Les aigles de Vishan Lour – Pierre Bottero

J’ai eu la chance de recevoir ce livre via une masse critique privilégiée sur Babelio. Je dois avouer que ma lecture a été empreinte d’une certaine émotion, pouvoir lire des mots inédits de cet auteur, dont j’avais découvert quelques œuvres dans ma jeunesse, ne pouvait que me plaire.

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Disponible ici, ici et .

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Quelques mots sur l’auteur :
Pierre Bottero est peut-être l’Auteur français auquel on pense lorsqu’on parle de fantasy dans la littérature jeunesse. Né en 1964, il se plonge dans les univers de grands maîtres du genre, comme J.R.R Tolkien, Philip Jose Farmer ou Marion Zimmer Bradley. D’abord instituteur, il va se consacrer à l’écriture dès 2005. Il décédera malheureusement d’un accident quatre ans plus tard.
Parmi ses œuvres les plus connues, on compte notamment la trilogie de La Quête d’Ewilan, celle du Pacte des Marchombres ou encore les Âmes Croisées.

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Le livre est posé sur des feuilles mortes, en haut à droite se trouvent une bougie allumée ainsi qu'une pomme de pin.

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Résumé : Plume est une Ombre, une jeune acrobate qui sillonne les rues d’AnÓcour et vole pour survivre. Estéblan est un écuyer de la confrérie des Chevaliers du Vent. Il accompagne la délégation qui sera reçue au palais et doit nouer des relations avec le nouveau roi qui s’est emparé du pouvoir sans être adoubé par la confrérie.
Quand la délégation est assassinée, Estéblan décide de venger ses compagnons. Mais il croise Plume. Plume qui le dissuade d’intervenir… dans l’immédiat.

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Cette nouvelle est très courte, on peut que le résumé contient toutes les grandes lignes de l’histoire, mais cela ne pose aucun problème pour savourer chacune des pages. Je recommanderai d’ailleurs de prendre son temps à la lecture, de ne pas enchaîner les pages à toute vitesse pour découvrir un travail inédit de Pierre Bottero avec avidité. Vraiment, savourez-le même si vous pourrez le relire à l’infini.

L’intrigue est extrêmement prometteuse, et j’ai détesté m’approcher de la fin au fur et à mesure de ma lecture, sachant que beaucoup de choses allaient, forcément, rester en suspens. Dans un sens, elle se suffit à elle même, mais je n’aurais pas dit non à deux cents ou trois cents pages de plus. Pourtant, j’ai, sans aucun mal, réussi à voir un univers s’esquisser dans mon esprit, avec ses enjeux, son histoire, ses créatures fantastiques. Tout est prometteur et ne peut que nous laisser rêveur à la fin de notre lecture.

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Les personnages, que ce soit Plume ou Estléban, les deux héros de cette histoire sont attachants, plaisants, bien que différents. On les découvre rapidement, le livre étant assez court, impossible de faire attendre le lecteur pour introduire et développer les personnages. Au bout de quelques pages à leurs côtés, on connaît quelques bribes de leurs passés, leur présent et leurs espoirs futurs. Plusieurs personnages secondaires sont également présentés, et bien qu’ils ne fassent que quelques apparitions, on apprend rapidement quel est leur caractère et le rôle qu’ils jouent dans l’histoire.
C’est la voleuse qui ouvre l’histoire, nous plongeant directement dans l’action et dans une situation assez risquée, puis l’on découvre l’écuyer à la fois fier et timide parmi les Chevalier du Vent qu’il espère rejoindre un jour. Leur chemin va finir par se croiser et nos deux héros, courageux, battants, avec des principes qui diffèrent toutefois, n’auront pas d’autre choix que de s’associer afin de s’en sortir.

La plume, et bien… c’est celle de Bottero ! Elle nous emmène rapidement, développe joliment les choses, sans être trop pompeuse ni trop simpliste. Je retrouve sans peine le style qui m’avait tant permis de rêver quand j’étais plus jeune.
On se laisse simplement emporter, on s’amuse à relire certaines phrases qui captent notre attention… A peine terminé, je sais déjà que je relirai ce livre, avec autant de plaisir que la première fois.

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J’ai un peu eu peur de ne pas tout comprendre et d’être perdue, avec les noms de lieu ou de personnages, aimant et devant prendre tout le temps du monde afin de tout bien retenir. Cela n’a pas été le cas ici, je n’ai pas eu de mal à retenir les différents personnages. Même si l’intrigue avance vite, l’auteur prend tout de même la peine de bien en poser les bases et il n’y a alors aucun problème pour le lecteur, même si celui-ci n’est pas familiarisé avec l’univers de Gwendalavir (pour preuve, même ma mère l’a lu!).

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Cette chronique est peut-être plus courte que celles que je fais habituellement, mais impossible d’en dire plus sur ce livre sans trop en révéler ! Je dois avouer avoir été émue à ma lecture, surtout après avoir lu la préface écrite par Claudine Bottero, l’épouse de l’auteur. En tout cas, je n’ai qu’une envie après cette lecture : me replonger dans toute l’oeuvre de Bottero et la (re)découvrir.

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Les aigles de Vishan Lour
Editions Rageot
Publication 2019
90 pages

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Une très belle journée à tous et à bientôt pour un nouvel article !
Brybry’

The Wicked Deep – Shea Ernshaw

Plonger dans les profondeurs de la mer bordant le village maudit de Sparrow n’est pas forcément ce qu’il y a de plus plaisant à faire. Mais qui peut prétendre résister à la malédiction des Swan Sisters ?

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Disponible ici, ici ou

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Quelques mots sur l’autrice :
Shea Ernshaw est une autrice américaine, vivant dans l’Oregon. Elle a toujours su qu’elle voulait faire de l’écriture son métier, bien qu’elle ait également d’autres passions, comme le yoga ou les pâtisseries vegan. The Wicked Deep est son premier roman. Best seller du New York Times, il a été traduit en onze langues et sera adapté sur Netflix.
Son site internet

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Résumé : C’est une histoire de vengeance…
Il y a près de deux siècles, Marguerite, Aurora et Hazel Swan, trois jeunes femmes belles, libres et indépendantes, furent accusées de sorcellerie par les habitants de la ville de Sparrow. Des pierres accrochées aux chevilles, les trois sœurs furent noyées. Exécutées. Depuis ce jour, chaque année au mois de juin, les sœurs Swan sortent des eaux de la baie pour choisir trois jeunes filles, trois hôtes. Dans le corps de ces adolescentes, Marguerite, Aurora et Hazel reviennent se venger. Et cette année encore, Penny le sait, alors que les touristes afflueront, on retrouvera des cadavres de jeunes hommes sur la plage… Car cette malédiction, rien ne semble pouvoir l’arrêter.

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Petite nouveauté pour cet article (ça ne sera pas systématique), je vous propose d’écouter une chanson, qui colle parfaitement au livre à mes yeux. Un petit clic sur la note si ça vous tente !

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Ma lecture a été plaisante, même si, au début, j’ai crains de ne pas m’attacher au personnage principal. En effet, Penny, une adolescente un peu exclue, qui vit loin des autres et qui est la seule à aimer l’atmosphère lugubre de l’île. J’ai eu peur que ce soit le style de personnage trop dark, que je n’apprécie pas particulièrement. Mais, on apprend à mieux à la connaître, et elle devient de plus en plus appréciable. Débrouillarde, elle n’a certes pas eu un passé tranquille, mais elle fait énormément d’efforts pour s’en sortir. J’ai trouvé que l’on découvrait suffisamment en profondeur chacun des personnages, et qu’on a de quoi s’attacher, ou non, à eux.
Je dois cependant avouer que j’ai eu l’impression d’avoir quelques clichés devant moi par moment, ne serait-ce qu’avec Bo, fraîchement arrivé sur l’île, qui est heureusement là pour sortir l’héroïne d’un mauvais pas. Sans dire non plus que les personnages sont manichéens, il y en a tout de même qui sont simplement méchants et moins nuancés que les autres.

Quant aux Swan Sisters et leur malédiction, j’aurais tout à fait pu lire un livre entier consacré à leur vie. Grâce à une alternance dans les chapitres, avec un certain nombre de flash-back permettant de tout connaître en détail, on apprend à les connaître lorsqu’elles étaient bien vivantes et travaillaient en parfumerie. Joies, peines, amourettes, Amour, tout est passé en revu et nous permet d’en savoir plus sur ces trois sœurs au caractère bien différent. J’ai adoré lire ces flash-back qui sont un vrai point fort du livre à mes yeux.
On voit aussi comment la ville de Sparrow a vécu les événements, tant à l’époque qu’actuellement. Et force est de constater que certains ont toujours les mêmes pensées que deux siècles auparavant…

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J’ai beaucoup aimé ma lecture de The Wicked Deep, cependant, j’y ai trouvé quelques défauts et, notamment un que j’ai trouvé trop… trop.
Le point qui m’a semblé le plus étrange est toute la notoriété du village de Sparrow autour des Swan Sisters. Qu’une légende attire des touristes, soit. Mais ici, c’est autre chose. En effet, tous les ans, un festival a lieu en l’honneur des trois soeurs, et les visiteurs affluent en grand nombre. Cependant, chaque année, obligatoirement, il y a des morts par noyade, et ces meurtres (puisqu’ils en sont), sont perpétrés par les soeurs. Malgré tout, les gens viennent sans trop s’en soucier, alors qu’ils sont tous au courant que ce ne sont pas des accidents et que c’est le fruit d’une malédiction. Quels parents voudraient y emmener leurs enfants, au risque de les retrouver morts ? Et pourquoi, chaque année, les autochtones restent, alors qu’il y a deux cents ans que des jeunes hommes sont tués et qu’il pourrait s’agir de leur fils ? Sachant en plus que les jeunes femmes vont dans l’eau lors d’une soirée afin de, peut-être, se faire posséder…
Dans ma tête, c’est incompréhensible que des personnes viennent à Sparrow dans ces circonstances, même si un personnage parle d’un tourisme morbide (certains cherchent tout de même à prendre des photos des cadavres…), je n’arrive pas à trouver cela justifiable.

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Attention, ce paragraphe va contenir du spoil ! Si vous voulez l’éviter, rendez-vous à l’astérisque suivante !

Une interrogation persiste tout de même à mes yeux : les trois soeurs ont été condamnées alors qu’elles étaient innocentes et n’avaient jamais été des sorcières, à proprement parler. Alors, je me demande qu’elles sont les origines de la Malédiction ? Pourquoi ces trois femmes ordinaires qui n’ont pas pratiqué la sorcellerie se retrouvent vraiment en position de sorcière ? Je ne sais plus si cela a été évoqué par l’autrice dans le livre, mais, après coup, cela me semble étrange.
Un autre point qui m’a dérangé est la résolution de l’histoire, à la toute fin du roman. Je trouve que la malédiction a été levée un peu trop facilement. Il a suffit qu’une seule des sœurs revive la noyade pour que les deux autres soient également libérée de la malédiction, alors que je pensais qu’il fallait que les trois subissent la même chose. Et étant donné que Hazel revient sous forme de fantôme… est-ce qu’on peut vraiment dire que c’est fini ?

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J’ai plutôt été séduite par la plume, et j’ai trouvé qu’elle s’améliorait même au fil des pages, passant d’un style relativement simples à un plus recherché et poussé. J’ai trouvé que l’ambiance était bien posée, étrange et presque humide. On ne peut pas dire que c’est une lecture donnant particulièrement chaud.
Je trouve que l’autrice a répondu à toutes les questions que l’on pouvait se poser au fil de la lecture (pourquoi les Swan Sisters ont été condamnées, qu’est-il arrivé au frère de Bo, au père de Penny…) ce qui est tant mieux, car je suis toujours déçue lorsqu’un point important est éclipsé de l’histoire. Ce n’est pas le cas ici, et je pense même qu’on peut dire que les personnages n’ont pas de secret pour nous… surtout si on arrive à lire entre les lignes et à trouver de qui les soeurs ont pris possession.

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The Wicked Deep est une histoire intrigante, qui nous emmène loin. Malgré les défauts que je lui ai trouvé, avec certains choix au niveau de l’intrigue, cette lecture m’a tout de même plu et suffisamment distraite pour que je ne la regrette pas, sans oublier que le livre est particulièrement beau et que c’est toujours un bon point de plus.

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The Wicked Deep
Edition Rageot
Publication 2019
384 pages

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Avez-vous lu The Wicked Deep ? Je serai curieuse de savoir si vous êtes d’accord avec les points que j’ai développés !

A bientôt pour un autre article !
Brybry’

L’arrache-mots – Judith Bouilloc

L’arrache-mots est un livre qui m’a très vite donné envie de le lire… Un roman où l’héroïne peut donner vie aux histoire qu’elle lit à voix haute ? Je dis oui tout de suite ! J’ai trouvé cette idée tellement poétique, et quand on y réfléchit bien, n’est-ce pas ce qu’il se déroule à chaque fois qu’on lit un bon livre ?

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Ce livre a été obtenu via le site netgalley.

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Quelques mots sur l’autrice :
Judith Bouilloc est une autrice française, née à Saint-Etienne en 1988. Elle a fait des études en Lettres Modernes et est également diplômée en Science-Politique.
Elle a rédigé son premier roman, les Maîtres du Vent (publié en 2016) alors qu’elle demeurait en Allemagne. Si elle aime la littérature, elle n’aime pas exclusivement les genres de l’imaginaire et ne sera pas fermée à la poésie par exemple.
Son site internet

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Résumé :
«  La phrase s’écoula de ses lèvres lentement, intelligiblement. Les enfants retinrent leur souffle. Au cœur de la bibliothèque de Pergame, la magie opéra encore une fois. Les caractères se décollèrent de la page en tremblotant, ils virevoltèrent sous le nez de la jeune femme avant de dessiner quatre silhouettes distinctes. Les gamins pouvaient reconnaître le marchand d’habits accoutré d’un magnifique pourpoint, et ses trois filles, dont l’une était vêtue avec moins de fanfreluches que les autres… c’était la Belle.  »
La jeune Iliade a un don merveilleux  : le pouvoir de donner vie aux mots et aux histoires. Ce don fait d’elle la bibliothécaire la plus célèbre de tout le royaume d’Esmérie.
Le matin où elle reçoit une demande en mariage presque anonyme, elle n’est sûre que d’une chose : son prétendant est un membre de la famille royale  !
Bien décidée à comprendre qui s’intéresse à elle et surtout, pourquoi cette personne lui propose un contrat de mariage si avantageux, Iliade se rend dans la capitale. Là-bas, elle découvre les fastes de la cour… et la froideur de son fiancé. Pourtant, elle finit par s’attacher et à lui et se retrouve, bien malgré elle, propulsée au cœur d’intrigues et de complots auxquels rien ne la préparait.

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L’arrache-mots est un roman qui m’a intrigué dès le résumé et les premières m’ont tout de suite conforté dans l’idée que j’allais passer un très bon moment de lecture. Pour tout dire, j’ai même frôlé le coup de coeur !

La mise en page de L’arrache-mots est jolie, simple et délicate et je trouve qu’elle se marie très bien à la plume de l’auteur. Il y a un côté très poétique dans ce roman, presque de conte de fée et on y trouve une certaine douceur, même s’il y a des facettes des plus sérieuses dans le récit.

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L’arrache-mots se déroule dans un monde qui pourrait bien être le notre, même si rien n’est totalement certain. Il y a énormément de références littéraires d’auteurs bien connus, comme Victor Hugo, les frères Grimm ou encore Racine. La Capitale du royaume est nommée Babel, ce qui m’a forcément poussé à m’interroger sur la tour dans laquelle se situe la bibliothèque.

On va donc suivre Illiade, l’héroïne qui monte à la Capitale à sa grand-mère afin de découvrir son mystérieux fiancé… et essayer au passage d’oublier son ancien amour qui s’est mal terminé. Si j’avais envie de découvrir la ville et la vie dans la noblesse, j’avoue que j’ai surtout voulu connaître qui était le promis de la jeune fille ! J’ai eu le temps d’émettre un certain nombre d’hypothèses et de voir qu’aucune ne se vérifiait, le jeune homme étant bien discret. J’ai beaucoup apprécié ce petit suspens qui ne s’est pas terminé d’un coup, le fiancé dévoilé, puisqu’il faut encore tourner quelques pages avant de savoir les motifs derrière ce mariage bien étrange. Bien sûr, je m’interrogeais aussi sur leur relation, comment elle se développerait… surtout que la première rencontre entre les deux promis a amené avec elle un petit côté comique, ce qui n’est pas forcément ce que l’on souhaite pour poser les bases d’un mariage !
On découvre également toutes les manigances de la noblesse, entre ceux qui veulent s’approcher le plus possible du pouvoir, garder leur place privilégiée… Rien n’est anodin et on peut s’interroger sur les motivations de chacun ainsi que sur leur bien-fondé.
L’histoire se mène bien, à un rythme plaisant, et je ne me suis pas ennuyée, j’ai même eu du mal à décrocher tant elle était prenante.

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Les personnages sont variés, plaisants et j’ai beaucoup aimé la grand-mère d’Illiade, qui apporte de la fraîcheur au récit. Pour ce qui est de l’antagoniste, il est visible assez rapidement, et bien qu’il soit légèrement stéréotypé, il n’en est pas moins intéressant, d’autant qu’il faut attendre la fin du récit avant d’avoir toutes les raisons sur son comportement.
Illiade, l’héroïne est un personnage très attachant et plaisant à lire. Je me suis reconnue parfois dans son introversion et son attachement aux livres, et je pense que cela pourra être le cas de toutes les personnes qui apprécient la littérature. Parfois j’ai eu un peur qu’elle soit trop enfermée dans ses livres, mais grâce à l’intervention de ses proches qui n’hésitent pas à la secouer, Illiade ne restait pas à déprimer et à chercher le réconfort dans la lecture uniquement, ce qui est un bon point.
J’ai beaucoup apprécié de découvrir brièvement les soeurs d’Illiade, et j’ai beaucoup aimé lorsque celles-ci écrivaient des lettres à leur soeur aînée, ce qui amenait en plus un changement de rythme et de plume intéressant.
J’ai eu l’impression que chaque personnage avait des qualités, mais aussi des défauts. Illiade, bien que courageuse et ayant un don d’arrache-mot est une personne introvertie qui a du mal à s’habituer à la vie à la Cour et à comprendre les gens autour d’elle. Sa grand-mère est très enthousiaste et prompte à la protéger mais ne voit pas forcément les problèmes qui se manifestent…

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J’ai adoré tous les passages mentionnant les pouvoirs d’Illiade, de sa grand-mère mais aussi ceux du Roi et de sa famille. Mais j’avoue que j’aurais aimé en savoir encore plus, savoir si d’autres personnes en ont aussi, les possibles liens entre eux, leur rareté ou non… Mais c’était un univers très bien construit et j’aurais bien voulu que le récit soit plus développé sur certains points, juste pour faire durer le plaisir ! Je n’aurais pas dis non à une cinquantaine ou une centaine de pages en plus…

Bref, pour moi, l’Arrache-mots est une petite pépite, et probablement ma lecture préférée du mois de juin (oui, j’ai du retard dans mes chroniques). C’est un livre que je recommande sans problème.

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L’Arrache-Mots
Editions Hachette
Publication 2019
295 pages

A très vite pour un prochain article !
Brybry’

Les Choryphèles de l’Empereur – Éric Lysøe

Anthelme, apprenti verrier et son Maître, Barthelemy répondent à une demande des plus ordinaires pour la reconstruction de vitraux dans une Abbaye. Mais il y a la probabilité qu’ils se perdent dans les reflets des rosaces ou d’un choryphèle…

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J’ai eu le plaisir de recevoir ce roman suite à une Masse critique de Babelio. Je les remercie, ainsi que la maison d’édition Le Verger des Héspérides, pour ce Service Presse.

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Quelques informations sur l’auteur :
Éric Lysøe est un auteur d’origine norvégienne, né en 1953, en Vendée.
Professeur de littérature comparée à Clermont-Ferrand, spécialiste de l’oeuvre d’Edgar Allan Poe ainsi que de la littérature Belge, il a également publié des essais sur la littérature fantastique.
Sa pratique de l’art ne s’arrête pas à l’écriture, puisqu’il est également compositeur, d’abord de jazz, puis d’électro-acoustique.
Son site officiel

Quelques informations sur l’illustrateur :
Y. Eban est un artiste franco-vietnamien qui a fait ses études d’art à Bordeaux. Il utilise tant l’aquarelle que l’acrylique et mêle ses racines à ses peintures. Il a illustré d’autres ouvrages littéraires et a également publié des croquis de voyage, en plus de prendre part à des expositions.
Son site officiel

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Résumé : Anthelme est un jeune apprenti qui veut devenir artiste verrier. Avec son maître Barthelemy, ils sont en route pour restaurer la rosace de l’église d’un monastère. Après la découverte d’un mystérieux choryphèle sur le chemin, le comportement du ,maître d’Anthelme devient étrange. Quel est le secret que cherche à cacher Maître Barthelemy ? Comment expliquer les phénomènes singuliers qui ont lieu dans la région ?

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Avant de m’intéresser à l’histoire en elle-même, il faut que je le dise : le livre est absolument magnifique. La couverture est déjà d’une grande beauté, mais au fil des pages l’on retrouve de nombreuses illustrations en plus d’enluminures en début de chaque chapitre.

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Ce livre suit les aventures et pérégrinations d’Anthelme, apprenti verrier qui se déplace aux côtés de son Maître afin de réaliser une commande de vitraux dans une Abbaye. Alors qu’ils s’y rendent, le maître trouve au bord du chemin un choryphèle.
Et si le titre du roman m’avait bien intriguée durant la sélection, j’avais une interrogation : qu’est-ce qu’un choryphèle ? Bien heureusement, ce questionnement est levé dès la première page : il s’agit d’une petite bille de métal, aux multiples reflets lumineux et étant réputée comme possédant des vertus protectrices.
Ces objets ont bien entendu un rôle important dans l’histoire, même s’il n’est pas flagrant dès le début et qu’il faut même attendre la fin pour lever tous les mystères sur leur origine et leur nature.
En attendant, plusieurs récits se mêlent les unes aux autres. Des histoires de brigands, la découverte de l’Abbaye et des gens qui la peuplent, mais aussi les conversations avec l’aubergiste et sa fille au village voisin. Une intrigue plus voilée, mais qui est pourtant bien prédominante que ce que l’on peut croire initialement. Peut-on réellement parler de coïncidence lorsqu’elle touche tout un village ?

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Les Choryphèles de l’Empereur est un ouvrage Fantastique. En effet, si l’on ne connait pas avec précision les lieux de l’action, la ville de Rome est nommée, tout comme une grande Peste et l’on sait que l’histoire se déroule au quatorzième siècle.
Des légendes sont évoquées au début, sans que l’on ne sache avec certitude si elles ne tiennent que du mythe, mais des éléments vont nous faire comprendre que, certaines créatures sont peut-être bien réelles. De plus, la création des Choryphèles en elle-même reste mystérieuse, même une fois l’histoire terminée. Est-elle magique, est-elle scientifique, ou est-elle un mélange des deux ?
Un des aspects réaliste que j’ai beaucoup apprécié était toutes les descriptions quant au travail du verre. Plutôt détaillées, elles permettent de comprendre les différentes étapes pour l’élaboration d’un vitrail en plus de temporiser un peu les actions. On comprend le travail d’Anthelme et de son maître, les difficultés qu’ils peuvent rencontrer et la façon idéale pour y pallier.

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Les aventures sont principalement vécues aux côtés d’Anthelme et je dois dire que c’est un personnage attachant, et que j’ai aimé découvrir l’histoire en le suivant. Presque enfantin, avec une certaine innocence, il reste concentré et vigilant dans son travail. Et, surtout, il possède un esprit vif, de bonnes capacités d’observation et d’action ce qui permet au lecteur de se questionner et de réfléchir à plusieurs hypothèses. En bref, malgré sa candeur il est loin d’être inutile même s’il n’est pas le plus efficace au corps à corps. Sa relation avec son Maître est plutôt bonne, pleine du respect qui est dû à son instructeur. On sent une certaine complicité entre les deux, et Maître Barthelemy n’est pas le dernier pour taquiner le jeune Anthelme…
Les personnages secondaires ont tous un véritable rôle, et ne sont pas là pour servir l’histoire ou de faire-valoir héros, bien qu’ils aillent tous dans son sens et que l’antagoniste principal n’ait pas fait son apparition directement dans ce tome.

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Le livre est présenté comme étant destiné à un lectorat assez jeune (douze ans), la plume est donc en accord avec le public visé, sans être enfantine, avec l’utilisation de termes qui ne sont pas forcément des plus simples. Cependant, à mes yeux, il pourrait justement être un roman qui permettrait de mettre un premier pied dans des lectures plus compliquées. Les thèmes abordés, eux, sont parfois sensibles. En effet, la guerre, ses effets et les punitions subies par les prisonniers sont largement évoquées. La souffrance physique de certains est également visible et décrite sans filtres.

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Les Choryphèles de l’Empereur, est un roman qui se lit facilement, sans prise de tête. Je recommanderai sa lecture à de jeunes adolescents qui voudraient étendre le champ de leur lecture (ou sortir des lectures scolaires obligatoires).
Pour ma part, c’était une bonne découverte, et je succomberai peut-être au(x) tome(s) suivant(s) au moins pour avoir le fin mot de l’histoire, étant donné que l’univers général m’a plutôt plus et que j’aimerais bien le connaître plus en profondeur.

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Les Choryphèles de l’Empereur
Editions Le Verger des Hespérides
Publication 2019
478 pages

Connaissez-vous les Choryphèles de l’Empereur ? Voulez-vous le lire ?
Quel est le premier livre qui vous a fait sortir de vos habitudes de lecture ?

A très vite pour un prochain article !
Brybry !

La Lectrice – Traci Chee

La Lectrice est un livre dont j’ai beaucoup entendu parler, presque exclusivement en bien, et même s’il m’intriguait énormément, j’ai préféré attendre quelque peu avant de le lire. Et je peux dire que j’ai été très bien servie.

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Quelques mots sur l’autrice :
Traci Chee est une femme créative, aimant autant écrire des livres comme de la poésie, s’occupant de bonzai, touchant à l’origami et faisant de la peinture sur œufs. Elle a étudié la littérature à l’Université de Californie et est possède un master d’art de l’Université de San Francisco.
Elle aime écrire en buvant du thé le matin et un jus de citron à l’eau l’après-midi.
La Lectrice est le premier tome de la trilogie « Sea of Ink and Gold« et il est également son premier roman. Les trois volumes sont des best-sellers aux Etats-Unis.

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Résumé :
Il était une fois, et une fois il sera… 

Ainsi commence l’histoire de Sefia, qui a perdu sa mère, son père, puis sa tante Nin à cause d’un étrange objet rectangulaire.
Ceci est un livre. 
Dans un monde où personne ne sait lire, Sefia va devoir poursuivre une triple quête de sens, de vérité et de vengeance. Épaulée par un mystérieux allié qui possède ses propres sombres secrets, elle va sillonner jungles et mers, au gré de ces histoires qui font l’Histoire avec un grand H…

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Avant de parler de l’histoire et des personnages, je dois parler du livre en lui-même. Plus qu’un simple objet, ici et là sont dissimulés des indices que j’ai aimé chercher, guetter, rendant ainsi ma lecture beaucoup plus ludique.

L’univers de La Lectrice est très riche. Il est question de plusieurs Royaumes, dont certains sont en guerre. En plus de la situation géopolitique, on en apprend également sur l’analphabétisation de la population et le pouvoir des mots. Très vite, on apprend que le livre en possession de Sefia n’est pas un objet insignifiant bien au contraire.
Magie, pirates et mercenaires sont aussi de la partie et permettent d’offrir de nombreux rebondissements à l’histoire. Originale, la richesse du monde créé par Traci Chee lui permet d’avoir des tournants inattendus, plein de suspense et de développer plusieurs intrigues intéressantes. Si certaines ne sont pas des plus étonnantes, il y a notamment eue une révélation surprenante dans les dernières. Ne m’y attendant absolument pas, j’étais ravie de la découvrir !

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Je ne me suis personnellement pas perdue dans ce monde aux multiples facettes et j’ai trouvé que chacune d’entre elles était bien développée, et j’ai toujours eu des réponses aux questionnements soulevés.

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Les personnages sont nombreux, variés, viennent de différentes origines sociales mais finissent par se croiser, pour le meilleur, ou pour le pire… Sefia, l’héroïne, est une jeune femme forte, agile, qui vit sur les routes avant Nin, depuis le décès de ses parents, l’ayant contraint à la fuite. Le personnage d’Archer, croisera rapidement sa route. La vie ne l’aura pas épargné non plus, et maltraité, il en deviendra muet, mais parviendra tout de même à communiquer avec Sefia, et très vite, ils deviennent inséparables.
Au fur et à mesure de l’histoire, d’autres personnages font leur apparition, par exemple les membres de la Garde, mystérieuse et semblant motivée par de sombres intentions. Cependant, ceux qui sont présentés comme les antagonistes de l’histoire ont aussi un côté humain, développé au fil des pages. Et si certains croisent le chemin de notre héroïne, pour d’autres, nous les découvrirons d’abord le livre qu’elle se possède et cela nous permet de nous poser la question : êtres humains ou légendes ?
Globalement, j’ai trouvé tous les personnages plus ou moins attachants. Sefia porte très bien l’histoire et on découvre tous les autres au fur et à mesure. J’ai également beaucoup aimé le Capitaine Reed, les récits et mythes qui s’entremêlent autour de son existence.

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La plume de Traci Chee nous emporte très rapidement dans l’histoire. J’ai lu de longs passages sans voir le temps passer ni vouloir m’arrêter. Il n’y a pas de longueurs dans le texte, l’histoire progressant en permanence. Plusieurs récits se mêlent les uns aux autres, et si l’on suit principalement l’histoire de Sefia très vite, on se retrouve à découvrir d’autres intrigues. Cela peut être un peu perturbant, puisque aucune chronologie n’est évoquée mais tout prend sens et se révèle à la fin du récit.
Une fois de plus, j’aimerais parle de l’intelligence de l’ouvrage. Le livre est très bien conçu, en plus des petits indices disséminés, il y en a d’autres, qui, encore une fois, ne se révèlent que lorsque l’on est bien avancé dans l’histoire.

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Je recommande très sincèrement de lire La Lectrice, si jamais le résumé vous intrigue. C’est une bonne lecture, prenante et pleine d’aventures. Ce premier volume pose de nombreuses bases, de nombreuses pistes et me fait penser que le tome suivant est bien prometteur.

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La Lectrice
Edition Robert Laffont
Publication 2017
528 pages

Connaissez-vous la Lectrice ? L’avez-vous déjà lu, ainsi que les tomes suivants ?

A bientôt pour un nouvel article !
Brybry.

La fille d’encre & d’étoiles – Kiran Millwood Hargrave

Mon intérêt pour les étoiles est toujours entier, et quand j’ai vu le titre de ce livre, j’étais forcément titillée. Avec en plus une couverture magnifique et un résumé qui promettait plein d’aventures, je n’ai pas voulu résister lorsque j’ai vu l’exemplaire de La fille d’encre et d’étoiles à ma médiathèque.

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Quelques mots sur l’autrice :
Kiran Millwood Hargrave est née en 1990 à Londres.Diplômée de Cambridge et d’Oxford, à la fois autrice, dramaturge et poétesse, La Fille d’encre & d’étoiles est son premier roman. Il a remporté le Watersones Children’s Book en 2017 et s’est placé en tête des ventes, devenant un Best Seller.

Ses poèmes ont été publiés dans de nombreux magazines et ont remportés plusieurs prix. Actuellement, aucun de ses autres livres n’ont été traduits en français.

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Résumé :
Alors qu’il est interdit de quitter l’île de Joya, Isabella rêve des contrées lointaines que son père a un jour visitées et cartographiées. Quand sa meilleure amie disparaît, Isabella est résolue à faire partie de l’équipe de recherches. Guidée par une carte ancienne, appartenant à sa famille depuis des générations, et par sa connaissance des étoiles, Isabella prend part à l’expédition et navigue dans les dangereux Territoires Oubliés. Mais sous leurs pas, un mythe féroce s’agite dans son sommeil…

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Quelque part, dans un monde qui semble faire partie du notre -la technologie en moins-, puisqu’on parle d’India ou encore d’Afrika, se trouve l’île de Joya. L’héroïne de l’histoire, Isabella, fille de cartographe, aime son lieu de vie et les légendes qui existent à son sujet. Issue d’un foyer plutôt modeste et frappé deux fois par le drame, avec le décès de son frère jumeau et de sa mère, elle mène la vie normale d’une adolescente de treize ans, bien que sa relation avec la fille du Gouverneur ne soit pas forcément vue d’un bon oeil. En effet, celui-ci et sa famille vivent dans l’opulence, sans ce soucier des plus miséreux et quand Isabella s’en rendra compte, elle ne sera pas tendre avec son amie, ce qui entraînera les péripéties de ce roman. Les aventures qu’Isabella va vivre lui permettra, malgré l’urgence de la situation, de découvrir l’île de Joya, sur laquelle il n’est pas possible de se déplacer librement.

Comme je l’ai mentionné, le design du livre est très beau et attire immédiatement le regard. La couverture est simple mais joliment travaillée, et correspond bien au titre. On trouve également deux cartes à l’intérieur et les pages sont toutes décorées. C’est un joli bonus qui rend la lecture d’autant plus plaisante.

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Les personnages, sont assez nombreux et tous diversifiés. L’héroïne, Isabella, est assez attachante, dès le début de l’histoire. Au début, j’avais énormément de doutes sur le personnage de Lupe, qui me semblait tout simplement être détestable. Mais, bien heureusement, elle évolue beaucoup au fil des pages et devient un personnage qu’il est agréable à lire, même si, par moment, il lui arrive de retomber dans ses vieux travers. C’est peut-être le personnage que j’ai trouvé le plus humain, le plus agréable, malgré ses caprices. De manière globale, du haut de leurs treize ans, je trouve qu’elles font preuve de beaucoup de maturité, tout comme Pablo, bien qu’il soit plus âgé de deux années. Le père d’Isabella, « Pa » est très doux bien qu’il sache faire preuve de fermeté et le Gouverneurs et sa femme, eux, sont lointains et font parfois preuve d’une froideur extrême et déconcertante.
Les personnages secondaires, comme Masha ou l’institutrice apportent de la profondeur à l’histoire. Il y a une toute autre catégorie de personnages, les « bannis » sur lesquels j’aurais été ravie d’en découvrir un peu plus.

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L’histoire commence doucement, mais de façon agréable, de quoi poser les bases du récit et nous permettant aussi d’en apprendre plus sur Isabella et son père.
On sent que tout l’univers a bien été travaillé, notamment une des légendes de l’île autour de laquelle tourne une bonne partie de l’histoire. J’aurais adoré en savoir plus, et je dois avouer que j’ai parfois eu l’impression que le récit avançait trop rapidement par moment, tandis que ma lecture se faisait plus ennuyeuse par d’autres. Par exemple, j’aurais aimé avoir plus d’anecdote sur le frère d’Isabella, ainsi que sur sa mère, pour mieux compatir avec elle et mieux la comprendre. La cartographie, élément important de l’histoire, m’a semblé être plus effleurée que réellement utilisée, et j’avoue que je m’attendais à plus.
Malgré ces petites déceptions, je n’ai pas trouvé d’incohérence notable, uniquement quelques petites choses qui m’ont chiffonnées à la fin du récit. En effet, le récit s’accélère, les actions s’enchaînent et les personnages sont vraiment malmenés physiquement. Chutes de plusieurs mètres, blessures, brûlures, Isabella a même l’impression que son dos a été brisé en deux, elle manque de se noyer, et pourtant, elle reste capable de se déplacer, d’agir, et de réfléchir, même avec toutes ses douleurs.

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J’ai trouvé l’écriture tout au long du récit plutôt belle, les premières lignes m’ont tout de suite accrochées. Il y a parfois des descriptions assez poétiques, notamment lorsqu’il s’agit des légendes ou des histoires inventées par les personnages. D’autres sont parfois assez évasives, mais cela ne m’a pas empêché de bien imaginer les scènes, même si certaines sont un peu plus brouillons, donnant une impression de confusion.
Certains passages, cependant, m’ont vraiment semblé être un peu trop rapides, notamment avec la rencontre entre les bannis et Isabella, où tout semblait un peu trop vite couler de source. Certaines séparations, également, étaient traitées de manière rapide. J’aurais également apprécié avoir plus de descriptions de paysages, étant donné que la cartographie a une place centrale dans l’histoire (au point qu’il y ait deux cartes présentes dans le livre), et qu’il aurait été agréable de pouvoir mieux visualiser les décors.
Deux petits détails m’ont interloqués, mais je pense qu’il s’agit plus d’erreur de traduction ou d’inattention, puisque Isabella, qui se fait passer pour un homme est genrée au féminin par une personne qui n’est pas au courant de son travestissement et, plus tard, la mère d’un personnage devient sa fille.

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La fille d’encre & d’étoiles est un roman qui se lit bien, facilement, avec une histoire plutôt recherchée. J’aurais simplement aimé que l’autrice aille plus au bout des choses, développe plus sur les personnages, même les plus secondaires mais aussi sur l’histoire de l’île de Joya. Malgré quelques longueurs par moment, une bonne cinquantaine de pages en plus n’auraient pas été de trop.
Si ce n’est pas un coup de coeur, ça reste une jolie histoire, qui se lit rapidement et qui est plutôt agréable.

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La fille d’encre & d’étoiles
Editions Michel Lafont
Publication 2018
268 pages

Connaissez-vous La fille d’encre et d’étoiles ? L’avez-vous lu ?

A très bientôt pour un nouvel article,
Brybry

Tant que nous sommes vivants – Anne-Laure Bondoux

La couverture de ce roman a immédiatement attiré mon regard et je m’étais promis de le lire dès que je mettrais la main dessus. Je suis ravie de l’avoir trouvé en bibliothèque, car l’histoire est sublime et m’a convaincue, de la première à la dernière ligne.

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Quelques informations sur l’autrice :
Anne-Laure Bondoux est une écrivaine française née en 1971. Elle a fait des études de littératures et possède une licence en lettres modernes. Elle travaille en tant que rédactrice chez Bayard Presse puis, dès les années 2000 arrête ses activités pour se consacrer à l’écriture et publie principalement des romans jeunesse.

Parmi ses publications, on trouve notamment Les larmes de l’assassin, L’aube sera grandiose, ou encore Le temps des miracles.
Elle a obtenu le Grand prix SGDL du roman jeunesse pour Tant que nous sommes vivants.

Ses romans ont été traduits dans une vingtaine de langues.

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Résumé :
Bo et Hama travaillent dans la même usine. Elle est ouvrière de jour, lui, forgeron de nuit. Dès le premier regard, ils tombent follement amoureux. Un matin, une catastrophe survient et ils doivent fuir la ville dévastée. Commence alors pour eux un fabuleux périple à travers des territoires inconnus…
Mais quand l’ombre a pris la place de la lumière, l’amour suffit-il à nous garder vivants ?

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Ce qui ressort le plus de cette lecture est une sensation de doux-amer, avec la tristesse et la beauté qui se mélangent au fil des pages.
Dès le début de l’histoire, l’ambiance est assez morose, terne. Le prologue pose directement les bases, d’une société autrefois riche et abondante et désormais pauvre, où les gens n’ont plus d’espoir. Leur semblant de vie s’articule autour de l’Usine où ils travaillent mais rien ne les pousse réellement à avancer.
Une étincelle d’espoir arrivera tout de même dans ce monde grisâtre, avec l’histoire d’amour naissante entre Hama et Bo. Ils s’aiment et amènent avec eux poésie et douceur, jusqu’au jour où un accident survient, entraînant avec lui d’autres catastrophe et contraignant le couple amoureux à partir.

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Tu crois qu’il faut toujours perdre une part de soi pour que la vie continue ?

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Hama et Bo sont splendides dans leur amour, dans leur relation et apportent de la couleur à l’histoire. On s’attache à eux, même si cet attachement n’est pas forcément immuable tout au long du récit. J’ai été parfois déçue par leurs choix, surtout que leurs expériences passées montraient qu’ils n’étaient pas forcément les bons mais… cela les a rendu tellement humains que j’ai été convaincue, même si ce n’était pas la voie que j’aurais voulu les voir prendre, c’était la meilleure pour l’histoire.
J’ai aimé les découvrir, tant au travers de leurs sentiments, leurs qualités et leurs défauts mais aussi lire sur leurs passés mystérieux, avant leur rencontre et ce qui les a amené à être ceux qu’ils étaient au moment du récit. On comprend leurs peurs, leurs espoirs et ce qui a forgé leurs caractères, pas toujours faciles, autant pour l’un, que pour l’autre. On les voit évoluer, parfois à contrecœur, mais continuer à avancer tout de même.

Les personnages secondaires, eux aussi, sont attachants. Que ce soit le duo de La Tsarine et de Melkior ou celui de Ness et Malakie.
Le peuple du Bas est plein d’originalités, de douceur et de force. J’ai aimé apprendre à connaître ce petit clan adorable et leur histoire, voir leur patience, leur gentillesse et leurs croyances.

Plus tard dans l’histoire, lorsque Tsell fait son apparition, nous assistons à une sorte de rétrospective du récit, que l’on a l’impression de rembobiner et de revivre, avec une certaine nostalgie, et surtout sous un nouveau regard.

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Tant que nous sommes vivants est un récit porté par d’excellentes idées de l’écrivaine, ce qui permet au récit de prendre des tournants originaux. On dévore les pages les unes arpès les autres, en effleurant les folklores de différents peuples et on a juste envie d’en savoir plus. Comment les personnages en sont arrivés là, ce qui les a forgé, ce qui leur permet de continuer à avancer…
On frôle par moment le fantastique, avec les événements inexpliqués, les expériences proches du chamanisme, les rêves particuliers qui se mélangent aux ombres qui le sont tout autant ou encore le peuple d’en bas, haut comme trois pommes et se fiant aux prédictions d’un de leurs membres.

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L’écriture d’Anne-Laure Bondoux est sublime. On est pris dans l’ambiance très rapidement et en s’attachant vite aux personnages, on tremble et espère avec eux. Certains passages sont tout simplement beaux et poétiques, d’autres vont être adorables mais des regrets en fond, tandis que les derniers seront simplement tristes et douloureux.

Les titres de chaque chapitres évoquent toujours une dualité, un contraire (le bruit et le silence, le vide et le plein, le connu et l’inconnu…) et ils sont toujours justifiés à l’intérieur du récit.

J’ai été surprise au début par la narration qui utilise le « nous » et je pense que c’est le premier livre que je lis qui utilise ainsi ce pronom. Il permet de renforcer l’atmosphère, puisqu’on commence par ce questionner sur ce « nous », qui est-il précisément ? Impossible à déterminer, il reflète les pensées de toute une communauté plutôt qu’une personne en particulier, et on pourrait même traiter ce « nous », cet ensemble comme un personnage à part entière. Il permet de voir le couple de Hama et Bo sous un autre angle, celui du groupe qui avait renoncé à l’espoir et à l’amour.

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Tant que nous sommes vivants est un livre qui se lit bien tant il est porté par une jolie plume. Il est facile de s’identifier aux personnages, si humains, et de rentrer dans l’histoire. C’est un récit qui est réaliste de part les épreuves que traversent Hama et Bo ou celles qui touchent toute la communauté.
L’histoire est à la fois triste est belle, mais toujours pleine de poésie.

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Tant que nous sommes vivants
Editions Gallimard
Publication 2014
298 pages

Connaissez vous Tant que nous sommes vivants ? Avez-vous déjà lu un livre d’Anne-Laure Bondoux ?

A bientôt pour un prochain article !
Brybry