Les Bras de Morphée – Yann Bécu #Plib2020

Les bras de Morphée est un livre qui faisait partie des préselectionnés du PLIB. S’il n’a pas passé cette étape, je l’ai tout de même lu… et je n’en regrette pas la moindre page !

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Résumé : Voici un futur proche où l’on veille en moyenne quatre heures par jour. En amour, à l’école, au travail, la routine a forcément l’allure d’un sprint : faire vite, faire court, ne pas trop ramener sa fraise… Trois lois sacrées que Pascal Frimousse profane au quotidien. Professeur de français désoeuvré, il a dû se recycler. Avec 12 heures de veille, il est une perle rare. Toujours fauché, souvent libre… Tuer le temps, c’est son nouveau gagne-pain. Allongez 100 écus, glissez-lui le nom de votre ennemi, il se charge du reste : Frimousse est troll professionnel. Un des meilleurs. Vous pourrez dormir sur vos deux oreilles.

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J’ai commencé ce livre sans aucune idée sur lui, ne connaissant pas l ‘auteur et ayant à peine survolé le résumé, plusieurs jurés du PLIB en parlaient en termes élogieux et j’ai donc décidé de commencer ma petite lecture à mon tour.

Je dois avouer que j’ai beaucoup rit. La situation de base est assez inquiétante, plutôt sérieuse et pourtant, c’est l’humour qui règne et qui domine. L’écriture n’est pas la plus recherchée, on pourrait même la qualifier de vulgaire par moment, mais c’est précisément ce qui m’a happé. Même si, avec le côté oral, il est facile de se plonger dans l’histoire, la plume de Yann Bécu est bien plus intelligente que ce que l’on pourrait croire à la lecture des premières pages. De nombreux jeux de mots arrivent, les chutes sont souvent inattendues, burlesques, décalées et ne peuvent que nous faire sourire.

Malgré tout, il y a aussi des passages plus sérieux, peut-être même un message de la part de l’auteur. Dans cette société où tout le monde est endormi, prendre le temps est devenu un luxe (et on ne va pas se le cacher, c’est aussi le cas dans notre société ). Aussi, quel peut bien être le rôle d’un professeur de français ? Et bien… il devra apprendre à ses élèves à faire les résumés les plus courts possibles des grandes œuvres de la littérature. Un enfant sera turbulent s’il est capable d’en réciter longuement des passages. Le monde à l’envers.
Quelques scènes se sont distinguées à mes yeux, par leur sérieux mais aussi par tout ce qui s’en dégage, comme par exemple, le Roméo et la Juliette de la ville, qui n’ont que quelques secondes d’éveil en commun, où le prêcheur qui hurle pendant les minuscules secondes qui lui sont offertes chaque jour.

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Les personnages ont tous un rôle, une importance, et je n’ai pas eu l’impression qu’ils aient été créés juste pour servir l’intrigue, mais qu’ils ont bien une vraie existence. Le héros, frimousse, n’en est pas vraiment un… mais un peu quand même. Mais pas trop non plus.
Ils sont très nombreux, vu que l’intrigue rebondit à de nombreuses reprises, et il est très dur, au premier abord, de savoir qui fait partie du côté des gentils, de celui des méchants, et finalement… s’il y a vraiment des côtés ? Je n’ai pas eu d’attachement particulier envers les personnages, mais je les ai tous appréciés tout de même. Tous sont bien différents, parfois radicalement opposés, et c’est assez drôle de voir comment Frimousse se comporte face à chacun d’entre eux.

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Comme je l’ai dit, l’intrigue ne suit pas un fil particulier. Bien sûr, Morphée reste au coeur de l’histoire, mais comment lutter contre un phénomène dont on ignore l’origine ? Il s’agit plus de la vie d’un homme pris dans ce phénomène, les changements de la société, que d’une quête absolue pour l’arrêter, bien que l’on s’en approche souvent et que nos héros ont parfois des pistes pour y mettre fin.
La résolution de l’intrigue peut être décevante ou plaisante, chacun pourra se faire son avis. Pour ma part… je dois dire que ce n’est, assez étonnement d’ailleurs, pas ce qui m’a le plus poussé à continuer ma lecture ! J’étais tellement prise dedans que j’avais juste envie de lire ce livre.

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C’était vraiment un bon moment de lecture pour moi, et j’aurais adoré le voir faire partie des 20 sélectionnés ! Un livre très divertissant, mais qui fait tout de même cogiter, avec plaisir.

Et vous, plutôt grand dormeur ou quelques heures de sommeil vous suffisent ? (je suis une vraie marmotte moi). Qu’est-ce que vous feriez si vous n’aviez que quelques heures d’éveil devant vous chaque jour ? Une bonne raison de passer ses journées au lit à lire, non ?

A très vite pour un nouvel article,
Brybry’

 #PLIB2020 #ISBN9782918541653

La nuit de Notre-Dame

Qui a oublié que Notre-Dame a brûlé ? C’est un lieu que j’aime énormément, et je l’ai regardée en proie aux flammes, avec effroi. Obnubilée par ce spectacle ravageur, à l’affût de nouvelles, je dois reconnaître que, sur le moment, je n’ai assez pas pris conscience du travail de ceux qui œuvraient à la sauver. A tort.

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La nuit de Notre-Dame est un témoignage de plusieurs pompiers, de rangs et de casernes différentes. Quelles sont les opérations sur lesquelles on les appelle, comment les casernes sont réparties dans la Capitale, où est-ce qu’elles interviennent… On apprend à connaître plusieurs de ces pompiers, au travers de leur parcours, quelques éléments sur leur vie familiale, ainsi que la naissance et la raison de leur vocation. Leur quotidien, leurs entraînements sont également développés.

C’est une immersion avec pudeur dans la vie de ces hommes et ces femmes. Il y a énormément de solidarité, de fraternité, un véritable esprit d’équipe avec une confiance absolue, et il est très plaisant de lire sur ces liens. A chaque aspect de l’intervention à Notre-Dame, on sent la cohésion, le groupe, ce qui les rend si fort.

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Ma lecture s’est faite avec les images de Notre-Dame en flammes en tête et avoir un témoignage direct fait voir les faits sous un autre aspect. Tout est raconté de manière chronologique, avec plusieurs points de vue, et on découvre avec étonnement que le premier appel fait aux pompiers pour déclarer l’incendie est arrivé bien tardivement. Ah, si on pouvait retourner en arrière… Cela m’a fait prendre conscience de beaucoup de choses que je n’avais pas vu le soir même, des lieux de la Cathédrales qui n’étaient pas forcément montrés à la télévision le soir de l’incendie. Je me souviens de mon horreur en voyant la flèche tomber, et j’ai découvert avec encore plus d’effroi que des pompiers se trouvaient en dessous au même moment. Cette façon de redécouvrir les événements de l’intérieur est bien différent et nous apprend beaucoup de choses que les vidéos, les photographies, n’ont pas pu nous raconter.

La lecture de ce livre se fait facilement. Les passages sont courts, vont d’un point de vue à l’autre et, bien qu’il y ait plusieurs termes techniques, ceux-ci sont toujours expliqués rapidement.

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Je dois dire que je suis bien heureuse de lire ce livre bien après les faits, en connaissant le dénouement de cette nuit.
L’atmosphère est assez anxiogène. Les dangers qu’encours les pompiers sont multiples, peuvent survenir à tout moment, les chutes de pierres sont nombreuses et la stabilité du bâtiment est plus qu’incertaine. Les fragilités de la cathédrale sont évoquées et à plusieurs reprises, il est dit que celle-ci est perdue. Entre le risque d’effondrement, celui qu’un camion apprêté se renverse dessus, la difficulté de combattre les flammes… Les descriptions sensorielles de chacun font prendre conscience de tout ce qu’on n’a pas pu voir, et du miracle que la cathédrale se tienne toujours debout. Miracle aussi, que les vitraux n’aient pas été touchés, que certaines statues se soient trouvées ailleurs, afin d’être restaurées, et que les trésors aient pu être évacués et protégés et surtout, qu’il n’y ait eu aucune victime.

En plus d’en apprendre plus sur les faits en eux-mêmes, j’ai également beaucoup appris sur la vie des pompiers. Leurs organisation, leur routine, leur hiérarchie. Comment ils communiquent entre eux, comment ils apprennent à gérer leurs émotions sur le terrain, et, plus tristement, comment ils font face à la perte de leurs camarades. Pour les opérations comme celle sur Notre-Dame, comment ils s’organisent pour gérer les politiciens, les médias, les civils venus observer le brasier. J’ai également appris certaines facettes du métier que j’ignorais totalement, par exemple avec le pompier dessinateur qui croque ce qu’il voit afin de renseigner les autres sur l’avancée du feu.

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Mon seul regret sur ce livre sera qu’il se conclut sur les propos du Président de la République, et j’aurais préféré que cela se fasse avec la parole des pompiers. Ce détail mis à part, ce fut une lecture qui m’a énormément plu, et qui a été pleine d’émotions. J’ai beaucoup appris et mon respect pour les pompiers s’est encore trouvé grandi.

La nuit de Notre Dame
Editions Grasset
Publication 2019
234 pages

A très vite pour un nouvel article !
Brybry’

La magie du rangement – Marie Kondo

Grande révolution pour moi que de lire ce livre ! Déjà, parce que je suis très désordonnée, vraiment. Le sol dégagé ? Un concept inconnu pour moi. Et surtout, c’est le premier audiobook que j’ai écouté ! J’avais une chambre à ranger de fond en comble, et craignant de m’éparpiller si je me mettais à écouter de la musique, je me suis décidée à écouter ce que Marie Kondo avait à me dire.

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Bon, au final… je ne sais pas si c’était le bon moyen de procéder, puisqu’au fur et à mesure de mon écoute et de mon rangement, je me suis rendue compte que je rangeais dans le désordre, comble de l’ironie.

Que pouvons-nous retenir de ce livre ? Marie Kondo donne quelques pistes intéressantes, en se basant notamment sur son expérience et celle de ses clients. J’avoue tout de même que je suis bien contente de ne pas l’avoir eu comme sœur, étant donnée qu’elle ne se privait pas pour ranger, voire jeter, les affaires de sa famille.

Selon elle, il ne faut pas trier pièce par pièce, mais catégorie par catégorie. Donc si vous avez un manteau dans votre hall d’entrée, vos vêtements dans vos placards et une chaussette égarée au fond de votre machine à laver, il vous faudra tout réunir pour voir ce que vous voulez garder ou non. Pour ce qui est des vêtements, elle donne d’ailleurs une technique de pliage bien différente de celle que l’on a habituellement chez soi.

Il ne faut garder que ce qui nous rend heureux, nous fait plaisir, et ne pas nous encombrer d’objets qui ne nous apportent rien.Et enfin, faire un rangement petit à petit, progressif, ne sert à rien : il faut prendre son courage à deux mains et tout ranger d’un coup.

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Après mon écoute de ce livre, ainsi que du rangement infernal de ma chambre, je ne suis toujours pas aussi enthousiasme que l’autrice vis à vis du rangement, tout comme je n’ai pas vocation de faire le ménage dans les affaires des autres. Je pense tout de même que c’est un livre qui peut donner de nouvelles pistes de rangement à ceux qui veulent faire un tri dans leurs affaires, tout comme donner de nouvelles astuces. Mine de rien, vu que cela touche à l’intérieur de chacun, mon impression finale sera qu’il faut faire le tri parmi tout ce qui est dit pour trouver ce qui nous correspond, mais que ce livre n’est pas forcément le plus utile au monde, qui vous rendra, à peine le dernier mot lu, un as du rangement.

Mais je dois dire que Marie Kondo a bien raison lorsqu’elle évoque les bienfaits du rangement. Hasard ou révolution interne, depuis que j’ai rangé ma chambre et que mon bureau est parfaitement opérationnel, je suis bien plus active et productive, tout comme j’ai plus de plaisir à me trouver dans cette pièce. Est-ce que je vais réussir à maintenir le cap ? Il n’y a plus qu’à y croire ! (Mais je pense que c’est en bonne voie… pour le moment).

Dernière petite chose : nombreux sont ceux qui ont entendu parler de Marie Kondo via Netflix, et j’y ai moi-même regardé quelques épisodes. Cependant, j’ai trouvé le livre bien meilleur. Il va plus au fond des choses, on a réellement l’expérience et les motivations de l’auteur et surtout, il est bien moins invasif envers ses clients…

Alors, vous êtes plutôt du genre ordonné à l’extrême, désordonné comme pas possible ou au milieu ? Qu’est-ce qui marche le plus pour vous au niveau du rangement ? En musique, au calme, petit à petit, un bon gros tri de temps en temps ? Dites-moi tout que je m’inspire un peu de vous !

Brybry’

Tokyo Sanpo – Florent Chavouet

Pour cet article, je ne vous présente pas le roman d’un auteur japonais, mais je reste encore dans ma thématique Japon, pas de panique ! Découvrons ensemble un premier ouvrage illustré par un artiste français.

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Quelques mots sur l’auteur :
Florent Chavouet est un auteur et illustrateur de bande dessiné français. On compte parmi ses publications L’île Louvre (2015) ou encore Hitchcock, par exemple.
Son site internet

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Présentation de l’ouvrage : Il paraît que Tokyo est la plus belle des villes moches du monde. Plus qu’un guide, voici un livre d’aventures au coeur des quartiers de Tokyo. Pendant ces six mois passés à tenter de comprendre un peu ce qui m’entourait, je suis resté malgré tout un touriste. Avec cette impression persistante d’essayer de rattraper tout ce que je ne sais pas et cette manie de coller des étiquettes de fruits partout, parce que je ne comprends pas ce qui est écrit dessus. A mon retour en France, on m’a demandé si c’était bien, la Chine. Ce à quoi j’ai répondu que les Japonais, en tout cas, y étaient très accueillants.

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Tokyo sanpo (« Promenade à Tokyo ») est une découverte de la capitale japonaise, tout en dessin. Il n’y a que très peu de texte et ils sont souvent à décrypter autour des images, s’y emmêlant et on tombe parfois dessus par hasard, ce qui les rend d’autant plus plaisants à lire. Beaucoup de réactions sur le vif, souvent pourvues d’humour, et j’ai souri à de nombreuses reprises. Je ne peux pas vraiment parler de sa plume à proprement parler, puisqu’on ne trouve pas de longs textes, mais rien que la préface m’a beaucoup amusée.
Sans prise de tête et on voit que ce sont de petites réflexions que Florent Chavouet s’est fait sur le coup. Celui-ci n’étant jamais allé au Japon auparavant, je comprends certaines des surprises qu’il a eu, tout comme ses réactions. Les petits détails qui surprennent en tant qu’étranger, ce qu’on aurait jamais imaginé et qui nous fascine ou encore ce qui nous choque (le prix des fruits et légumes… mon dieu, le prix des fruits et légumes…).

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La qualité du livre ainsi que des dessins est superbe. On y trouve de tout, des dessins poussés et détaillés des maisons, temples ou magasins, aux montages amusants ou encore aux étiquettes des boîtes d’œufs. Il y a également des plans qui ouvrent chaque partie sur les quartiers arpentés par l’auteur, sans compter les représentations sympathiques des koban, les petits commissariats de quartiers. Bref, on retrouve de tout, en grand nombre et on peut facilement s’imaginer dans les petites ruelles de Tokyo.
Une vingtaine de lieux sont présentés et visités, et si cela ne couvre pas tout Tokyo en détail, on trouve certains des quartiers principaux (Shibuya, Shinjuku, Ueno, Odaiba…), sans pour autant s’attarder outre-mesure sur les endroits vraiment touristiques, au contraire, ce sont tous les petits coins atypiques, qui ne sont certainement pas évoqués dans les guides et à côté desquels on pourrait passer très facilement qui sont le plus mis en valeur.

Sans prétention aucune, Florent Chavouet nous montre le Tokyo qu’il a lui-même découvert, avec un regard neuf. C’est avec simplicité mais avec délice que l’on se promène avec lui. Je ne qualifierai pas Tokyo Sanpo de guide touristique, loin de là, cependant, il peut servir à, simplement, regarder un peu plus ce qui surprend, autour de soi. Et pour ceux qui connaissent déjà le Japon, certaines réflexions pourront bien les faire sourire.

Tokyo Sanpo
Editions Philippe Piquier
Publication 2009
206 pages

A très vite pour un prochain article, toujours en rapport avec le Japon !
Brybry’

Certaines n’avaient jamais vu la mer – Julie Otsuka

Lecture d’un genre inédit, intrigant. Cette fois-ci, ce n’est pas au Japon que se déroule le récit, mais au-delà de l’océan. Certaines n’avaient jamais vu la mer, nous permet de plonger dans la vie de femmes japonaises qui ont, pour des raisons variées, quitté leur terre natale pour les Etats-Unis d’Amérique.

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Disponible ici et

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Quelques mots sur l’autrice :
Julia Otsuka est une autrice américaine, d’origine japonaise, née en 1962 en Californie. Ses études l’ont tout d’abord dirigée vers la peinture, mais la pression et la rigidité qui émanent de son apprentissage l’écœurent et la privent de son inspiration.
Elle se tourne vers l’écriture à l’âge de trente ans, avec son roman Quand l’empereur était un dieu qui a connu un rapide succès.
Son site internet

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Résumé : L’écriture de Julie Otsuka est puissante, poétique, incantatoire. Les voix sont nombreuses et passionnées. La musique sublime, entêtante et douloureuse. Les visages, les voix, les images, les vies que l’auteur décrit sont ceux de ces Japonaises qui ont quitté leur pays au début du XXe siècle pour épouser aux Etats-Unis un homme qu’elles n’ont pas choisi.
C’est après une éprouvante traversée de l’océan Pacifique qu’elles recontrent pour la première fois à San Francisco leur futur mari. Celui pour lequel elles ont tout abandonné. Celui dont elles ont tant rêvé. Celui qui va tant les décevoir.
A la façon d’un choeur antique, leurs voix s’élèvent et racontent leurs misérables vies d’exilées … leur nuit de noces, souvent brutale, leurs rudes journées de travail dans les champs, leurs combats pour apprivoiser une langue inconnue, la naissance de leurs enfants, l’humiliation des Blancs, le rejet par leur progéniture de leur patrimoine et de leur histoire … Une véritable clameur jusqu’au silence de la guerre. Et l’oubli…

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Eprouvant. Douloureux, nostalgique. Espoirs, nouveautés, découvertes. Déceptions. Racisme. Résilience, force. Ce n’est pas un récit, mais des dizaines, des centaines peut-être qui s’entremêlent dans ce roman. Pas d’héroïne mise en avant, mais un flot de femmes, certaines nommées, d’autres non. Impossible, donc, de s’attacher à l’une d’entre elles en particulier, mais plus difficile encore : ne compatir au sort d’aucune.
Certaines n’avaient jamais vu la mer, raconte des histoires dans l’Histoire. Rien n’est vraiment romancé et on se retrouve devant une succession de phrases courtes, chacune concernant une femme différente, mais dans la même situation. Contradictions, accords. Il y a celles qui ont aimé leurs époux, celles qui l’ont aimé puis détesté, celles qui ne l’ont jamais aimé.

Ce roman se déroule au début du vingtième siècle, et toute la vie des japonaises émigrant aux Etats-Unis est mise en avant. De leur voyage en bateau, quand elles quittent tout ce qu’elles connaissent, elles découvrent ensuite leurs époux, leur nouveau travail, en tant que bonne à tout faire, d’agricultrices ou de prostituées. On voit la communauté s’organise, mais aussi leurs rapports aux autres, les blancs, les patrons, et les autres immigrés, les noirs, les chinois. Puis vient la deuxième guerre mondiale, et avec elle, la crainte féroce des japonais. Alors on les envoie ailleurs, loin de tout, dans des camps (et oui, comment aujourd’hui, il y en avait déjà à l’époque dans ce pays…).

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Si au début de l’ouvrage, il est bien précisé que Certaines n’avaient jamais vu la mer est un ouvrage de fiction, l’autrice a bien fait des recherches avant de se mettre à écrire. Ce qu’on voit, ce qu’on apprend sur toutes ces femmes est bien ancré dans la réalité et dépasse le cadre de l’imagination. Tout est plausible et les pensées, ressentis et vécus de ces japonaises ont probablement été le quotidien de dizaines d’entre elles.

De part sa forme, j’ai trouvé cette lecture particulière. J’ai presque eu l’impression d’être devant un enchevêtrent de phrases, presque comme si j’avais accès aux pensées, souvenirs de plusieurs femmes en même temps. Il est donc facile de s’y perdre, surtout lorsqu’on lit rapidement ou sur une longue période. En certains points, cette lecture est difficile. Pour chaque étape de la vie de ses femmes, nous sommes mis face à un lot de difficultés, de souffrances, regrets et parfois même, nous nous retrouvons face à la mort. Ce livre ne laisse pas indifférent et le dernier chapitre, avec son titre évocateurs, disparition, où la voix des japonaises s’est éteinte pour laisser place à celle des gens qui restent ancre définitivement le roman dans son atmosphère amère.

Certaines n’avaient jamais vu la mer
Editions Phebus
Publication 2012
139 pages

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La prochaine fois, je vous retrouverai avec un article tout en images !
Bonne lecture à tous,
Brybry’

Soleil couchant – Osamu Dazai

Ce roman très court se lit rapidement, en une journée, mais il n’en reste pas moins un livre touchant, nous propulsant aux côtés d’aristocrates japonais en pleine déchéance.

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Disponible ici ou . On encore, ici.

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Quelques mots sur l’auteur :
Né en 1909 à Tsuguru, Shuji Tsushima, plus connu sous le nom d’Osamu Dazai est un écrivain japonais. Issu d’une fratrie de onze, élève brillant et auteur précoce, sa vie bascule en 1927, lorsque l’écrivain Akutagawa Ryunosuke se suicide. Tombant dans l’alcool, fréquentant des prostitués, il fera ses premières tentatives de suicide, bien qu’il continuera ses études de littérature.
Grand amateur du Watakushi shôsetsu (genre littéraire japonais où les romans sont centrés sur la vie intérieure d’un héros souvent assimilé à l’auteur, sur le mode de la confession (*)), la plupart de ses romans sont à la première personne et contiennent des éléments autobiographiques. Toutes ses œuvres n’ont pas été traduites, mais parmi ses plus connues à l’international, on peut évoquer La déchéance d’un homme, Mes dernières années, ainsi que ses recueils de nouvelles.
Il décède en 1948, en commettant un double suicide avec sa compagne Yamazaki Tomie.

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Résumé : Une femme de l’aristocratie nippone doit quitter pendant la guerre son hôtel particulier de Tokyo pour aller vivre modestement dans un petit chalet de montagne. Sa fille, Kazuko, mobilisée, travaille la terre. Son fils, Naoji, revient de la guerre intoxiqué par la drogue. Le frère et la sœur se durcissent contre le malheur des temps et clament leur révolte et leur désespoir.

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Ce n’est plus dans un Japon qui s’ouvre à l’Occident que se déroule ce roman, mais bien dans celui du Japon qui connait la deuxième guerre mondiale. Si l’ouverture à l’Occident est une période de transition belle et bien terminée, le Japon est toujours plongé dans des vagues de changements et renouvellements.

Triste, Soleil couchant montre bien les effets de la guerre, qu’ils soient directs (l’absence de Naoki qui a été envoyé dans le Pacifique), que plus indirects (avec Kazuko qui est au Japon, mais doit travailler pour l’armée), sur la noblesse japonaise. Jamais on ne parle avec véhémence des effets des combats et les bombes atomiques, par exemple, ne sont pas mentionnées. Ici, on voit surtout ce que les conflits causent sur ceux qui restent en arrière, plus que sur ceux qui sont sur le front.

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Au Japon, ce roman a eu tant d’influence que l’expression « Soleil Couchant » (斜陽, shayô), inventée par Osamu Dazai, est restée dans les mémoires et permet de définir les membre de la noblesse déchus.
Le déclin de la famille de Kazuko est, dans ce livre, évidente. Il ne reste que peu de membres de l’aristocratie et, selon le frère de Kazuko, ceux méritant leurs titres sont encore moins nombreux. Et celui-ci en est un exemple, puisqu’il s’est endetté par le passé pour pouvoir acheter sa drogue. Kazuko, elle, est obligée de travailler, et leur mère, qu’ils considèrent tous les deux comme la dernière des nobles, est gravement malade. Et c’est en automne que la la dernière des nobles va s’éteindre, à l’époque de l’année où les jours déclinent eux aussi.

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La plume d’Osamu Dazai est très nostalgique, mélancolique même, et ce ne sont que les dernières pages qui amènent avec elle un élan de détermination. Si le rythme est plutôt lent, avec beaucoup de descriptions, j’avoue que je lui ai tout de même trouvé une certaine poésie, bien que j’ai parfois frôlé l’ennui. Rien dans Soleil couchant n’est choquant, cependant, je dois avouer que je trouve l’atmosphère autour de ce livre, la narration, presque dérangeante. Peut-être est-ce parce qu’on reconnaît bien l’auteur en Naoki tout comme en M.Uehara, et que certaines pensées semblent être les siennes plus que celles de ses personnages.

La narration de Soleil couchant se fait au travers de Kazuko, que l’on sent s’éloigner de sa condition d’aristocrate plus elle est au contact de la terre. La nature, d’ailleurs, est quasiment omniprésente, et si elle est évoquée de manière poétique lorsque les personnages la contemplent, cela se nuance lorsque Kazuko travaille à son contact. On découvre autant son passé que son présent, ses pensées sans aucun filtre, ainsi que ses peurs, ses secrets et ses espoirs. Elle admire énormément sa mère, et j’avoue que j’ai eu plus de mal à m’attacher à ce personnage, certes très délicat, mais peut-être trop à mon goût. Très éprouvée par la vie, se rattachant à un grand nombre de superstitions, je peux néanmoins comprendre certaines de ses peines.

Si on découvre beaucoup Naoki au travers du regard peu glorieux de sa sœur, on lit en milieu du roman un de ses journaux, qui retranscrit bien ses souffrances. Mais c’est surtout au travers de sa lettre, touchante, qu’on le comprend le mieux, et peut-être, à travers lui, Osamu Dazai lui-même.

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Je pense que Soleil Couchant peut-être un bon livre pour mettre un pied dans la littérature japonaise. Très mélancolique, il offre un point de vue interne à la noblesse japonaise pendant et après la seconde guerre mondiale. Je le recommande chaudement.

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Soleil couchant
Editions Gallimard
Publication 1961
201 pages

La vie du vieux Fukuzawa racontée par lui-même – Fukuzawa Yukichi

La société japonaise a été grandement modifiée avec l’arrivée des occidentaux en 1868 et quoi de mieux que le livre d’un des fondateurs du Japon Moderne pour comprendre ce que ces changements ont impliqués ?

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Disponible ici et

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Dur de vous proposer une présentation de l’auteur, ou un résumé, puisque ce livre est une autobiographie dictée, donc autant dire que tout y est révélé…
Pour être brève, je vous dirai simplement que Fukuzawa Yukichi (1835-1901) est un penseur japonais ayant vécu pleinement l’ouverture du Japon à l’occident en 1868. Fils de samourai a eu une vie bien remplie (traducteur, enseignant, philosophe, écrivant, journaliste, politicien…) ainsi qu’une grande influence sur la société.
Dans La vie du vieux Fukuzawa racontée par lui-même, (福翁自伝, Fukuōjiden) il raconte absolument toute sa vie, de son enfance, à sa vieillesse.

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Bien qu’elle relate l’existence complète d’un homme, La vie du vieux Fukuzawa raconté par lui-même, cette autobiographie se lit facilement, et je dirais même rapidement, même si elle est pleine d’informations.
De nombreux chapitres, et énormément de sous-parties composent ce livre. On retrouve également des repères, géographiques et chronologiques, qui nous permettent de situer dans l’Histoire japonaise, la vie de Fukuzawa Yukichi.

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Fukuzawa Yukichi était au premier plan pour se rendre compte des changements du Japon. A l’arrivée des occidentaux, il avait 33 ans, ce qui lui a permis de bien connaître son pays avant, mais aussi de prendre conscience de tous les changements. Il a donc pleinement vécu cette période de transition.
Les chapitres vont de son enfance, évoque l’éducation donnée par ses parents, ses études, ses voyages au Japon, mais aussi en occident…, à ses vieux jours. Le tout est agrémenté de plein d’anecdotes croustillantes sur sa vie, et une multitude de thèmes sont évoquées, comme l’alcool, ses méfaits et prouesse en tant qu’étudiants. Et certaines parties font bien sourire.
Bien entendu, en tant qu’homme public et politique, qui ne se prive pas pour donner son avis, il évoque également ses ennemis, mais aussi, plus grave, les menaces de morts qui pesaient sur lui.
Nous avons le droit à plusieurs comparaisons entre l’Occident et le Japon, et, par exemple, Fukuzawa Yukichi déclarera ne pas aimer les testaments à l’occidentale. Mais s’il n’apprécie pas tous les aspects de l’étranger, il n’est pas non plus avare sur la société japonaise, critiquant ouvertement son gouvernement.
Je pense que les parties « Je vais pour la première en Amérique » ainsi que « Je visite les pays d’Europe » sont particulièrement parlantes et nous renseignent énormément sur les différences culturelles et ce qui pouvait étonner, d’un côté comme de l’autre. Mais j’ai également apprécié lire sur son enfance, et aussi ses études, avec des anecdotes très intéressantes, comme quoi les étudiants, à qui un livre avait été prêté, le recopiaient intégralement avant de le rendre, afin de pouvoir l’étudier.

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La vie du vieux Fukuzawa racontée par lui-même est un sacré témoignage, qui raconte bien l’avant et l’après arrivée des occidentaux. Tout est raconté par une personne qui a vécu les faits ce qui peut, paradoxalement, rendre le récit très véridique, mais il est également possible d’en douter. En effet, ici, une seule version est présentée, et avouons-le : l’auteur relate toujours des faits où il a un rôle assez flatteur. Une grande partie des événements sont racontés bien des années plus tard, donc les faits peuvent avoir été différents des souvenirs.

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De nombreux événements historiques sont évoqués, voire même expliqués de l’intérieur, et c’est un réel témoignage que nous retrouvons dans ce livre. Bien entendu, étant donné que tout a été dicté par Fukuzawa Yukichi, le style est très oral, avec un grand nombre de répétitions. Ce livre ne se lit pas comme un roman, cependant, pour tous ceux qui sont intéressés par l’histoire japonaise, je dirai presque que c’est un must-read pour en savoir plus sur cette époque, qui est tout sauf anodine.

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La vie du vieux Fukuzawa racontée par lui-même
Editions Albin Michel
Publication 2007
411 pages

A très vite pour une autre lecture sur le Japon !
Brybry’

Marraine – Emilie Chevallier Moreux

Ah, la marraine, ce personnage récurrent des contes de fées, jamais dépourvue de gentillesse et de bonnes paroles pour ses protégés… Si ce fut bien le cas pour Marraine Perrault, c’était il y a longtemps et les temps ont changés.

Disponible ici

Quelques mots sur l’autrice :
Emilie Chevallier Moreux est une autrice française, résidant en Dordogne, où elle enseigne. C’est dès l’année 2017 qu’elle décide de partager ses écrits en participant notamment à plusieurs appels à texte. Ses nouvelles apparaissent dans plusieurs recueils d’anthologie.
Sa page Facebook

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Résumé : Il était une fois, une bonne fée qui se penchait sur le berceau des nouveau-nés afin de les inonder de bienfaits pour les siècles des siècles. Et comme le dirait si bien Ric, l’un de ses petits protégés : trop bonne, trop conne !
Mais quelle mouche a piqué Marraine Perrault pour qu’elle prenne pareils filleuls sous son aile ? Entre Peau d’Âne la mère maquerelle, Aurore la top-modèle siliconée, Cendrillon la veuve noire et Riquet l’alcoolique notoire, on ne peut pas dire que l’affaire soit une réussite. Pour couronner le tout, ses pupilles risquent fort de se dresser entre elle et ce bellâtre slave qui lui est – littéralement – tombé dessus dans un centre commercial new-yorkais.
Parviendra-t-elle à se débarrasser de ces obligations qui l’accablent depuis si longtemps pour enfin trouver chaussure à son pied ? Pas si facile, quand on fait un petit 36…

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Dans cette réinterprétation de conte, le personnage principal n’est pas les princesses ou les princes, non, c’est Marraine Perrault qui est mise au centre de l’histoire. Un peu blasée, la Marraine, de toujours devoir réparer les pots cassés de ses filleuls, qui ont pourtant plusieurs siècles d’existence derrière eux, et qui semblent presque enchaîner les crises d’adolescence. Et quand on voit ce que sont devenus ses protégés, on comprend très bien qu’elle cherche à se sortir de son statut de protectrice.
J’ai beaucoup apprécié le fait que Marraine s’occupe de plusieurs personnages de contes, cela permettant un mélange sympathique qui permet d’aller un peu au-delà de la simple réécriture, puisqu’il y a plusieurs histoire à se réapproprier. S’il y a bien des points communs avec les trames d’origine, elles suivent cependant une route bien différente.

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L’histoire se déroule sur plusieurs époque. Le passé est raconté par Marraine Perrault dans un livre qu’elle écrit autobiographique qu’elle écrit, où elle révèle tout de son histoire et de celle de ses protégés. J’ai trouvé intéressant de lire sur ce qu’elle était, à l’origine. Son secret quant à ses capacités de sorcière, qui l’ont tiré de mauvais pas, mais aussi qui a faillit causer sa perte, et celles d’autres êtres vivants, à plusieurs reprises.
Mais on se retrouve aussi à l’époque moderne, dans un lieu qui n’est pas le moins vivant, puisque Marraine vit désormais à New York, une vie plutôt enviable, presque normale, étant donné qu’elle est autrice et n’utilise pas quotidiennement sa magie.
Tout cela nous permet de voir d’où viennent tous les problèmes de Marraine et ce qui les cause. Il ne tiendra plus qu’à elle d’y mettre fin.

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Dur de s’attacher aux personnages ! Et oui, il faut dire que Cendrillon, Peau d’Âne ou Aurore ne sont pas des plus agréables… Je regrette tout de même un petit manque de maturité généralisé, Marraine Perrault, pas exemple, semblant pencher vers la niaiserie quand elle se retrouve en présence de celui qui pourrait être son prince charmant.

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Si la plume de l’autrice ne m’a pas forcément transcendée, je trouve qu’il y a une différence de style plaisante entre les faits passés et présents, et on peut dire qu’elle fait bien le job et que l’autrice parvient à ses fins sans problème. Je dois avouer que je m’attendais à une histoire un peu plus loufoque en voyant le résumé, mais qu’elle était tout de même assez sérieuse, et surtout, pleine de cynisme. La romance est également présente, mais même si celle-ci joue un grand rôle dans l’histoire, ce n’est pas la seule raison poussant Marraine Perrault a vouloir changer de vie.

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Globalement, j’ai bien aimé cette lecture, qui n’est pas prise de tête. Si on se pose des questions durant notre lecture, lorsque le point final est posé, on a toutes nos réponses et on ne reste pas sur notre faim.

Marraine
Editions Noir d’Absinthe
Publication 2019
245 pages

On se retrouve très vite pour des nouvelles lectures, qui ne seront pas des réécritures de contes ! Quoique…
Bonne journée à tous !
Brybry’

Les fleurs du lac – Christelle Angano

Un constat glaçant pour parler de ce livre : « dans le monde, une fillette est excisée toutes les dix secondes ». C’est de cette tradition effroyable dont nous parle Christelle Angano, dans ce court, mais marquant récit.

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Disponible ici et ici.

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Quelques mots sur l’autrice :
Christelle Angano est une autrice française née en 1967, qui a vécu une partie de son enfance en Ethiopie. Professeure de français, elle a écrit plusieurs livres, par exemple De vous à Moi, sorti en 2015.
Son site internet

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Résumé : Mebrat est éthiopienne. Dans son village, on pratique encore l’excision. C’est contre cette tradition que la jeune femme, moderne et courageuse, va décider de s’élever en refusant de confier sa cadette à l’exciseuse. Comment réagira le village ?

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Sujet délicat que celui de l’excision. Il s’agit de parler d’une tradition barbare qui a toujours, hélas, lieu de nos jours, et je dois avouer que, mal à l’aise, j’appréhendais un peu cette lecture.
Ce thème est ici abordé avec justesse, sans que l’autrice ne tombe dans l’excès ou ne se perde dans la moindre voyeurisme. Certaines scènes, bien entendu, sont douloureuses à lire. Que ce soit quand les femmes évoquent leur souffrance physique, tant pendant l’excision, la souffrance morale également, puisqu’il faut subir cette coutume, mais aussi la faire subir si l’on accouche d’une petite fille, mais surtout pour une scène d’excision, pour une jeune enfant, qui est décrite par l’autrice. Les risques (maladies, décès) liés à l’excision ainsi que les douleurs qui perdurent tout au long des années (quotidiennement, pendant les rapports sexuels…) sont eux aussi développés. Impossible de ne pas prendre parfaitement conscience de la barbarie de l’acte.

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Christelle Angano ne nous fait pas prendre un parti via sa plume, elle va simplement exposer des réalités. L’excision est ancrée dans une tradition, qui rend les choses difficiles quand on ne souhaite pas la faire subir à ses enfants et même si la coutume s’essouffle, ses des voix s’élèvent, elles sont facilement étouffées par les regards, les rumeurs qui se répandent si l’on refuse l’excision et la mauvaise réputation qui va avec.
Les fleurs du lac, nous permet d’avoir un panel des différents points de vue qui s’affrontent quant à cette pratique. Ceux qui pensent que la coutume doit perdurer, ceux qui pensent le contraire, et celles et ceux qui sont d’accord, mais qui n’osent pas aller à son encontre, ou encore les femmes qui en souffrent mais pensent que leurs filles doivent également passer par là. Le point de vue de l’exciseuse en personne est également développé.
Ce roman nous permet de voir pourquoi cette pratique existe, perdure, malgré les voix qui s’élèvent contre elle, et à quel point il est difficile de s’en défaire.

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Malgré la dureté du roman, il est tout de même porteur d’un message d’espoir, notamment au travers du personnage de Mebrat, victime de l’excision, qui va décider d’aller contre cette pratique avec sa fille cadette (ce qui est malheureusement trop tard pour son aîné). Elle va élever la voix pour changer les mœurs, et apportera des modifications au fur et à mesure que les oreilles se feront plus attentives.
Et l’espoir devient plus fort avec les chirurgies réparatrices, qui n’effacent pas la tragique expérience de ces femmes, mais qui leur permet de ne plus en souffrir au quotidien.

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Je ne peux pas parler de « belle » lecture pour cet ouvrage, cependant, je dirais qu’il est juste, et même nécessaire. L’autrice a visiblement fait des recherches et sait de quoi elle parle. Un récit touchant que tout le monde devrait lire.

Les fleurs du lac
Editions de la rémanence
Publication 2019
128 pages

A très vite pour une nouvelle lecture !
Brybry’

Ce que murmure la mer – Claire Carabas

La mer est ton miroir, tu contemples ton âme, disait joliment Baudelaire. Cependant, avec le livre que je vous présente aujourd’hui, il sera peut-être temps de prêter attention à ce qu’elle aimerait nous dire… Pour continuer avec une référence moins glorieuse, plongeons donc sous l’océan, avec Ce que murmure la mer.

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Disponible ici, ici, et .

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Quelques mots sur l’autrice :
Claire Carabas est une autrice française, qui a toujours aimé les contes de fées. C’est avec peut-être une certaine logique alors que sa première publication se trouve être Ce que murmure la mer, une réécriture de La Petite Sirène.
Sa page Facebook

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Résumé :  » Je quitte mon monde, une fois de plus, pour aller à la rencontre du vôtre.
Je m’approche des lumières qui ceinturent vos rivages.
Je respire l’odeur de votre terre, de vos plantes et de vos feux.
Je longe vos côtes. Je peux nager longtemps.
Inlassable, je fends l’eau. Je cherche ce chant à nul autre pareil.
Ce chant que les femmes adressent à leurs hommes perdus. « 

L’histoire de la sirène qui aimait l’homme n’a pas d’âge, l’impossibilité de cette pulsion se noue à la manière des grandes tragédies et étouffe inexorablement l’héroïne. Pourtant, quand Galathée aperçoit Yvon, solitaire sur son bateau à voiles, l’amour la foudroie et la pousse à toutes les folies. Éperdue, désespérée, animée par un espoir aveugle, elle parvient à se faire une place dans la vie du jeune marin, mais qu’en est-il de son cœur?

Redécouvrez le conte d’Hans Christian Andersen à travers les témoignages des amants empêchés et vivez le drame comme jamais vous ne l’avez exploré : de l’intérieur.

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La petite sirène n’est résolument pas le conte de fées que je connais le mieux, bien au contraire. Et la perspective de le découvrir presque entièrement à travers cette réécriture ne pouvait que me tenter.
J’ai trouvé que c’était une réécriture bien menée, on reconnait les éléments du conte original (ceci est présent en fin de roman), mais l’autrice a bien laissé son empreinte dessus. Le premier point qui diffère est que l’histoire se passe à notre époque. Bateaux, lumières fortes sur les côtes, océan de plastique, modernité qui contraste avec la vie sous les flots, bien des éléments qui viendront perturber Galathée dans sa quête. Pas de prince charmant tel quel non plus, mais Yvon fera chavirer la sirène malgré tout. Se mêlent, malgré tout, les croyances populaires quant aux sirènes, que certains croient bel et bien exister, tandis que les autres les considèrent comme des mythes purs et durs.

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Je dois dire que j’ai beaucoup apprécier l’atmosphère de ce roman, qui est très bien développée au travers de la plume de l’autrice. Incisive ou au contraire, tendre, on sent quand les personnages sont joyeux, ou au contraire, quand tout bascule. On perçoit sans problème la beauté de l’océan et les dangers du monde extérieur.
Les personnages, eux-même ne sont pas résumés sous une seule facette. Yvon, navigateur, tombera dans l’alcool après son retour sur la terre ferme, mais s’occupera de Galathée, qu’il aurait recueillie sans rien connaître de sa vraie nature.

Difficile, cependant, au fil des pages, de voir se profiler l’image du prince et de sa douce princesse. Il ne suffit pas au duo de se tenir l’un à côté de l’autre, de se regarder dans les yeux pour que le charme opère. Et l’incompréhension, l’incapacité de se comprendre et de communiquer n’aidera pas à l’épanouissement des sentiment de nos deux héros. Personnellement, j’ai aimé ces difficultés (peut-être pas jusqu’au bout, je n’en dis pas plus…), qui évitent que l’on tombe dans une romance qui aurait eu des chances de me déplaire.

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J’ai vraiment beaucoup aimé la plume de Claire Carabas, et plusieurs passages du livres étaient très forts, percutants et m’ont touché. Rien que les premières lignes m’avaient déjà séduites, et j’ai eu du mal à m’en détacher.
Deux points de vue différents se succèdent, celui de Galathée et celui d’Yvon, au travers de son journal de bord. L’écriture varie quelque peu selon le personnage mis en avant dans le chapitre, ce qui est plaisant et permet de les connaître chacun un peu mieux.
Même si la plume m’a séduite et que je ne me suis pas ennuyée à la lecture, j’ai trouve le rythme -des phrases très courtes, qui se succèdent-, un peu redondant.
Le vocabulaire restait tout de même recherché et l’écriture intelligente, un vrai plaisir à lire.

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J’ai eu l’impression que Ce que murmure la mer, offrait plusieurs pistes de réflexions intéressantes (bien plus que, soyons honnêtes, celles que l’on pouvait trouver dans le dessin animé du même nom, par exemple). Est-ce que toutes les quêtes valent réellement la peine d’être menée, Galathée est-elle responsable de toutes ses mésaventures, à quel point un mauvais choix peut empiéter sur le reste de l’existence… ?
Ce qui est sûr, c’est que rien n’est édulcoré, et ce réel rend la réécriture de Claire Crabas plus plausible, même avec la présence de sirènes.

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Ce que murmure la mer
Editions Magic Mirror
Publication 2017
222 pages

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A très vite pour un prochain article !
Brybry’