Marraine – Emilie Chevallier Moreux

Ah, la marraine, ce personnage récurrent des contes de fées, jamais dépourvue de gentillesse et de bonnes paroles pour ses protégés… Si ce fut bien le cas pour Marraine Perrault, c’était il y a longtemps et les temps ont changés.

Disponible ici

Quelques mots sur l’autrice :
Emilie Chevallier Moreux est une autrice française, résidant en Dordogne, où elle enseigne. C’est dès l’année 2017 qu’elle décide de partager ses écrits en participant notamment à plusieurs appels à texte. Ses nouvelles apparaissent dans plusieurs recueils d’anthologie.
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Résumé : Il était une fois, une bonne fée qui se penchait sur le berceau des nouveau-nés afin de les inonder de bienfaits pour les siècles des siècles. Et comme le dirait si bien Ric, l’un de ses petits protégés : trop bonne, trop conne !
Mais quelle mouche a piqué Marraine Perrault pour qu’elle prenne pareils filleuls sous son aile ? Entre Peau d’Âne la mère maquerelle, Aurore la top-modèle siliconée, Cendrillon la veuve noire et Riquet l’alcoolique notoire, on ne peut pas dire que l’affaire soit une réussite. Pour couronner le tout, ses pupilles risquent fort de se dresser entre elle et ce bellâtre slave qui lui est – littéralement – tombé dessus dans un centre commercial new-yorkais.
Parviendra-t-elle à se débarrasser de ces obligations qui l’accablent depuis si longtemps pour enfin trouver chaussure à son pied ? Pas si facile, quand on fait un petit 36…

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Dans cette réinterprétation de conte, le personnage principal n’est pas les princesses ou les princes, non, c’est Marraine Perrault qui est mise au centre de l’histoire. Un peu blasée, la Marraine, de toujours devoir réparer les pots cassés de ses filleuls, qui ont pourtant plusieurs siècles d’existence derrière eux, et qui semblent presque enchaîner les crises d’adolescence. Et quand on voit ce que sont devenus ses protégés, on comprend très bien qu’elle cherche à se sortir de son statut de protectrice.
J’ai beaucoup apprécié le fait que Marraine s’occupe de plusieurs personnages de contes, cela permettant un mélange sympathique qui permet d’aller un peu au-delà de la simple réécriture, puisqu’il y a plusieurs histoire à se réapproprier. S’il y a bien des points communs avec les trames d’origine, elles suivent cependant une route bien différente.

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L’histoire se déroule sur plusieurs époque. Le passé est raconté par Marraine Perrault dans un livre qu’elle écrit autobiographique qu’elle écrit, où elle révèle tout de son histoire et de celle de ses protégés. J’ai trouvé intéressant de lire sur ce qu’elle était, à l’origine. Son secret quant à ses capacités de sorcière, qui l’ont tiré de mauvais pas, mais aussi qui a faillit causer sa perte, et celles d’autres êtres vivants, à plusieurs reprises.
Mais on se retrouve aussi à l’époque moderne, dans un lieu qui n’est pas le moins vivant, puisque Marraine vit désormais à New York, une vie plutôt enviable, presque normale, étant donné qu’elle est autrice et n’utilise pas quotidiennement sa magie.
Tout cela nous permet de voir d’où viennent tous les problèmes de Marraine et ce qui les cause. Il ne tiendra plus qu’à elle d’y mettre fin.

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Dur de s’attacher aux personnages ! Et oui, il faut dire que Cendrillon, Peau d’Âne ou Aurore ne sont pas des plus agréables… Je regrette tout de même un petit manque de maturité généralisé, Marraine Perrault, pas exemple, semblant pencher vers la niaiserie quand elle se retrouve en présence de celui qui pourrait être son prince charmant.

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Si la plume de l’autrice ne m’a pas forcément transcendée, je trouve qu’il y a une différence de style plaisante entre les faits passés et présents, et on peut dire qu’elle fait bien le job et que l’autrice parvient à ses fins sans problème. Je dois avouer que je m’attendais à une histoire un peu plus loufoque en voyant le résumé, mais qu’elle était tout de même assez sérieuse, et surtout, pleine de cynisme. La romance est également présente, mais même si celle-ci joue un grand rôle dans l’histoire, ce n’est pas la seule raison poussant Marraine Perrault a vouloir changer de vie.

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Globalement, j’ai bien aimé cette lecture, qui n’est pas prise de tête. Si on se pose des questions durant notre lecture, lorsque le point final est posé, on a toutes nos réponses et on ne reste pas sur notre faim.

Marraine
Editions Noir d’Absinthe
Publication 2019
245 pages

On se retrouve très vite pour des nouvelles lectures, qui ne seront pas des réécritures de contes ! Quoique…
Bonne journée à tous !
Brybry’

Ce que murmure la mer – Claire Carabas

La mer est ton miroir, tu contemples ton âme, disait joliment Baudelaire. Cependant, avec le livre que je vous présente aujourd’hui, il sera peut-être temps de prêter attention à ce qu’elle aimerait nous dire… Pour continuer avec une référence moins glorieuse, plongeons donc sous l’océan, avec Ce que murmure la mer.

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Disponible ici, ici, et .

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Quelques mots sur l’autrice :
Claire Carabas est une autrice française, qui a toujours aimé les contes de fées. C’est avec peut-être une certaine logique alors que sa première publication se trouve être Ce que murmure la mer, une réécriture de La Petite Sirène.
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Résumé :  » Je quitte mon monde, une fois de plus, pour aller à la rencontre du vôtre.
Je m’approche des lumières qui ceinturent vos rivages.
Je respire l’odeur de votre terre, de vos plantes et de vos feux.
Je longe vos côtes. Je peux nager longtemps.
Inlassable, je fends l’eau. Je cherche ce chant à nul autre pareil.
Ce chant que les femmes adressent à leurs hommes perdus. « 

L’histoire de la sirène qui aimait l’homme n’a pas d’âge, l’impossibilité de cette pulsion se noue à la manière des grandes tragédies et étouffe inexorablement l’héroïne. Pourtant, quand Galathée aperçoit Yvon, solitaire sur son bateau à voiles, l’amour la foudroie et la pousse à toutes les folies. Éperdue, désespérée, animée par un espoir aveugle, elle parvient à se faire une place dans la vie du jeune marin, mais qu’en est-il de son cœur?

Redécouvrez le conte d’Hans Christian Andersen à travers les témoignages des amants empêchés et vivez le drame comme jamais vous ne l’avez exploré : de l’intérieur.

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La petite sirène n’est résolument pas le conte de fées que je connais le mieux, bien au contraire. Et la perspective de le découvrir presque entièrement à travers cette réécriture ne pouvait que me tenter.
J’ai trouvé que c’était une réécriture bien menée, on reconnait les éléments du conte original (ceci est présent en fin de roman), mais l’autrice a bien laissé son empreinte dessus. Le premier point qui diffère est que l’histoire se passe à notre époque. Bateaux, lumières fortes sur les côtes, océan de plastique, modernité qui contraste avec la vie sous les flots, bien des éléments qui viendront perturber Galathée dans sa quête. Pas de prince charmant tel quel non plus, mais Yvon fera chavirer la sirène malgré tout. Se mêlent, malgré tout, les croyances populaires quant aux sirènes, que certains croient bel et bien exister, tandis que les autres les considèrent comme des mythes purs et durs.

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Je dois dire que j’ai beaucoup apprécier l’atmosphère de ce roman, qui est très bien développée au travers de la plume de l’autrice. Incisive ou au contraire, tendre, on sent quand les personnages sont joyeux, ou au contraire, quand tout bascule. On perçoit sans problème la beauté de l’océan et les dangers du monde extérieur.
Les personnages, eux-même ne sont pas résumés sous une seule facette. Yvon, navigateur, tombera dans l’alcool après son retour sur la terre ferme, mais s’occupera de Galathée, qu’il aurait recueillie sans rien connaître de sa vraie nature.

Difficile, cependant, au fil des pages, de voir se profiler l’image du prince et de sa douce princesse. Il ne suffit pas au duo de se tenir l’un à côté de l’autre, de se regarder dans les yeux pour que le charme opère. Et l’incompréhension, l’incapacité de se comprendre et de communiquer n’aidera pas à l’épanouissement des sentiment de nos deux héros. Personnellement, j’ai aimé ces difficultés (peut-être pas jusqu’au bout, je n’en dis pas plus…), qui évitent que l’on tombe dans une romance qui aurait eu des chances de me déplaire.

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J’ai vraiment beaucoup aimé la plume de Claire Carabas, et plusieurs passages du livres étaient très forts, percutants et m’ont touché. Rien que les premières lignes m’avaient déjà séduites, et j’ai eu du mal à m’en détacher.
Deux points de vue différents se succèdent, celui de Galathée et celui d’Yvon, au travers de son journal de bord. L’écriture varie quelque peu selon le personnage mis en avant dans le chapitre, ce qui est plaisant et permet de les connaître chacun un peu mieux.
Même si la plume m’a séduite et que je ne me suis pas ennuyée à la lecture, j’ai trouve le rythme -des phrases très courtes, qui se succèdent-, un peu redondant.
Le vocabulaire restait tout de même recherché et l’écriture intelligente, un vrai plaisir à lire.

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J’ai eu l’impression que Ce que murmure la mer, offrait plusieurs pistes de réflexions intéressantes (bien plus que, soyons honnêtes, celles que l’on pouvait trouver dans le dessin animé du même nom, par exemple). Est-ce que toutes les quêtes valent réellement la peine d’être menée, Galathée est-elle responsable de toutes ses mésaventures, à quel point un mauvais choix peut empiéter sur le reste de l’existence… ?
Ce qui est sûr, c’est que rien n’est édulcoré, et ce réel rend la réécriture de Claire Crabas plus plausible, même avec la présence de sirènes.

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Ce que murmure la mer
Editions Magic Mirror
Publication 2017
222 pages

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A très vite pour un prochain article !
Brybry’

Le Musicien – Annabelle Blangier

Lorsqu’un musicien arrive dans le petit village de Hamelin, peu fréquenté par des étrangers, et encore moins par des instrumentistes, quelques doutes apparaissent, avant d’être rapidement balayés par de douces illusions… Puis reviennent danser avec lui les fantômes du passés.

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Ce livre a été obtenu via un Service Presse avec la maison d’édition Magic Mirror que je remercie !

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Quelques informations sur l’autrice :
Annabelle Blangier est une autrice française née en 1989. Intéressée depuis son jeune âge par la littérature, elle a écrit son premier roman à 15 ans, mais a préféré attendre plusieurs années avant de l’envoyer en Maison d’Edition. Elle a également suivit des études de lettres dans la ville d’Amiens. Si l’horreur et le fantastique sont des styles qui lui plaisent beaucoup, elle ne se limite pas à ceux-ci et elle s’inspire tant d’autres auteurs que de la musique lorsqu’elle pose ses mots sur papiers.
On peut retrouver sa plume dans différentes anthologies, ainsi que dans plusieurs romans, comme l’Intrus ou encore Une dette à payer.

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Résumé : Aucun village n’est aussi paisible que Hamelin. Conduits par un maire juste et protecteur, les habitants s’épanouissent en toute sérénité. Seule Lore, petite-fille du couple dirigeant, demeure frustrée de l’embargo posé sur la musique par son grand-père. Mais l’arrivée en ville d’un jeune virtuose pourrait bien faire imploser les règles sclérosées.
Au rythme des cours de musique clandestins qu’il donne à Lore, Raffael va peu à peu remuer le passé inavouable de Hamelin. À mesure que les désirs de vengeance s’exacerbent et que la mélodie du violon envoûte les cœurs, les masques tombent et le village plonge dans une spirale de violence sans précédent.
Lore, comme chaque habitant, sera mise face à un dilemme insoutenable.
Saura-t-elle choisir entre le devoir moral qui lui incombe et la tentation du châtiment qui la ronge ?

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Le Musicien fait partie de la collection Forgotten de la maison d’édition Magic Mirror, ce qui le classe donc dans les contes oubliés. Je ne savais que peu de choses sur le récit original, Le joueur de flûte de Hamelin, des frères Grimm. On peut résumer mes connaissances en trois mots : flûte, enfant, rats. Autant dire que j’étais dans la découverte totale dans ce roman et que je ne savais vraiment pas à quoi m’attendre. Mais j’étais déjà complètement sous le charme, grâce à la jolie couverture dessinée par Mina M, qui sublime ce roman.

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On se retrouve très rapidement plongé dans l’histoire d’un petit village, Hamelin, qui semble obéir à des règles immuables, édictées par le Maire et ses conseillers. Mais l’arrivée d’un Musicien bouleverse les habitudes de cette petite bourgade rarement visitée par des étrangers. Raffael, charismatique, mais mystérieux, n’a pas mis les pieds à Hamelin par hasard, et il faudra faire défiler les pages avant de tout savoir sur lui. Lore, la petite fille du Maire et de sa femme sera subjuguée par les talents musicaux de cet homme et ne tardera pas à devenir proche de lui, rêvant d’apprendre elle aussi à manier d’un instrument, et d’échapper à ce que son statut ainsi que sa famille, cherchent à lui imposer.

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Je me suis laissée prendre très facilement dans ce récit, notamment avec le premier chapitre, qui nous met très rapidement dans l’ambiance, et qui laisse déjà filtrer quelques indices quant à ce qui se passera à l’avenir, si on y est assez attentif (non, ce ne fut pas mon cas…).
Les différentes ambiances sont bien retranscrites, et on découvre avec plaisir le village de Hamelin, son histoires et ses habitants, tout se dévoilant au fur et à mesure. J’ai tout particulièrement aimé lire les passages concernant les enchantements, les effets qu’ils ont sur les gens et aussi l’atmosphère étrange, éthérée, qu’ils créent. Dans la même optique, j’ai également apprécié tous les passages qui parlaient de la musique, de ce qu’elle peut faire ressentir à ceux qui l’écoutent, et ce qu’elle révèle selon les airs joués. La plume d’Annabelle Blangier m’a réellement séduite, j’ai réellement eu l’impression de lire un conte et je n’ai eu aucun mal à imaginer les scènes qui se déroulaient. Il me faut tout de même dire que certains passages, marquant un tournant dans l’histoire, avaient un côté plus glauque, ce qui n’a pas été sans me rappeler les contes de fées originaux, qui ne sont pas en reste de ce côté là.

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Plusieurs points de vue se succèdent, et le narrateur met en avant plusieurs personnages vivant à Hamelin. De Lore et ses grands-parents, riches dirigeants de la ville, aux domestiques et amies de la jeune fille, en passant par Angelika, l’aubergiste logeant Raffael, qui, bien que séduite par le jeune-homme, n’est pas pour autant dupe. J’ai d’ailleurs eu un coup de coeur pour ce personnage, une femme courageuse qui n’hésite pas à agir, même contre ses envies, s’il le faut, écoutant son instinct.
Lore n’est pas parfaite, mais ses réactions aux différents événements m’ont paru justifiées, d’autant plus qu’elle n’a que seize ans, a toujours vécu dans un environnement assez rigide et privée de la vérité concernant sa famille.
On découvre le Musicien progressivement, on doute de lui, mais surtout, on veut connaître ses motivations. Libre à chacun de juger par la suite du bien fondé de ses agissements. Mystérieux, renfermé, ce n’est pas pour autant qu’il n’a jamais éprouvé de sentiments bien humains, au contraire.
J’ai beaucoup aimé découvrir les personnages plus secondaires, comme Jessika, Gretchen, ou encore les conseillés du Maire. Tous ont leur histoire, leur passé et ne sont pas là pour servir de faire-valoir aux protagonistes principaux.
La frontière entre les bons et les méchants est très fine, on voit les motivations de chacun et ce qui les pousse à faire leurs choix et, parfois, leurs mauvaises actions. Aucun personnage n’est outrageusement sublimé, et même pour Raffael, enchanteur, on se penche bien vite sur son côté plus sombre.

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Le Musicien est un roman qui contient beaucoup de mystères. Comment Hamelin a acquis sa réputation de ville imprenable, alors qu’elle n’a aucune armée ? Comment la population connait son histoire, sans réellement savoir ? Qu’est-il réellement arrivé à la mère de Lore ? Chacune de ces interrogations trouve sa réponse, sans apparaître de nulle part ni avoir une réponse que l’on pourrait trouver superficielle au vu des conséquences.

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Le Musicien est une lecture que je recommande sincèrement. C’est avec plaisir que je me suis plongée dans l’histoire de chacun des personnages et que j’ai découvert leur passé, dans cet univers extrêmement bien mené par Annabelle Blangier. Les références au conte original (présent en fin d’ouvrage) sont bien là, et l’on retrouve par moment la même ambiance dérangeante dans ces deux récits. Je pense pouvoir dire que ce roman a été un coup de coeur pour moi.

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Le Musicien
Editions Magic Mirror
Publication 2019
327 pages

Connaissez-vous Le Musicien ? Etes-vous friands des réécritures de contes ?

A très vite pour un prochain article !
Brybry’

Contes des sages qui lisent dans les étoiles – Patrick Fischmann

J’adore regarder les étoiles, tout comme j’adore lire. Quand j’ai vu ce recueil de contes qui combinait les deux, je n’ai pas pu m’empêcher de l’emprunter, afin de découvrir des légendes de plusieurs pays sur ces astres que j’aime tant.

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Quelques mots sur l’auteur :
Patrick Fischmann est né en 1964 à Neuilly-Sur-Seine. Poète, écrivain et conteur, il est également musicien, auteur, compositeur et interprète. Il a fondé le Théâtre du Vivant créant de multiples spectacles,contes musicaux, danses…, qu’il présentera autant dans les maisons d’arrêt que pour des publics étrangers ou pour les personnes en situation de handicap.
Il voyage beaucoup et va à la rencontre des peuples autochtones, créant des liens avec eux. Il a par ailleurs travaillé avec l’écrivain et poète G Mend-Ooyo afin d’écrire la première anthologie de contes mongols.

Amateurs de contes, il a enregistré une dizaine de contes musicaux et a travaillé sur une grande partie de la collection « Contes des sages », en plus d’autres travaux.

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Résumé :
Voici réunis dans un même recueil des mythes cananéen, celte, égyptien, grec, indien, maya, tahitien, chinois, etc., des légendes, kirghiz, aborigène, amérindienne, orientale, des contes et récits de la Renaissance et des Lumières ainsi qu’une fiction contemporaine. A travers les vastes espaces de l’imaginaire, les « sages qui lisent dans les étoiles » contemplent un univers qui abolit le temps ; du géant Orion à la Mer de lait, un monde peuplé d’astrologues, d’alchimistes et de savants poètes. On côtoie une étoile amoureuse et un panier volant, on rencontre l’Aurore, des elfes, Giordano Bruno, Titien, Mozart… On accompagne les rois mages, on va par les chemins de Compostelle, sous la voûte céleste où d’innombrables étoiles nous parlent de nous-mêmes et de notre Odyssée.

Une somptueuse iconographie dialogue avec la farandole, pour faire de ce livre un compagnon de voyage vers l’infini.

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En choisissant ce livre dans ma médiathèque, je dois avouer une chose : si je l’ai emprunté, ce n’est pas uniquement parce que j’aime les étoiles, mais surtout parce que je l’ai trouvé magnifique. La couverture et ses couleurs sont absolument dans le thème, mais surtout une fois qu’on l’ouvre, on se retrouve avec des pages très belles, avec des marges sublimes et aussi, ici et là, des illustrations absolument splendides. De quoi vouloir s’y plonger et replonger juste pour le plaisir des yeux.

Les contes sont nombreux, on en trouve plus d’une trentaine. Ils sont issus de tous horizons (comme le mentionne très bien le résumé) et aussi d’époques variées, et ainsi l’on trouve parfois des personnages connus au cœur de certains d’entre eux, comme Mozart par exemple.
Chaque histoire est courte, entre trois-quatre pages, jusqu’à une petite dizaine. Cependant, je recommanderai tout de même de laisser passer du temps entre deux contes, plutôt que des les enchaîner les uns à la suite des autres.

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Les Contes des sages qui lisent dans les étoiles permet d’avoir un aperçu de nombreuses cultures, ainsi que des mythes et des histoires qui ont forgé des peuples, leur façon de vivre, leur morale. Il est intéressent de voir les similitudes dans certains contes. Forcément, les thèmes sont souvent similaires et ils reviennent d’une histoire à l’autre, mais ils sont développés de manières totalement différentes. Les étoiles, le ciel, la lune, le soleil, sont bien évidemment présents, mais l’on trouve également plusieurs histoires d’amour et quelques histoires de prophéties.

Parmi tous ces contes, il y en a quelques uns qui m’ont particulièrement plu, comme les métamorphoses de Pan’Ku (légende de Chine), où le géant endormi brise l’oeuf dans lequel il se reposait avant de créer le monde, Qui ne voit qu’une étoile doit apprendre (Légende de l’inde), où le dieu de la Lune tombe amoureux d’une étoile mais ignore les autres ou encore Si la lune est avec toi (contes orientaux), où Hassan, mendiant se retrouve prophète au service du sultan.
J’ai également apprécié le conte Le chant des astres, qui se déroule à Paris et qui se situe donc dans un espace que je connais un peu. Il en va de même pour La flûte céleste qui met en scène Mozart ou encore La fresque de Khenemet ouret qui parle de la légende de Nout égyptienne dont j’avais déjà connaissance.

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J’ai bien aimé ma lecture des Contes des sages qui lisent dans les étoiles, même si j’aurais quelques petits bémols à émettre. Par exemple, étant donné que les contes sont courts, il peut être assez difficile de s’immerger dedans, notamment lorsqu’il y a beaucoup de termes en langue étrangère qui sont laissés tels quels dans le texte. C’est pour cette raison que je recommanderai de laisser du temps passer avant de lire un autre conte, voire de faire quelques recherches pour être moins bloqué et pouvoir profiter mieux de l’histoire lors d’une relecture.
Cependant, cela reste une très belle façon d’appréhender plusieurs cultures, d’en avoir un aperçu où même de se rappeler de mythes et de légendes déjà entendues auparavant.
La bibliographie en fin d’ouvrage est assez riche et je pense que lire les ouvrages conseillés pourrait offrir une meilleure vision de ces contes, et même d’en découvrir de nouveaux qui seraient plus ciblés sur un pays ou sur un peuple.

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Contes des sages qui lisent dans les étoiles
Editions Seuil
Publication 2010
Pages 235

Connaissez vous la collection « Contes des Sages » ? En avez-vous déjà lu ? Connaissez-vous des légendes sur les étoiles ?

A très bientôt pour un prochain article !
Brybry

Le Bois Sans Songe – Laetitia Arnould

Les contes de fées ont une certaine saveur pour de nombreuses personnes : c’est avec eux que beaucoup découvrent la lecture. Autant dire que j’étais plus que ravie de lire Le Bois Sans Songe, publié par Magic Mirror, maison d’édition spécialisée dans la réécriture de contes.

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Merci à la Maison d’Edition Magic Mirror de m’avoir donné l’opportunité de faire ce service presse !

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Quelques mots sur l’autrice :
Née au milieu des années 80 en France, Laetitia Arnould ne s’intéresse pas qu’à l’écriture, puisqu’elle touche également au dessin. Organisée et motivée par ses histoires, elle peut enchaîner les heures de travail sans relâche, jusqu’à ce qu’elle écrive le point final. Ses univers touchent tout le monde et ses ouvrages sont autant adressés aux adultes qu’aux plus jeunes.

Le Bois Sans Songe n’est pas la seule réécriture de Laeticia Arnould, sa première publication chez Magic Mirror étant le roman Ronces Blanches et Roses Rouges. Parmi ses autres livres, on retrouve Aeternam Opera ou encore La petite fille à l’ombrelle, dont les titres laissent déjà filtrer une certaine poésie.

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Quatrième de couverture :
Il est des larmes qui ne sèchent pas. Il est des blessures qui restent ouvertes.
Il est des êtres qui les surmontent quand d’autres finissent par sombrer.
Il est ceux qui les gardent en eux. À jamais.

Comment survivre quand on est la seule personne éveillée parmi des êtres en proie à des cauchemars éternels ?
Princesse héritière de Modighjem, Liv se retrouve isolée, prisonnière de son pays désormais morne, séparée du reste du monde par un bois infranchissable, né le soir de la malédiction. Jusqu’au jour où son destin erratique croise celui de ce personnage entouré de ténèbres, avec son parapluie pagode et ses airs de prince maudit…
Pourquoi continuer à vivre quand les personnes qui nous étaient chères ont été massacrées, quand une principauté entière a sombré face à la rage des hommes et que l’on est seul, le dernier représentant de son peuple ?
Lennart Leifsen a choisi la vengeance comme raison d’exister. Retranché dans son lugubre manoir, penché sur son rouet, il tisse chaque soir, à partir de ses larmes, le sort qui maintient les Modigs sous le joug de ses tourments. Jusqu’à ce que survienne cette jeune fille dépenaillée, aussi agaçante qu’inconsciente, et que les larmes providentielles se refusent à lui… 

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Tout d’abord, je dois avouer que je n’avais encore jamais lu de réécriture de contes et j’étais curieuse de savoir dans quoi j’allais me lancer. A quel point j’allais retrouver l’intrigue principale ? Et les personnages ? Des petites références discrètes ou évidentes ? Bref, j’avais plein d’interrogations avant même de commencer ma lecture.

Pour Le Bois Sans Songe, Laeticia Arnould mêle deux contes : La Belle au Bois Dormant et Le Petit Elfe Ferme-l’oeil. Je connaissais le premier mais ignorais tout du second aussi je n’ai pas pu relever les références à celui-ci lors de ma lecture.
On retrouve les grandes lignes de La Belle au Bois Dormant : une princesse est victime d’une malédiction, des fées veillent sur elle, le rouet si dangereux du conte original est là… Ces éléments sont présents d’une manière évidente et on sait immédiatement à quoi ils font référence. Cependant, tout ne se déroule pas à l’identique de l’oeuvre de base, loin de là. La malédiction, par exemple, a une nouvelle perspective qui offre un aspect intéressant au récit et le fuseau n’en est pas à l’origine ! Mais celui-ci entraîne un passage assez piquant dans le texte. Il y a également d’autres références, plus ou moins évidentes au long du récit, et je ne doute pas une seule seconde qu’il en soit de même pour Le Petit Elfe Ferme-l’oeil.

Même si l’autrice a réutilisé ces éléments, on les redécouvre au fur et à mesure sans que le déroulement de l’histoire soit rendu évident dès les premières pages du livre. Tout a été remanié dans le style de Laetitia Arnould, ce qui offre une solidité et une richesse à son ouvrage.

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A la lecture, on ressent bien que l’univers a été construit en amont. Logique et cohérent, il est en plus maîtrisé et l’autrice sait très bien où elle veut aller puisqu’elle nous y mène avec brio.
Au niveau des descriptions, j’ai trouvé la plume de Laeticia Arnould assez incroyable. Il est impossible de ne pas se projeter dans l’espace tant il y a de précisions, qui n’étouffent pas pour autant le texte puisque aucune description n’est lourde ou superflue. Le vocabulaire est lui aussi riche et précis ce qui permet au récit d’avoir une élégance toute particulière. On peut tout visualiser sans aucun problème, que ce soit pour les lieux ou pour les vêtements et c’est vraiment un des aspects que j’ai le plus apprécié dans ce livre.
La magie, également, est un des points forts du Bois Sans Songe. Il est intéressant de voir sur quoi elle se tisse, comment elle prend forme et ce qu’elle peut amener, ainsi que la façon dont elle réagit aux sentiments par exemple.

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L’autrice alterne les points de vue, nous permettant ainsi de vivre l’histoire au travers de Liv et de Lennart. Si les chapitres nous font suivre leur évolution au travers des pages, les quelques réminiscences elles, nous offrent des informations essentielles sur le passé de l’un des deux et sont plus que bienvenues.
Au sujet des personnages, je dois avouer que je n’ai pas été totalement convaincue, notamment à cause de certaines réactions, ce qui m’a empêché de m’attacher à eux. J’ai été un peu décontenancée parfois par leur comportement, qui servait à l’histoire, mais me semblait un peu forcé pour faire avancer le récit dans une direction précise.
Cependant, j’ai tout de même eu une petite préférence pour Lennart. J’ai apprécié découvrir son passé et tous les éléments qui l’ont conduit à être celui qu’il était au moment du récit. La construction de ce personnage est intéressante, et on sent très vite qu’il faut voir au delà des apparences pour savoir qui est le véritable ennemi dans l’histoire, même si l’autrice distille des éléments qui nous font douter ici et là.

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Initialement, je m’attendais à ce que le récit se déroule au Moyen-Age, ou à la Renaissance, puisque c’est dans ces époques que j’imagine les contes de fées. Cependant, Le Bois Sans Songe semble se dérouler à une ère plus moderne, car même s’il existe toujours des bals et soirées mondaines, il y a des mentions à une technologie plus moderne, avec notamment l’éclairage au gaz. Et pourtant, cette sensation que le récit se déroule presque entre deux époques ajoute à la poésie du texte, lui donne un côté un peu plus mystérieux et relève en plus son côté féerique.

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J’ai été surprise par quelques fautes et coquilles qui sont passées au travers des mailles de la correction, mais qui, heureusement n’étaient pas si nombreuses.
Malgré tout, ma lecture du Bois Sans Songe a été plutôt agréable, même s’il y a eu quelques longueurs. J’ai aimé redécouvrir le conte de La Belle au Bois Dormant sous un autre angle, et j’ai désormais très envie de lire Le Petit Elfe Ferme-l’oeil. Laetitia Arnould a très bien réussi à mêler les deux contes à sa touche personnelle, et non l’inverse. C’est une lecture qui m’a à la fois donné envie de redécouvrir des vieux contes, d’en lire des nouveaux et de me plonger dans d’autres récits de cette autrice.

Le Bois Sans Songe
Editions Magic Mirror
Parution 2018
456 pages

Avez-vous lu ce livre ? Connaissez-vous d’autres réécritures de contes ?

A très très vite pour un nouvel article !
Brybry’