions Milady
Publication 2016
512 pages

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Connaissez-vous Si la lune éclaire nos pas ? Avez-vous déjà lu un livre qui vous a touché humainement ?

A très bientôt pour un nouvel article !
Brybry’

Les jours meilleurs – Cecelia Ahern

Les vies de chacun peuvent sembler banales, ordinaires. Mais est-ce réellement le cas ? N’y a t’il pas un peu de fabuleux, d’hors du commun dans notre existence, peu importe que nous voulions croire l’inverse ? Parfois il suffit de l’arriver d’une personne extérieur à notre cercle de connaissances pour s’en rendre compte.

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Disponible ici et .

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Quelques mots sur l’autrice :
Cecelia Ahern est une autrice irlandaise née en 1981. Elle est diplômée en journalisme ainsi qu’en communication et alors qu’elle est à peine âgée de 21 ans, elle publie son premier roman, PS. I love you, qui devient un best-seller à sa sortie. Depuis, elle a écrit plus d’une dizaine de livres comme La vie est un arc-en-ciel ou Un cadeau du ciel. Elle a également été publiée dans plusieurs recueils de nouvelles.

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Résumé : À force de traquer le scoop et de dévoiler la vie privée des gens dans les colonnes de la presse à scandale, Kitty est dans l’impasse. Sa carrière de journaliste piétine, et ses frasques lui valent une réputation désastreuse. Tout s’effondre quand elle apprend que Constance, la femme qui lui a tout appris, vit ses derniers instants. Elle se rend à son chevet et lui demande quelle histoire elle a toujours rêvé d’écrire. Mais la réponse arrive trop tard, sous la forme d’une liste de cent noms, sans aucune explication. Bien décidée à percer le mystère, Kitty tente de comprendre ce qui relie entre eux ces inconnus. En allant à leur rencontre, elle va découvrir des aspects pour le moins inattendus de la vie de Constance et peut-être même trouver un sens à la sienne.

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Les jours meilleurs n’est très certainement pas un livre qui commence joyeusement, il suffit de lire le résumé pour s’en rendre compte. De même, pour les premiers chapitres, j’ai trouvé que le personnage principal, Kitty, était imprégnée de cette atmosphère, et je n’ai pas pu la trouver attachante. Imbue de sa personne, égoïste, ne voyant le négatif de ses actions que lorsque cela la concerne, elle ne réalise pas tout de suite le mal qu’elle fait. Heureusement, sa famille ou ses amis ne la confortent pas dans ses mauvais choix, et préfèrent la conseiller plutôt que la consoler et elle est bien souvent mise devant ses erreurs. Et, surtout, au fil des chapitres, Kitty évolue, se remet en question, se tourne plus vers les autres.

Et c’est une bien bonne chose, puisqu’avec une liste de cent noms, Kitty est obligée d’aller à la rencontre de parfaits inconnus. S’il sera impossible pour la journaliste de retrouver cette centaine de personnes, dont elle ne connait rien, elle parviendra tout de même à rencontrer six d’entre eux, au début, sans savoir pourquoi. Puis Kitty finira par apprendre à les connaître, écouter leur histoire, et même leur aider à tisser des liens.

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Les jours meilleurs est un livre qui n’est absolument pas prise de tête et qui se lit très rapidement. Il serait très bien adapté dans une comédie romantique. Si je n’ai pas eu de mal à suivre l’histoire, je dois avouer que parfois, j’ai un peu confondus les personnages. On en suit environ une quinzaine (Kitty, ses collègues, ses amis, les six personnes trouvées et leur entourage), donc il est facile d’en inverser certains et de se mélanger pour certains récits.

Je dirais que le point fort de ce livre est la découverte de l’histoire des individus sur la liste des cent. On a envie de savoir quels sont les points communs entre toutes ces personnes, ce qui les unit et on a également envie d’en connaître le plus possible. Toujours, leurs histoires sont touchantes, sans forcément être extraordinaires, incroyables, irréalisables pour le commun des mortels. Au contraire, elles pourraient arriver à tout le monde, même si elles amènent toujours leurs petit lot de surprise. Certaines histoires m’ont émues, d’autres m’ont fait sourire et quelques unes m’ont un peu plus laissée indifférente. On en découvre toujours plus à partir du moment ou Kitty gratte un peu la surface. Bien entendu, il y a très souvent des histoires d’amour qui se cachent derrière tout ça.

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Même si cette lecture m’a plu, puisqu’elle était très légère et que c’est ce dont j’avais envie cet été, je ne pense pas que je relirai ce livre. Il ne m’a pas réellement marquée et j’en avais déjà oublié une bonne partie en écrivant ma chronique. Mais il est bien distrayant et peut plaire aux amateurs de romance, pour les autres, il aura peut-être un petit air de déjà-vu et sans trop de surprise.
Je trouve également que le titre original « One Hundred Names » correspondait beaucoup mieux que la traduction et j’aurais préféré le voir sous ce titre en France également.

C’était donc une lecture plaisante mais pas un coup de coeur, que j’oublierai peut-être prochainement mais qui m’aura tout de même fait passer un bon moment.

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Les jours meilleurs
Editions Milady
Publication 2017
448 pages

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Et vous, si l’on venait vous rencontrer afin que vous racontiez votre histoire, qu’auriez-vous à dire ?

A très bientôt pour un nouvel article !
Brybry

Quand l’amour s’en mail – Tamara Balliana

Les histoires d’amour qui commencent sur internet sont de plus en plus nombreuses et les romans les mettant en scène également. Cette petite introduction n’est pas là pour déclarer ma flamme à qui que ce soit via ce blog (quoique…*), mais simplement pour présenter Quand l’amour s’en mail, petit ouvrage de romance virtuelle…

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Ce livre a été obtenu via netgalley

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Quelques mots sur l’autrice :
Tamara Balliana est une autrice française résidant dans le sud de la France. Se tournant d’abord vers l’auto-édition, elle publie plusieurs ouvrages puis est éditée par Amazon Publishing via le label Montlake Romance ainsi que par les éditions Prisma.
Son genre de prédilection est la romance et, bien que ses livres soient indépendants les uns des autres, il semblerait que l’on puisse retrouver certains des mêmes personnages dans plusieurs de ces romans.
Son site internet

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Résumé :
Quand sa meilleure amie lui demande d’être son témoin de mariage, Solène est aux anges et décide de lui organiser un enterrement de vie de jeune fille dont elle se souviendra ! Pour cela, elle écrit à Léonie, surnommée « Léo », la sœur de la future mariée… Mais à cause d’une erreur de destinataire, c’est Léo, architecte parisien et homonyme de Léonie, qui lui répond !
Débute alors une correspondance qui devient de plus en plus personnelle à mesure que les jeunes gens se découvrent l’un l’autre. Mais quand Léo propose à Solène de se rencontrer enfin, elle refuse catégoriquement. Bien décidé à connaître le visage de sa mystérieuse amie virtuelle, Léo s’obstine… Solène lui cacherait-elle quelque chose ? La complicité qu’ils ont développée derrière leurs écrans résistera-t-elle à l’épreuve du réel ?

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Je n’ai pas pour habitude de lire des romances, mais j’ai eu envie de sortir de ma zone de confort (peut-être avec l’approche de l’été) et je suis tombée sur Quand l’amour sans mail. Etant donné que j’aime bien toutes les histoires qui mettent en scène des rencontres, amitiés, amour… via internet, autant dire que le résumé m’a convaincu de le lire.

Quand l’amour s’en mail est un livre qui se lit rapidement, sans prise de tête et qui est assez distrayant.

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Globalement, j’ai du mal à trouver des romances originales, puisqu’il y a souvent les mêmes schémas, les mêmes types de personnages d’un récit à l’autre (tout comme les comédies romantiques) et que je suis très rarement surprise, tant sur le déroulement que sur le dénouement.
En commençant Quand l’amour s’en mail, je m’attendais donc à une rencontre (virtuelle pour le coup), la naissance de sentiments amoureux puis des doutes, un ou une rivale amoureuse potentielle, une scène de dispute et enfin une conclusion heureuse. Ce fut le cas presque pour tout lors de ma lecture, et même si ce roman n’est donc pas forcément le plus original, dont on se souvient éternellement, il regorge de petits plot-twists qui donnent plus d’intérêt à l’histoire.

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Solène et Léo vont commencer à discuter par email suite à une erreur d’adresse de la première, et si les premiers messages de la jeune femme ne trouvent pas de réponses, lorsque l’architecte finit par la contacter en retour, un lien va finir par se tisser progressivement, au fil des messages. Comme toutes les rencontres via internet, il y a des spéculations, des interrogations. Faut-il faire confiance à cet inconnu ? Tant que tout n’est que virtuel, les choses se passent bien, mais quand la question de se voir en face à face se pose, les difficultés et les doutes se renforcent.
Solène en particulier, repoussera le plus longtemps possible leur rencontre, gênée par l’un des aspects de sa vie quotidienne, qu’elle ne veut pas imposer à Léo, au risque de changer la vision qu’il a d’elle. Des informations à ce sujet sont distillées en début de roman, mais ce n’est qu’en deuxième partie (oui, j’essaye de ne pas spoiler) que tout prend sens et que son ami découvre ce qu’elle lui cachait. S’ensuit donc une remise en question pleine de doutes, mais le lien qui unit nos deux protagonistes n’en est pas pour autant coupé.

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J’ai bien aimé le fait que les chapitres alternent les points de vue entre Solène et Léo. Le côté épistolaire du roman se développe d’abord par emails, puis par sms et enfin appels téléphoniques. La plume est légère, sans prise de tête et on découvre aussi bien la vie provinciale que celle citadine de Léo, ainsi que leur cercle proche à chacun. Voir l’évolution de leurs sentiments était plaisante et j’ai eu l’impression que les deux personnages étaient traités de la même manière par l’autrice.

Il y avait des sujets plus délicats à traiter dans ce roman, et je trouve que l’auteur l’a fait avec beaucoup de justesse, sans aller dans quelque extrême que ce soit, ni dans le pathétique ni dans la dédramatisation absolue.

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Si Quand l’amour s’en mail est un roman qui respecte les codes du genre, avec flirts, doutes et amour, tout est amené sans que rien ne soit amené de façon abracadabrantesque. On peut donc suivre l’histoire de Léo et Solène avec beaucoup d’intérêt, sans jamais tomber dans du voyeurisme, et en espérant très fort que tout se déroule bien pour eux. Si les romances font partie de votre genre de prédilection, je pense que c’est un livre qui vous conviendra tout à fait. Pour tous les autres, cela ne sera peut-être pas la meilleure lecture de votre vie, mais elle n’en sera pas moins distrayante.

Quand l’amour s’en mail
Editions Montlake Romance
Publication 2019
303 Pages

Connaissez vous Quand l’amour s’en mail ? Aimez-vous les romances ?

A très vite pour un prochain article,
Brybry

* Je vous aime gentils lecteurs

Les fleurs sauvages – Holly Ringland

Dans les terres australiennes, la famille d’Alice Hart est brisée, par un mal qui semble ronger ses racines. Mais comment remonter à ses origines lorsque son histoire est tue ? Au milieu de la ferme horticole de Thornfield, la jeune fille devra réapprendre à vivre, et à communiquer, grâce au langage des fleurs, ou celui de ses émotions.

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Ce livre a été obtenu via le site netgalley.

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Quelques mots sur l’autrice :
Holly Ringland est une autrice australienne, qui a toujours eu une attirance pour les paysages, la culture, les histoires, et cet intérêt s’est accentué lors d’un voyage de deux années en Amérique du Nord alors qu’elle avait neuf ans. Elle a travaillé durant 4 ans dans une réserve en Australie et a déménagé au Royaume-Uni en 2009, obtenant par la suite un master d’écriture créative.
Les Fleurs Sauvages est son premier roman, et il a déjà été traduit en 8 langues.
Son site internet.

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Résumé :
« À cœur vaillant, rien d’impossible »
Lorsqu’une tragédie change à jamais sa vie, la jeune Alice Hart, âgée de neuf ans, part vivre chez sa grand-mère qu’elle ne connaît pas. Quittant le bord de l’océan où elle a grandi, elle trouve refuge dans la ferme horticole de June, où celle-ci cultive des fleurs sauvages d’Australie. Au fil du temps, Alice oublie les démons du passé et apprend à perpétuer la tradition familiale en utilisant le langage des fleurs pour remplacer les mots lorsqu’ils se font trop douloureux. Mais l’histoire des Hart est hantée par de nombreux secrets que June cache à sa petite-fille. Une sorte de fatalité semble accabler les femmes de leur famille, aussi June préfère-t-elle tenir Alice à l’abri de la vérité, quitte à la tenir à distance de l’amour. Une fois adulte, révoltée par ce silence et trahie par celles qui lui sont le plus chères, Alice se rend compte qu’il y a des histoires que les fleurs seules ne peuvent raconter. Si elle veut être libre, elle doit partir et inventer l’histoire la plus importante de toutes : la sienne…

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Je dois le dire, la première chose qui m’a attirée dans ce livre est sa couverture, que j’ai trouvé très belle et qui se marie parfaitement avec le titre. La mise en page interne poursuit sur cette jolie lancée, puisque l’on découvre, en début de chapitre, la présentation d’une fleur, avec une illustration et sa signification, qui, bien entendu, fait sens dans l’histoire. Pour ceux qui sont curieux, je les invite à regarder la partie « Cover art & illustrations » sur le site internet, afin de faire plaisir à leurs yeux.

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Pour l’histoire en elle-même, cependant, je ne peux malheureusement pas dire que j’ai été aussi séduite, puisque j’ai songé plusieurs fois à abandonner et que j’ai été indifférente à un certain nombre de passages. Je me suis assez ennuyée en ayant la sensation que l’histoire était lente, mais qu’à chaque fois qu’un tournant intéressant allait survenir, lui laissant l’opportunité de devenir plus dynamique, il y avait une ellipse.
On va suivre l’histoire de Alice Hart, qui, loin d’avoir une enfance heureuse, vit sous la menace permanente de son père. Les premières pages du livre sont donc très dures à lire, vu la violence qui émane de cette figure masculine. Par la suite, l’enfant sera placée chez sa grand-mère, qui garde en elle les secrets de sa famille, les promesses qui les renferme encore plus. Et si elle s’occupera de sa petite-fille dès leur rencontre, elle ne fera cependant pas toujours les meilleurs choix et toutes deux finiront par en pâtir.

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J’ai éprouvé beaucoup de mal à m’attacher aux personnages, et c’est surtout pour Alice, quand elle était enfant, ainsi que pour sa mère que j’ai eu beaucoup de peine. Cependant, une fois adulte, j’ai eu beaucoup plus de mal à compatir à son sort. Si dans la ferme de sa grand-mère June, l’on retrouve des personnages assez sympathiques, aimants, j’ai eu l’impression que la solidarité qui semblait émaner du groupe des femmes superficielle et même éphémère. (Par contre, j’ai eu 100% d’affection pour les chiens).
Ce que l’on ne peut pas nier cependant, c’est que toutes les situations étaient très plausibles et réalistes : on ne peut pas forcer quelqu’un à révéler ses secrets, ni pousser quelqu’un à se sortir d’une situation délicate s’il n’a pas conscience des dangers qu’il encourt. Malgré tout, je regrette beaucoup qu’aucun personnage n’ait essayé de parler à Alice et de ses problèmes, quitte à ce que les conseils ou avertissements soient ignorés.

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Pour ce qui est de la plume également, je n’ai pas été transportée. Mis à part quelques passages joliment rédigés, la plume de l’autrice m’a semblé être un peu simple, avec des répétitions que j’ai trouvées assez lourdes (mais il est possible que cela soit lié à un choix de traduction). Il faut également dire qu’il y a beaucoup de descriptions pour très peu d’actions, ce qui m’a personnellement ennuyé, d’autant plus que le personnage principal est muet durant toute une partie du récit et qu’il est impossible de placer des dialogues pour dynamiser le récit.
Toutefois, il y a des passages qui m’ont aussi pleinement convaincue, même s’il est vrai que j’aurais beaucoup aimé lire sur une journée complète à Thornfield, plutôt que de n’avoir que des aperçus, ici et là. Par exemple, les histoires sur le passé de la famille d’Alice, qui donnent plus de sens au récit, ainsi que les légendes australiennes. Découvrir ce pays, même s’il a fallu attendre la seconde moitié du roman pour cela, était également très plaisant. Ici, les descriptions étaient bien amenée et ne m’ont absolument pas lassées, au contraire.

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Au final, je n’ai pas été entraînée par Les Fleurs Sauvages autant que je l’aurais voulu. Le roman à certes un côté très réaliste, mais il n’a pas réussi à me séduire et je me suis surtout ennuyée. Néanmoins, c’est un livre qui est intéressant d’un certain point de vue, puisqu’il montre à quel point l’on peut répéter les schémas passés sans forcément s’en rendre compte. Si Les Fleurs Sauvages n’était visiblement pas pour moi, je pense cependant qu‘il pourrait plaire à d’autres lecteurs, qui aiment les romans assez lents, descriptifs et contemplatifs.

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Les Fleurs Sauvages
Editions Fayard Mazarine
Publication 2019
408 pages

Connaissez-vous Les Fleurs Sauvages ? Voudriez-vous vous perdre vous aussi parmi les fleurs d’Australie ?

A bientôt pour un nouvel article !
Brybry

Celle qui dérange – Eva Kopp

Histoire familiale, rivalités au travail, la vie de Heloïse n’est pas de tout repos, et les événements qu’elle va vivre ne vont pas l’épargner. Celle qui dérange, est une histoire intrigante qui se lit très rapidement, en quelques heures à peine.

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Merci à Eva Kopp pour sa confiance renouvelée pour ce Service Presse !

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Quelques informations sur l’autrice :
Cet article est mon deuxième sur un ouvrage d’Eva Kopp, et je l’avais donc présentée dans l’article sur L’enfant du Tsunami. Celle qui dérange est son deuxième roman.

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Résumé :
Heloïse, trentenaire toulousaine et célibataire libérée, cumule joyeusement les Mojitos et les amants quinquas.
Alors qu’elle pratique son footing quotidien, elle découvre un corps flottant dans la Garonne. Le choc est d’autant plus important que le cadavre présente des similitudes physiques avec son père qui l’a abandonnée lorsqu’elle avait 6 ans.
Heloïse vacille peu à peu. Elle décide de chercher son père et découvre qu’il a refait sa vie à quelques kilomètres de chez elle…

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L’histoire de Celle qui dérange est plutôt intéressante, bien que l’intrigue initiale peut sembler être commune. Si elle est concentrée sur la question des origines de Heloïse, il y aura tout de même plusieurs variantes au récit, des rebondissements qui seront développées succinctement au fil du roman.

Heloïse, perturbée à raison par la découverte du cadavre dans la Garonne, ce qui brise la routine de sa vie quotidienne, va décider de partir à la recherche de son père, qui est parti sans rien dire des années auparavant, la laissant seule avec sa mère. Même si elle se heurte à un mur lorsqu’elle tentera de le recontacter, elle ne baissera pas les bras et cherchera par tous les moyens, même ceux les plus détournés, à lui parler. Cela finira par arriver mais ne signifiera absolument pas que les problèmes de la jeune fille seront terminés, bien au contraire…

L’histoire ne se déroule pas uniquement de manière linéaire. Si elle commence tel que le promet le résumé, il y aura à plusieurs reprises des retours dans le passé, bien nécessaires à l’histoire. Le passé et le présent se mêlent pour déboucher sur une nouvelle situation. On en découvrira notamment plus sur Heloïse, sur son enfance et notamment le moment où tout a basculé suite au départ de son père.
La répétition de certains passages, dont celui qui commence le livre, permet d’instaurer un certain rythme et de voir aussi l’évolution d’Heloïse au fil des pages, ce qui change dans sa routine, ce qui se remet en place naturellement.
Le récit est néanmoins très courts, moins de deux cents pages et j’avoue que je suis partagée sur un point. Si l’histoire en elle-même me semble complète, je n’aurais pas été contre un approfondissement de certains aspects, de certains personnages, pour qu’on puisse les comprendre plus et, peut-être, s’attacher un peu plus à eux. Malgré tout, je n’ai pas l’impression que le fond manquait de quoique ce soit.

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Les personnages de Celle qui dérange sont nombreux et variés. Certains frôlent la caricature (voire mettent un pied dedans), mais j’ai eu l’impression que c’était le parti pris par l’autrice et qu’elle s’en amusait, se permettait de jouer un peu plus avec ces personnages.
Heloïse, étant le personnage principal, l’intrigue se construit bien entendu autour d’elle. Elle profite de la vie, a un rythme de vie qui semble parfois sain, avec ses joggings réguliers, et parfois un peu extrême avec ses mauvaises manies au travail, ses soirées également fréquentes et ses rendez-vous trouvés sur internet, juste pour s’amuser et prendre du plaisir. Elle ne renoncera à rien pour retrouver son père, crée un dialogue, quitte à s’immiscer dans la nouvelle vie qu’il s’est crée. Avec tous ces points, on peut déjà comprendre en quoi elle est celle qui dérange. Son comportement peut parfois être considéré comme étant irréfléchi et j’ai parfois eu un peu peur dans ses démarches, me demandant si tout allait bien se passer pour elle et… ce ne fut pas toujours le cas.
Heloïse n’est pas seule, elle n’est pas un personnage isolé. En plus de ses conquêtes d’un soir, elle peut compter sur une amie proche, mais aussi sur un collègue, auquel elle est loin d’être indifférente. Pour ce qui est de sa « famille » par contre, les choses sont bien évidemment moins facile et il est difficile de savoir qui est sincère et qui ne l’est pas…

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Dans ce roman également, j’ai eu l’impression qu’Eva Kopp traitait les sujets abordés avec justesse, et je pense qu’elle a fait plusieurs recherches en amont, notamment pour ce qui concerne le travail de Heloïse, en maison de retraite. Les difficultés rencontrées par ces établissements sont de nos jours bien connus et on les retrouve bien par moment dans Celle qui dérange.
De même, la confrontation avec son père, sa famille, ne peut forcément pas se dérouler sans accro et l’on suit les avancées, tout comme les retours en arrière dans ce processus.

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La plume d’Eva Kopp est reconnaissable, similaire à son premier roman, L’enfant du Tsunami. C’est un style plutôt oral, qui pourrait déplaire aux personnes qui sont à cheval sur les normes traditionnelles de littérature, notamment pour les dialogues. Malgré cela, d’un point de vu global, l’histoire se lit bien. Je voulais lire par curiosité les premières pages, au final j’ai été très vite emportée dans l’histoire, et trois petites heures plus tard, j’avais fini ma lecture.
Certains passages retrouvent un peu de la poésie que j’avais apprécié dans le premier roman d’Eva Kopp, mais je pense devoir être obligée de dire que d’autres sont plutôt crus. L’autrice m’avait prévenue, et comme elle me l’avait dit, les grossièretés et autres réjouissements se font moins nombreux par la suite.

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Celle qui dérange a été pour moi une lecture assez agréable, bien que je ne sois pas sûre de relire ce livre un jour. Il se lit bien, facilement et on se laisse happer bien plus vite qu’on ne le pensera. La chute finale, les dernières lignes m’ont surpris et à mon avis, peuvent justifier que l’on lise cette histoire jusqu’à la fin.

Celle qui dérange
Autoédition
Publication 2019
189 pages

Connaissez-vous ce livre ? Vous donne-t-il envie ?

A bientôt pour une nouvelle chronique !
Brybry’

L’enfant du Tsunami – Eva Kopp

Cela ne fait pas encore dix ans qu’un tsunami a ravagé les côtes japonaises, faisant des milliers de morts, un grand nombre de disparus et engendrant une catastrophe nucléaire de grande ampleur. L’ouvrage d’Eva Kopp, L’Enfant du Tsunami, met en scène plusieurs personnes touchées par cette vague.

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Merci à Eva Kopp pour sa confiance pour ce Service Presse !

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Quelques informations sur l’autrice
Eva Kopp est née en 1981 en Alsace. Si elle a eu plusieurs métiers qui touchaient à la littérature, puisqu’elle a été scénariste, rédactrice pour la presse régionale ainsi qu’autrice-illustratrice, elle a également travaillé en tant qu’infographiste, et animatrice radio. Elle est consciente qu’il est important et même urgent de prendre soin de la planète.
Le 10 mars 2011 elle rêve d’une vague immense et elle se réveillera sur les images terrifiante du ras-de-marée touchant les côtes du Japon.
L’Enfant du Tsunami est son premier roman. Elle a également publié un recueil de nouvelles intitulé Cueillir les fleurs du silence : Nouvelles du Japon.

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Résumé : 11 mars 2011, Japon sur l’île d’Honshū, préfecture de Miyagi.
D’une main distraite, Junko caresse le chat gris aux longues moustaches qui ronronne paisiblement sur ses genoux. Soudain elle sent son petit cœur s’affoler comme s’il cherchait à s’échapper de son enveloppe de félin. Ses griffes jaillissent des coussinets. Il bondit et se met à tourner à toute vitesse sur les murs qui s’effritent à chacun de ses passages. 
Junko a compris. Tout est clair à présent, un rouage invisible s’enclenche dans sa poitrine. Elle en a rêvé il y a deux jours : une immense vague. Gigantesque, dans un grondement démentiel. Avec des hurlements et des craquements comme si les charnières de la Terre elle-même semblaient céder… céder comme quoi d’ailleurs ?

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Afin d’écrire son roman, Eva Kopp a fait des recherches durant cinq années. Ce travail de documentation est visible à la lecture, avec des informations distillées ici et là, tant au niveau du tsunami en lui-même que sur d’autres éléments, les retombées nucléaires, la réaction du gouvernement japonais, les équipes scientifiques qui ont travaillé dessus… L’Enfant du Tsunami, en plus de raconter une histoire, instruit le lecteur, sans le perdre.

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La forme de L’Enfant du Tsunami peut surprendre au début, puisqu’il s’agit d’un roman choral, et que des points de vue différents se succèdent à chaque nouveau chapitre. S’il peut falloir au lecteur quelques temps pour s’adapter et bien identifier chacun des personnages présents, on finit par être capable de remettre un nom sur un récit assez rapidement.

Deux axes principaux sont abordés : un au Japon autour du personnage de Junko, et un en France, autour de celui de Néthanel. On découvre au passage leurs familles, mais on ne s’éparpille pas trop, et ce choix dans l’écriture permet de nous faire vivre les événements de plusieurs façons différentes en illustrant comment elles ont été touchées par le tsunami mais aussi de voir tout cela d’une manière plus approfondie.
Bien entendu, tous ces chemins différents s’effleurent, se frôlent, se croisent, sur quelques pages, ou jusqu’à la fin du roman. Je dois dire que c’est particulièrement plaisant lorsque l’on constate qu’enfin, les histoires de chacun finissent par se recouper et que tout prend sens.

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Tout ne s’arrête pas après la catastrophe, bien au contraire : celle-ci est le point de départ. Comment se reconstruire quand notre vie à presque été totalement détruite ? Comment continuer à vivre quand le désastre est si ancré en nous ?

Les personnages sont attachants, on a envie de connaître leur histoire, comment ils réagissent suite au tsunami, les nouvelles épreuves qu’ils doivent affronter, ce qu’ils deviennent.
Junko, par exemple, vit dans le département de Miyagi, touché de plein fouet par le tsunami, avec son grand-père, agriculteur. En plus de suivre les chemins de ces deux personnages, on découvrira, au fur et à mesure Hakao, le fiancé de Junko, vivant dans une autre ville de l’archipel. Tous prendront des voies différentes, mais toujours avec l’ombre du ras-de-marée qui aura influencé leurs choix.
A l’autre bout du monde, on découvre Achille et Maïwen, dont la vie bascule après qu’ils recueillent Néthanel, l’enfant du tsunami, âgé de dix mois, dont les parents ont péri submergés par la vague.
Un des personnage, qui n’est rattaché à aucun de ceux cités précédemment, est bien réel, puisqu’il s’agit de Hanyû Yuzuru. En plein entraînement au moment où le séisme a eu lieu, il a dû s’enfuir de la patinoire. Trois ans plus tard, il remportait sa première médaille d’or aux Jeux Olympiques de Sotchi.

Les caractères et personnalités de chacun sont bien différents et permettent d’avoir plusieurs points de vue et de développer divers aspects de la catastrophe. En effet, l’autrice ne se restreint pas à un seul parcours possible, mais en développe de nombreux, entre les individus qui décident de se sacrifier pour essayer de préserver les générations futures, les innovateurs qui cherchent des alternatives à l’énergie nucléaire ou encore toutes les populations déplacées qui subissent une discrimination suite à la catastrophe.

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L’Enfant du Tsunami se lit extrêmement facilement. Les passages s’enchaînent bien et on a du mal à décrocher, notamment parce qu’ils sont courts et qu’on a toujours envie de connaître la suite, surtout parce qu’on ne suit pas la vie des individus en continue. Il y a toujours une certaine logique dans le déroulement, et l’on suit un fil conducteur que l’on a juste envie de dérouler jusqu’au bout. A chaque nouveau passage, on retrouve au début la date et le lieu où se déroule l’histoire, ce qui permet de se situer dès la première ligne.
J’aurais cependant un petit bémol à émettre au sujet des dialogues. J’ai trouvé que certains étaient un peu superflus mais aussi trop longs.

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Eva Kopp joue avec le lecteur. Elle l’interpelle, rend la lecture presque interactive, nous interrogeant directement tandis qu’elle nous expose des situations, réelles ou non.
La plume de l’autrice varie. Tantôt pédagogue, tantôt interrogatrice tantôt poétique. Certains passages, notamment ceux mettant en scènes des rêves sont très lyriques, très imagés et délicieux à lire.

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Ma lecture de L’Enfant du Tsunami m’a laissé une impression particulière. La catastrophe reste récente, et je me souviens avoir regardé en boucle les chaînes d’informations pour me tenir au courant des événements. Le nombre de morts, de disparu, l’accident nucléaire qui ont suivi ne peuvent que toucher les gens et lire sur ce sujet, d’autant plus qu’il est bien traité remue forcément un peu.

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J’ai trouvé que l’autrice se penchait sur le sujet avec justesse. On ressent toute la documentation qui a été faite en arrière et qui rend toute l’histoire bien crédible. Je suis particulièrement contente de ne pas être tombée sur un livre qui aurait été caricatural du Japon et de la réaction des japonais suite à la catastrophe de Fukushima.
Ce roman est parfois dur à lire, vu les événements qu’il relate, mais je le trouve nécessaire pour prendre conscience d’une partie des faits qui en ont découlés.

L’enfant du Tsunami
Editions Pierre Philippe
Parution 2018
75 pages

Avez-vous lu l’Enfant du Tsunami ? Un autre livre parlant d’une catastrophe telle que celle de Fukushima ?

A très vite pour un nouvel article !
Brybry’