La fille dans l’écran – Manon Desvaux, Lou Lubie

Une amie m’a prêté cette bande-dessinée et je comptais la feuilleter un peu tous les jours, bien tranquillement. Bilan : je me suis plongée dedans et je l’ai dévorée en une petite soirée. La fille dans l’écran est une histoire moderne qui mérite d’être lue au moins une fois.

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Quelques mots sur les scénaristes et dessinatrices :
Manons Desvaux et Lou Lubie se sont rencontrées il y a plus de dix ans. La fille dans l’écran a été dessiné et écrit à quatre mains.

Manon Desveaux est diplômée du « Animation workshop » au Danemark. Elle est spécialisée en bande-dessinée et storyboard. La fille dans l’écran est sa première bande-dessinée.
Lou Lubie est dessinatrice et scénariste de bandes-dessinées. Elle a fondé le forum Dessiné. Elle a publié six autres livres, comme Goupil ou face ou encore L’île au temps suspendu.

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Résumé : Coline vit en France et rêve de devenir illustratrice. Ses recherches d’inspiration la conduisent à contacter Marley, une photographe installée à Montréal.
De son côté, Marley a abandonné sa passion pour la photo pour se laisser porter par une vie sociale trépidante : un job alimentaire, un amoureux québécois…
Les deux jeunes femmes que tout oppose vont tisser sur internet un lien plus fort que la distance et le décalage horaire, qui va grandir de façon troublante jusqu’à la rencontre…

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La fille dans l’écran est une bande-dessinée particulièrement moderne. J’ai personnellement vécu des situations très semblables, aussi, elle m’a bien touchée sur certains thèmes. Avec internet et les réseaux sociaux, je pense que, de nos jours, énormément de gens pourraient vivre une histoire similaire. Pour autant, si elle pourrait être considérée comme ordinaire, elle n’en est pas moins divertissante.

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On va suivre deux personnages, une vivant au Canada, l’autre en France. Après le premier contact initié par Coline, les jeunes femmes finiront par se parler de plus en plus, à développer leur lien tout en se confrontant à plusieurs problèmes, comme celui du décalage horaire par exemple.
Les deux protagonistes ont des caractères et des vies différentes mais sont également semblables sur certains points (leur côté créatif par exemple). Leurs environnements différents permettent d’aborder plusieurs problématique. D’un côté, on a donc Coline qui a notamment des problèmes qui l’empêchent de profiter mais surtout de se fondre dans le moule et d’avoir une vie qu’on pourrait qualifier de « modèle« , correspondant notamment aux attentes de sa mère. Marley fait face à d’autres questionnements. Si elle était allée initialement au Canada pour faire de la photographie, quatre années plus tard, elle travaille toujours au café et se sent parfois en décalage avec son compagnon.
Les personnages vont évoluer au fil des pages, que ce soit Coline et Marley, mais également leur entourage. Certains sont bienveillants tandis que d’autres sont plus déplaisant mais nous ne sommes pas à l’abri d’un ou deux retournement de situation à la lecture.

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On peut se reconnaître dans beaucoup de petites scènes qu’il est. Par exemple, une tentative de Skype avec nos parents et ceux-ci qui ne s’en sortent pas très bien, notamment quand il s’agit d’être face à la webcam, ou encore les mails que l’on va réécrire trois fois parce qu’on est incertain sur la formulation…
Pour ce qui est de rencontrer pour la première fois des personnes connues sur internet, c’est également très véridique : la peur de les décevoir, de gâcher la relation, de ne pas être intéressant… J’avoue que certains passages étaient bien amusants à lire à ce sujet et je me suis dit que c’était tout à fait plausible.

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La mise en page est très bien réfléchie, puisqu’il existe souvent un lien entre la partie de Coline et celle, juste en face de Marley et tout cela permet à la lecture d’être plus interactive. Une partie des textes est constituée de la retranscription des mails et sms ce qui la rend très rapide à lire.
Les deux styles graphiques se marient très bien entre eux. Les deux dessinatrices ont chacune dessinée les parties de leur personnage, mais leur travail complimente celui de l’autre sans le noyer. Au premier coup d’oeil, il n’y a pas de réelle différence, si ce n’est pour la coloration, avec la partie de Coline plus monochrome que celle de Marley. Certaines des illustrations sont plus travaillées que d’autres, mais mêmes dans celles qui sont moins approfondies, il y a on ne voit pas réellement de différence au premier coup d’oeil, si ce n’est qu’une partie plus en n&b que l’autre. Certaines illustrations, en fond, sont plus travaillées et il y des détails plutôt amusant se cachent dans certaines cases que l’on voudrait survoler.
Le livre en lui même est de très bonne qualité, avec une impression sans défauts et aussi avec des pages bien épaisses et solides.

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Une fois l’histoire terminée il y a une petite partie bonus que j’ai beaucoup apprécié et qui nous parle de la mise en oeuvre du projet. J’ai trouvé le passage expliquant comment Manon Desvaux et Lou Lubie s’y étaient prises pour travailler à quatre mains sur toutes les illustrations où leurs deux personnages apparaissaient particulièrement intéressant et peut-être enrichissant pour les lecteurs qui auraient un projet de ce genre.

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La fille dans l’écran a été pour moi une très bonne découverte, une lecture sans aucune prise de tête. Je pense que beaucoup de personnes jeunes, qui utilisent souvent internet et ont des amis partout dans le monde (voire dans le même pays) pourront facilement faire un parallèle entre cette histoire et la leur. Aussi, cette bande-dessinée peut parler à toutes celles et ceux qui ont l’impression de suivre un chemin professionnel qui ne leur conviendrait pas.
En bref, c’est une lecture distrayante et simple, mais avec un peu plus de profondeur qu’on ne pourrait le croire initialement.

La fille dans l’écran
Editions Marabout
Publication 2019
192 pages

Avez-vous lu La fille dans l’écran ? Vous reconnaissez-vous dans ces histoires de relations à distance ?

A très vite pour un prochain article !
Brybry’

Vert-de-Lierre – Louise le Bars

Cela faisait bien longtemps que je n’avais pas lu de roman gothique alors que j’adorais ce genre d’ambiance. Vert-de-Lierre m’a permis de m’y replonger tout en développant un récit où le fantastique est lui aussi présent, offrant ainsi une atmosphère sibylline mais avec une douceur végétale toute relative…

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Merci aux éditions Noir d’Absinthe pour leur confiance pour ce Service Presse !

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Quelques mots sur l’autrice :
Louise Le Bars est une jeune autrice qui a toujours aimé les histoires, contes et légendes. Enfant, elle s’inventait déjà des aventures avant de s’endormir et a commencé à écrire dès le très jeune âge de six ans. Elle a fait des études en Lettres Modernes, ce qui semble tout naturel vu son penchant créatif.

Louise Le Bars a publié deux livres pour enfants -peut-être pour faire rêver ceux-ci comme elle le faisait elle-même plus jeune- La petite fille qui chatouillait les étoiles et Le prince sans sourire. Son premier roman, Vert-de-Lierre, a d’abord été auto-édité avant d’être publié aux éditions Noir d’Absinthe.

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Résumé : Olivier Moreau, écrivain délaissé par la Muse, retourne dans le village de sa Grand-Mère, récemment décédée, pour mettre de l’ordre dans ses affaires comme dans son esprit. Il y renoue avec les souvenirs de son enfance, et redécouvre un étrange personnage de conte populaire local surnommé le Vert-de-Lierre, cet antique vampire végétal qui le fascinait enfant. Cet intérêt va déclencher des visions et cauchemars chez l’écrivain en mal d’imaginaire ainsi que la rencontre de deux femmes tout aussi intrigantes l’une que l’autre.
À quel prix Olivier retrouvera-t-il sa muse ?

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L’idée de base du roman, celle de l’auteur ayant besoin de recul pour retrouver l’inspiration est assez ordinaire, mais, bien heureusement, son traitement et le développement du récit sont bien loin de rester sur les sentiers battus.

L’histoire se dévoile petit à petit, directement au travers des yeux d’Olivier, puisqu’il en est le narrateur direct. Celui-ci retourne dans la maison de sa grand-mère après son décès dans l’espoir de retrouver l’inspiration. Il a beau être un écrivain reconnu, impossible pour lui d’écrire un roman. Il va donc se pencher sur une légende locale, celle concernant le Vert-de-Lierre. Mythe raconté pour que les enfants soient sages, ou histoire réelle ? Olivier devra faire bien des recherches pour connaître la vérité sur ce sujet mystérieux. Mais sa rencontre avec l’étrange Dahlia Midwinter changera la donne. « L’Anglaise » comme elle est nommée par les habitants, vit recluse, et d’étranges rumeurs circulent sur elle. L’apparition ensuite de sa nièce Rose bouleversera aussi Olivier. Tous deux discuteront, et lorsque la jeune femme apprend qu’elle est face à un auteur, elle lui confiera son propre manuscrit.

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Les deux histoires se superposent et c’est avec plaisir que je les ai toutes les deux appréhendées, mais je dois avouer avoir été notamment conquise et convaincue par le roman écrit de la main de Rose.
En plus de la beauté de la plume, l’histoire est intrigante. L’action arrive rapidement, avec un fond et une aura de mystère qui perdureront jusqu’au bout. Certains passages de cet ouvrage sont assez durs, Mary, l’héroïne -si on peut l’appeler ainsi- n’étant pas épargnée par la vie, notamment avec la répétition de certains événements bien tragiques. Je me suis rapidement attachée à ce personnage, qui se bat pour survivre mais qui n’est pas sans abdiquer parfois lorsque les situations la dépassent.
La vie d’Olivier n’est pas non plus dénuée d’intérêt, loin de là. On apprend à le connaître progressivement, on le voit évoluer dans un village où ses recherches et questionnements ne sont pas toujours les bienvenus. Plus calme, cela offre un certain repos au lecteur, surtout lorsque les extraits du roman de Rose sont éprouvants. Le dénouement de cette histoire est assez remarquable, même s’il est facile pour le lecteur d’en deviner certains points. Néanmoins, ce n’est pas avant la scène finale que tous les éléments du récit se complètent et font sens.

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On touche très rapidement au fantastique dans cette histoire, puisque dès le début, nous apprenons qu’Olivier, comme une grande partie des membres de sa famille avant lui, possède un don de clairvoyance. Ce premier pas dans le fantastique est d’autant plus renforcé par la légende du Vert-de-Lierre. Entre les personnes qui affirment -expérience à l’appui- que ce n’est pas un mythe mais une réalité, les quelques traces écrites sur cette figure mystérieuse et une rencontre effrayante d’Olivier dans le château de Mont-Drienne, on finit par penser nous aussi que ces histoires prennent racine dans des faits véridiques. Mais on ne peut que se demander jusqu’à la toute fin ce qu’il en est réellement, et surtout qui est ce Vert-de-Lierre en réalité ?

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Pour ce qui est de Mary, l’héroïne du roman de Rose, j’ai trouvé le personnage très bien traité. Si elle a ses qualités, elle a aussi ses défauts et elle évolue de façon cohérente tout au long de l’histoire. On s’attache pour elle tout comme on craint pour elle, surtout quand les éléments se font de plus en plus clairs.
Olivier également est un personnage consistant. S’il ne fait pas toujours preuve de prudence ou de rationalité, on comprend d’où cela vient. On compatit avec lui, ses problèmes et l’on vit ses doutes en même temps que lui. Ce n’est pas un personnage brouillon, désagréable, ce qui permet de s’immerger dans l’histoire et de le suivre sans rechigner.
Mon ressenti sur Dahlia et sur Rose était forcément un peu biaisé puisqu’elles sont toutes les deux vues au travers d’Olivier, et donc avec sa perception bien à lui. J’ai tout de même réussi à m’en défaire un peu, essayer d’adopter un point de vue un peu plus neutre pour m’en faire une idée moi-même.

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Si, sur la grande partie de l’histoire, je n’ai rien à redire en ce qui concerne la cohérence, j’avoue que certains points m’ont un peu perturbée sur la fin.
En effet, j’ai été surprise de la réaction d’Olivier qui n’avait pas l’air de comprendre certains points, alors que le lecteur les avait découverts en même temps que lui et qui me semblaient être plus que flagrants.

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L’ambiance générale du roman m’a beaucoup plu et elle m’a rappelé certains romans classiques de la littérature gothique anglaise. Si l’atmosphère est parfois lourde au vu des événements relatés, elle peut aussi se faire plus agréable à lire, plus poétique. Je pense tout particulièrement aux situations où tout ce qui touche au végétal est mis en avant ou encore les descriptions, celles de Rose par exemple.
L’écriture de Louise Le Bars est élégante, raffinée et recherchée. Très intelligente, elle y mêle des références et est très juste sur certains thèmes spécifiques. Les descriptions enrichissent le texte et nous permettent de nous projeter facilement dans le récit.

Vert-De-Lierre
Editions Noir d’Absinthe
Parution 2019
176 pages

Avez-vous lu ce livre ? Pouvez-vous deviner qui est le Vert-De-Lierre ?

A très vite pour parler d’une nouvelle lecture !
Brybry’ !

Cold Turkey Writer

Ecrire à beau être une passion, on peut parfois vite se dissiper, surtout lorsqu’internet et ses distractions sont à portée de clic.
Voici un petit logiciel pouvant être utile pour celles et ceux qui divaguent facilement.

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Cold Turkey Writer est un logiciel qui sert à bloquer son ordinateur et de faire en sorte que l’auteur ne puisse pas le fermer tant qu’il n’a pas atteint les objectifs qu’il s’est lui même fixé. Il n’est pour le moment disponible qu’en anglais, mais sa prise en main n’est pas compliquée.

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Cold Turkey Writer a une apparence très sommaire, puisqu’on se retrouve juste devant une page blanche. Il n’est pas possible de choisir la police, ni sa taille ou encore de faire une mise en page spéciale. La simplicité est de mise et permet ainsi de se focaliser sur son travail. Mais Cold Turkey Writer a surtout une particularité qui permet au logiciel de se démarquer des autres du même genre.

En effet, il existe deux modes différents, un qui se base sur le nombre de mots et l’autre sur la durée.


♦ Limite de mots : vous dîtes combien de mots vous voulez écrire, 10, 200, 3000 et il vous sera impossible de fermer le logiciel tant que vous n’aurez pas atteint ce seuil.
Limite de temps : vous choisissez une durée (toujours en minutes !) plus ou moins longues et il vous faudra attendre que le temps soit totalement écoulé pour pouvoir quitter le logiciel.

Comme on peut le voir, il est également possible de ne pas être bloqué du tout et d’écrire simplement.

Toutes ces fonctions marchent peu importe que l’on ouvre un nouveau document ou que l’on veuille en continuer un déjà existant.

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Lorsque l’on commence à écrire, on se retrouve devant une page blanche, des plus basiques. En dessous de « Cold Turkey Writer » on retrouve une petite barre qui nous permet de suivre notre progression. Que l’on ait choisit la limite de temps ou de mots, elle se grise au fur et à mesure de notre avancée. Bien entendu, si on s’est fixé pour quota cent mots, qu’on en écrit trente et qu’on efface tout, elle reviendra à zéro.
Pour savoir avec précision combien de temps ou de mots il nous reste, il suffit de passer la souris dessus et une petite bulle contenant l’information apparaîtra.

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Une fois le quota atteint on peut relancer pour 10 minutes d’écriture en plus (peu importe le mode choisi) en sélectionnant Snooze, ou continuer à écrire sans pression.
Une fois que l’on a finit d’écrire, il suffit de cliquer sur Save and Quit et le texte nouvellement écrit s’enregistre sur un document bloc note tout simple. Il faudra donc faire la mise en page après coup.

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Petit bilan :

Plus : Gratuit, pratique, on se fixe nos seuils nous mêmes.
Moins : Le logiciel peut ralentir lorsque l’on atteint un grand nombre de mot ou que l’on poursuit l’écriture d’un document, la prudence est donc préférable.
Neutre : L’interface est très simple, ce qui peut séduire ou au contraire repousser l’utilisateur, selon les goûts de chacun.

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De mon côté, j’ai une préférence personnelle pour la limite temporelle. En effet, il m’est déjà arrivé d’être lassée d’écrire, de ne pas atteindre mon quota de mots et d’écrire plein de fois « la la la la » pour faire gonfler mon compteur et pouvoir fermer le document plus vite. Niveau productivité, je repasserai.
J’aime beaucoup le logiciel, pour sa simplicité. J’ai tendance à m’égarer rapidement, à aller sur internet toutes les trente secondes, ce qui est rendu impossible ici et me permet donc d’être plus concentrée et de mieux travailler.

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Il existe également une version premium, disponible pour 15$. Elle a plus de fonctionnalités, comme le formatage du texte, la possibilité de copier de coller mais aussi de changer le thème de l’interface.

Vous préférez écrire sur papier ou sur ordinateur ? Vous aimez les logiciels ou vous préférez la simplicité ?

A bientôt pour un nouvel article !
Brybry’

L’enfant du Tsunami – Eva Kopp

Cela ne fait pas encore dix ans qu’un tsunami a ravagé les côtes japonaises, faisant des milliers de morts, un grand nombre de disparus et engendrant une catastrophe nucléaire de grande ampleur. L’ouvrage d’Eva Kopp, L’Enfant du Tsunami, met en scène plusieurs personnes touchées par cette vague.

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Merci à Eva Kopp pour sa confiance pour ce Service Presse !

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Quelques informations sur l’autrice
Eva Kopp est née en 1981 en Alsace. Si elle a eu plusieurs métiers qui touchaient à la littérature, puisqu’elle a été scénariste, rédactrice pour la presse régionale ainsi qu’autrice-illustratrice, elle a également travaillé en tant qu’infographiste, et animatrice radio. Elle est consciente qu’il est important et même urgent de prendre soin de la planète.
Le 10 mars 2011 elle rêve d’une vague immense et elle se réveillera sur les images terrifiante du ras-de-marée touchant les côtes du Japon.
L’Enfant du Tsunami est son premier roman. Elle a également publié un recueil de nouvelles intitulé Cueillir les fleurs du silence : Nouvelles du Japon.

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Résumé : 11 mars 2011, Japon sur l’île d’Honshū, préfecture de Miyagi.
D’une main distraite, Junko caresse le chat gris aux longues moustaches qui ronronne paisiblement sur ses genoux. Soudain elle sent son petit cœur s’affoler comme s’il cherchait à s’échapper de son enveloppe de félin. Ses griffes jaillissent des coussinets. Il bondit et se met à tourner à toute vitesse sur les murs qui s’effritent à chacun de ses passages. 
Junko a compris. Tout est clair à présent, un rouage invisible s’enclenche dans sa poitrine. Elle en a rêvé il y a deux jours : une immense vague. Gigantesque, dans un grondement démentiel. Avec des hurlements et des craquements comme si les charnières de la Terre elle-même semblaient céder… céder comme quoi d’ailleurs ?

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Afin d’écrire son roman, Eva Kopp a fait des recherches durant cinq années. Ce travail de documentation est visible à la lecture, avec des informations distillées ici et là, tant au niveau du tsunami en lui-même que sur d’autres éléments, les retombées nucléaires, la réaction du gouvernement japonais, les équipes scientifiques qui ont travaillé dessus… L’Enfant du Tsunami, en plus de raconter une histoire, instruit le lecteur, sans le perdre.

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La forme de L’Enfant du Tsunami peut surprendre au début, puisqu’il s’agit d’un roman choral, et que des points de vue différents se succèdent à chaque nouveau chapitre. S’il peut falloir au lecteur quelques temps pour s’adapter et bien identifier chacun des personnages présents, on finit par être capable de remettre un nom sur un récit assez rapidement.

Deux axes principaux sont abordés : un au Japon autour du personnage de Junko, et un en France, autour de celui de Néthanel. On découvre au passage leurs familles, mais on ne s’éparpille pas trop, et ce choix dans l’écriture permet de nous faire vivre les événements de plusieurs façons différentes en illustrant comment elles ont été touchées par le tsunami mais aussi de voir tout cela d’une manière plus approfondie.
Bien entendu, tous ces chemins différents s’effleurent, se frôlent, se croisent, sur quelques pages, ou jusqu’à la fin du roman. Je dois dire que c’est particulièrement plaisant lorsque l’on constate qu’enfin, les histoires de chacun finissent par se recouper et que tout prend sens.

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Tout ne s’arrête pas après la catastrophe, bien au contraire : celle-ci est le point de départ. Comment se reconstruire quand notre vie à presque été totalement détruite ? Comment continuer à vivre quand le désastre est si ancré en nous ?

Les personnages sont attachants, on a envie de connaître leur histoire, comment ils réagissent suite au tsunami, les nouvelles épreuves qu’ils doivent affronter, ce qu’ils deviennent.
Junko, par exemple, vit dans le département de Miyagi, touché de plein fouet par le tsunami, avec son grand-père, agriculteur. En plus de suivre les chemins de ces deux personnages, on découvrira, au fur et à mesure Hakao, le fiancé de Junko, vivant dans une autre ville de l’archipel. Tous prendront des voies différentes, mais toujours avec l’ombre du ras-de-marée qui aura influencé leurs choix.
A l’autre bout du monde, on découvre Achille et Maïwen, dont la vie bascule après qu’ils recueillent Néthanel, l’enfant du tsunami, âgé de dix mois, dont les parents ont péri submergés par la vague.
Un des personnage, qui n’est rattaché à aucun de ceux cités précédemment, est bien réel, puisqu’il s’agit de Hanyû Yuzuru. En plein entraînement au moment où le séisme a eu lieu, il a dû s’enfuir de la patinoire. Trois ans plus tard, il remportait sa première médaille d’or aux Jeux Olympiques de Sotchi.

Les caractères et personnalités de chacun sont bien différents et permettent d’avoir plusieurs points de vue et de développer divers aspects de la catastrophe. En effet, l’autrice ne se restreint pas à un seul parcours possible, mais en développe de nombreux, entre les individus qui décident de se sacrifier pour essayer de préserver les générations futures, les innovateurs qui cherchent des alternatives à l’énergie nucléaire ou encore toutes les populations déplacées qui subissent une discrimination suite à la catastrophe.

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L’Enfant du Tsunami se lit extrêmement facilement. Les passages s’enchaînent bien et on a du mal à décrocher, notamment parce qu’ils sont courts et qu’on a toujours envie de connaître la suite, surtout parce qu’on ne suit pas la vie des individus en continue. Il y a toujours une certaine logique dans le déroulement, et l’on suit un fil conducteur que l’on a juste envie de dérouler jusqu’au bout. A chaque nouveau passage, on retrouve au début la date et le lieu où se déroule l’histoire, ce qui permet de se situer dès la première ligne.
J’aurais cependant un petit bémol à émettre au sujet des dialogues. J’ai trouvé que certains étaient un peu superflus mais aussi trop longs.

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Eva Kopp joue avec le lecteur. Elle l’interpelle, rend la lecture presque interactive, nous interrogeant directement tandis qu’elle nous expose des situations, réelles ou non.
La plume de l’autrice varie. Tantôt pédagogue, tantôt interrogatrice tantôt poétique. Certains passages, notamment ceux mettant en scènes des rêves sont très lyriques, très imagés et délicieux à lire.

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Ma lecture de L’Enfant du Tsunami m’a laissé une impression particulière. La catastrophe reste récente, et je me souviens avoir regardé en boucle les chaînes d’informations pour me tenir au courant des événements. Le nombre de morts, de disparu, l’accident nucléaire qui ont suivi ne peuvent que toucher les gens et lire sur ce sujet, d’autant plus qu’il est bien traité remue forcément un peu.

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J’ai trouvé que l’autrice se penchait sur le sujet avec justesse. On ressent toute la documentation qui a été faite en arrière et qui rend toute l’histoire bien crédible. Je suis particulièrement contente de ne pas être tombée sur un livre qui aurait été caricatural du Japon et de la réaction des japonais suite à la catastrophe de Fukushima.
Ce roman est parfois dur à lire, vu les événements qu’il relate, mais je le trouve nécessaire pour prendre conscience d’une partie des faits qui en ont découlés.

L’enfant du Tsunami
Editions Pierre Philippe
Parution 2018
75 pages

Avez-vous lu l’Enfant du Tsunami ? Un autre livre parlant d’une catastrophe telle que celle de Fukushima ?

A très vite pour un nouvel article !
Brybry’

Le Bois Sans Songe – Laetitia Arnould

Les contes de fées ont une certaine saveur pour de nombreuses personnes : c’est avec eux que beaucoup découvrent la lecture. Autant dire que j’étais plus que ravie de lire Le Bois Sans Songe, publié par Magic Mirror, maison d’édition spécialisée dans la réécriture de contes.

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Merci à la Maison d’Edition Magic Mirror de m’avoir donné l’opportunité de faire ce service presse !

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Quelques mots sur l’autrice :
Née au milieu des années 80 en France, Laetitia Arnould ne s’intéresse pas qu’à l’écriture, puisqu’elle touche également au dessin. Organisée et motivée par ses histoires, elle peut enchaîner les heures de travail sans relâche, jusqu’à ce qu’elle écrive le point final. Ses univers touchent tout le monde et ses ouvrages sont autant adressés aux adultes qu’aux plus jeunes.

Le Bois Sans Songe n’est pas la seule réécriture de Laeticia Arnould, sa première publication chez Magic Mirror étant le roman Ronces Blanches et Roses Rouges. Parmi ses autres livres, on retrouve Aeternam Opera ou encore La petite fille à l’ombrelle, dont les titres laissent déjà filtrer une certaine poésie.

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Quatrième de couverture :
Il est des larmes qui ne sèchent pas. Il est des blessures qui restent ouvertes.
Il est des êtres qui les surmontent quand d’autres finissent par sombrer.
Il est ceux qui les gardent en eux. À jamais.

Comment survivre quand on est la seule personne éveillée parmi des êtres en proie à des cauchemars éternels ?
Princesse héritière de Modighjem, Liv se retrouve isolée, prisonnière de son pays désormais morne, séparée du reste du monde par un bois infranchissable, né le soir de la malédiction. Jusqu’au jour où son destin erratique croise celui de ce personnage entouré de ténèbres, avec son parapluie pagode et ses airs de prince maudit…
Pourquoi continuer à vivre quand les personnes qui nous étaient chères ont été massacrées, quand une principauté entière a sombré face à la rage des hommes et que l’on est seul, le dernier représentant de son peuple ?
Lennart Leifsen a choisi la vengeance comme raison d’exister. Retranché dans son lugubre manoir, penché sur son rouet, il tisse chaque soir, à partir de ses larmes, le sort qui maintient les Modigs sous le joug de ses tourments. Jusqu’à ce que survienne cette jeune fille dépenaillée, aussi agaçante qu’inconsciente, et que les larmes providentielles se refusent à lui… 

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Tout d’abord, je dois avouer que je n’avais encore jamais lu de réécriture de contes et j’étais curieuse de savoir dans quoi j’allais me lancer. A quel point j’allais retrouver l’intrigue principale ? Et les personnages ? Des petites références discrètes ou évidentes ? Bref, j’avais plein d’interrogations avant même de commencer ma lecture.

Pour Le Bois Sans Songe, Laeticia Arnould mêle deux contes : La Belle au Bois Dormant et Le Petit Elfe Ferme-l’oeil. Je connaissais le premier mais ignorais tout du second aussi je n’ai pas pu relever les références à celui-ci lors de ma lecture.
On retrouve les grandes lignes de La Belle au Bois Dormant : une princesse est victime d’une malédiction, des fées veillent sur elle, le rouet si dangereux du conte original est là… Ces éléments sont présents d’une manière évidente et on sait immédiatement à quoi ils font référence. Cependant, tout ne se déroule pas à l’identique de l’oeuvre de base, loin de là. La malédiction, par exemple, a une nouvelle perspective qui offre un aspect intéressant au récit et le fuseau n’en est pas à l’origine ! Mais celui-ci entraîne un passage assez piquant dans le texte. Il y a également d’autres références, plus ou moins évidentes au long du récit, et je ne doute pas une seule seconde qu’il en soit de même pour Le Petit Elfe Ferme-l’oeil.

Même si l’autrice a réutilisé ces éléments, on les redécouvre au fur et à mesure sans que le déroulement de l’histoire soit rendu évident dès les premières pages du livre. Tout a été remanié dans le style de Laetitia Arnould, ce qui offre une solidité et une richesse à son ouvrage.

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A la lecture, on ressent bien que l’univers a été construit en amont. Logique et cohérent, il est en plus maîtrisé et l’autrice sait très bien où elle veut aller puisqu’elle nous y mène avec brio.
Au niveau des descriptions, j’ai trouvé la plume de Laeticia Arnould assez incroyable. Il est impossible de ne pas se projeter dans l’espace tant il y a de précisions, qui n’étouffent pas pour autant le texte puisque aucune description n’est lourde ou superflue. Le vocabulaire est lui aussi riche et précis ce qui permet au récit d’avoir une élégance toute particulière. On peut tout visualiser sans aucun problème, que ce soit pour les lieux ou pour les vêtements et c’est vraiment un des aspects que j’ai le plus apprécié dans ce livre.
La magie, également, est un des points forts du Bois Sans Songe. Il est intéressant de voir sur quoi elle se tisse, comment elle prend forme et ce qu’elle peut amener, ainsi que la façon dont elle réagit aux sentiments par exemple.

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L’autrice alterne les points de vue, nous permettant ainsi de vivre l’histoire au travers de Liv et de Lennart. Si les chapitres nous font suivre leur évolution au travers des pages, les quelques réminiscences elles, nous offrent des informations essentielles sur le passé de l’un des deux et sont plus que bienvenues.
Au sujet des personnages, je dois avouer que je n’ai pas été totalement convaincue, notamment à cause de certaines réactions, ce qui m’a empêché de m’attacher à eux. J’ai été un peu décontenancée parfois par leur comportement, qui servait à l’histoire, mais me semblait un peu forcé pour faire avancer le récit dans une direction précise.
Cependant, j’ai tout de même eu une petite préférence pour Lennart. J’ai apprécié découvrir son passé et tous les éléments qui l’ont conduit à être celui qu’il était au moment du récit. La construction de ce personnage est intéressante, et on sent très vite qu’il faut voir au delà des apparences pour savoir qui est le véritable ennemi dans l’histoire, même si l’autrice distille des éléments qui nous font douter ici et là.

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Initialement, je m’attendais à ce que le récit se déroule au Moyen-Age, ou à la Renaissance, puisque c’est dans ces époques que j’imagine les contes de fées. Cependant, Le Bois Sans Songe semble se dérouler à une ère plus moderne, car même s’il existe toujours des bals et soirées mondaines, il y a des mentions à une technologie plus moderne, avec notamment l’éclairage au gaz. Et pourtant, cette sensation que le récit se déroule presque entre deux époques ajoute à la poésie du texte, lui donne un côté un peu plus mystérieux et relève en plus son côté féerique.

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J’ai été surprise par quelques fautes et coquilles qui sont passées au travers des mailles de la correction, mais qui, heureusement n’étaient pas si nombreuses.
Malgré tout, ma lecture du Bois Sans Songe a été plutôt agréable, même s’il y a eu quelques longueurs. J’ai aimé redécouvrir le conte de La Belle au Bois Dormant sous un autre angle, et j’ai désormais très envie de lire Le Petit Elfe Ferme-l’oeil. Laetitia Arnould a très bien réussi à mêler les deux contes à sa touche personnelle, et non l’inverse. C’est une lecture qui m’a à la fois donné envie de redécouvrir des vieux contes, d’en lire des nouveaux et de me plonger dans d’autres récits de cette autrice.

Le Bois Sans Songe
Editions Magic Mirror
Parution 2018
456 pages

Avez-vous lu ce livre ? Connaissez-vous d’autres réécritures de contes ?

A très très vite pour un nouvel article !
Brybry’

Mémoires d’une geisha – Inoue Yuki

Mes connaissances des geishas tenaient plus de l’imaginaire qu’autre chose et étaient aussi limitées que fantaisistes. Ce livre fut donc une remise au point assez déroutante de toutes mes idées reçues sur ce monde bien particulier…

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A ne pas confondre avec le livre d’Arthur Golden !

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Quelques mots sur l’auteure :
Inoue Yuki est une auteure japonaise née en 1931 dans la ville de Kanazawa. Elle suit des études de littérature dans l’université de la ville, à laquelle elle est très attachée, et obtient son diplome.
Son livre Mémoires d’une geisha ( 廓のおんな, kuruwa no onna) est écrit suite à ses rencontres avec Yamaguchi Kinu, ancienne geisha. Cette biographie sera publié en 1981.
Inoue Yuki a écrit une vingtaine d’autres ouvrages, qui n’ont, d’après mes recherches, pas été traduits en français.
Elle est décédée en 1999.

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Résumé : Née en 1892, vendue à l’âge de huit ans, Kinu Yamaguchi fera l’apprentissage du dur métier de geisha. C’est un peu l’envers du décor qu’elle raconte : avant de porter le kimono de soie, il lui faudra vivre un apprentissage rigoureux, étudier tous les arts de divertissement et endurer pour cela privations, exercices physiques traumatisants, soumission aux coups sous les ordres de la « Mère » et des « grandes soeurs ». Après son initiation sexuelle, elle s’enfuira, puis reviendra vivre dans le « quartier réservé » avant de devenir elle-même patronne d’une maison de geishas. Récit bouleversant, description édifiante de la vie de tous les jours dans l’intimité d’une okiya, avec ses cérémonies, ses coutumes, ses fêtes et ses jeux. On y entend des histoires de plaisirs, de chagrins, de courage aussi, qui éclairent sous un jour nouveau ce monde fermé sur lequel l’Occident ne cesse de s’illusionner.

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Je pense qu’il est important de rappeler que Mémoires d’une Geisha n’est pas un roman, mais bien une biographie. Aussi, il ne faut pas s’attendre à lire une histoire. On trouve beaucoup de descriptions et d’explications, mais aussi de nombreuses anecdotes personnelles, qui permettent d’alléger un peu le récit.

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Ce livre est une vraie source de connaissances, on apprend énormément, et à chaque page et comme le dit le résumé, les geishas sont sources de beaucoup d’illusions nombre d’occidentaux.

Mémoires d’une geisha est presque un témoignage historique. Même si les personnes pouvant s’offrir les services des geishas étaient assez fortunées, c’est aussi l’histoire du peuple plus pauvre que l’on découvre, notamment au travers des parents de Kinu, obligés de vendre leurs filles pour avoir de quoi subvenir à leurs besoins.
Plusieurs époques, vécues et traversées par Kinu sont abordées et permettent de voir les transformations du Japon, qui s’est tout juste ouvert à l’occident, puis les effets sur une partie de la population de la guerre russo-japonaise de 1904 ou encore ceux de la Seconde Guerre Mondiales.

Bien entendu, les geishas étant au centre de leur récit, c’est sur elles que l’on apprend le plus. Sur tout ce qui concerne leur esthétique, que ce soit sur leurs coiffures, le maquillage, les kimonos qu’elles portent… Porteurs de beaucoup de symboles, aucun de ces choix n’est laissé au hasard. On a également des informations sur toutes les petites superstitions qui aiguillent leur vie, la rendent plus supportable ainsi que le respect des traditions et cérémonies annuelles auxquelles elles sont conviées. A la fin de la lecture, on en a appris beaucoup sur leur quotidien extraordinaire régit par un millier de petits détails.

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Pour le reste, je pense que l’on peut dire que cet ouvrage enlève une bonne partie du glamour de la geisha telle qu’elle est dépeinte dans les fantasmes occidentaux.

Le premier point marquant étant que Kinu est vendue par ses parents (sa soeur subira le même sort) à la patronne d’un okiya, maison de geisha où celles-ci vivaient le temps qu’elles remboursent leurs dettes, c’est à dire l’argent investi par leur mère adoptive pour les acheter. Et pour Kinu, ce remboursement se fait depuis son plus jeune âge, avec des petits travaux quotidiens qui ne lui laissent que peu de temps de répit. D’autant plus que l’enfant suit des cours financés par sa mère adoptive, tout comme ses vêtements et sa nourriture… ce qui fait donc augmenter le montant de sa dette. Bonjour le serpent qui se mord la queue, sur l’exploitation d’enfants en plus.

Certaines anecdotes, d’ailleurs, glacent le sang. Par exemple, les apprenties devaient se tenir dehors en hiver et hurler, pour se casser la voix et qu’elle ait un autre timbre, plus plaisant. Il arrive aussi que les futures geishas reçoivent des coups ou encore que certaines de leurs professeurs passent leurs nerfs sur elles. De plus, leurs déplacements sont contrôlés, il leur est impossible de sortir du quartier réservé sans un visa, fournit uniquement si elles ont une excuse valable.

Sans oublier que chaque vie porte naturellement son lot de peines, cela peut très vite être lourd à porter pour une personne.

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Les conditions de vie peuvent être qualifiées d’esclavagistes tant les geishas et les apprentis sont privées de libertés et font les choses contre leur gré.
Toutes les geishas mentionnées dans ce livre sont des prostituées. Leur cérémonie de dépucelage notamment, se fait contre une somme d’argent non négligeable, aux alentours de quinze ans, alors que les jeunes filles ne savent même pas en quoi cela consiste. Pour ce qui est de leur salaire les geishas ne touchent qu’un infime pourcentage dessus, jusqu’à ce qu’elles remboursent leur dette à leur mère adoptive.

S’il existe malgré tout une petite concurrence entre les geishas ou entre les okiya, celle-ci n’est pas infâme ou insupportable. Il existe une solidarité entre ces femmes, qui se soutiennent, se donnent des astuces pour réussir et sont à l’écoute l’une de l’autre, notamment les geishas qui prennent une apprentie sous leur aile.

Des propos de Kinu ne ressort pas d’amertume et encore moins de plainte. On ressent plus de la nostalgie, mais aussi de la reconnaissance envers toutes les personnes qu’elle a connu et qui l’ont aidée. La façon dont sont racontées les choses adoucissent énormément le ton du récit qui nous laisse un petit goût doux-amer.

On ne peut que reconnaître que tout au long de sa vie, Kinu a fait preuve de beaucoup de courage pour s’en sortir. Elle a réussi à gravir les échelons jusqu’à devenir une geisha populaire, malgré une opération qui l’a empêchée de se produire sur une longue période. Elle aura aussi le courage de s’enfuir, piégée dans une situation qui ne lui convient pas, et celui de revenir, pour ouvrir à son tour une maison de geisha.

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J’ai trouvé la lecture un peu ardue par moment. De nombreux faits sont relatés mais sans être racontés, ce qui n’aide pas à l’immersion au début du récit. Les descriptions sont très précises (parfois jusqu’à parler des dimensions des salles) ce qui coupe légèrement la fluidité du texte.
Un petit frein pour le lecteur pourrait être l’abondance de termes japonais, en plus des noms de lieu et d’individus. Le nom des vêtements, des coiffures ne sont pas traduits et même si l’on est familiarisé avec le terme kimono, par exemple, il est plus difficile de s’imaginer correctement les différentes coiffures citées, même si celles-ci sont décrites. Cependant, certains mots revenant fréquemment, on finit par les retenir et ils ne posent plus de problème.

Il y a un petit point qui m’a fait particulièrement plaisir et que je trouve non négligeable : en fin de chapitre, on trouve une photographie d’époque montrant, la plupart du temps, Kinu, parfois seule, parfois avec d’autres geishas ou des clients. En plus d’ajouter de l’authenticité au récit, je trouve ça plaisant de pouvoir mettre un visage sur la personne dont l’histoire nous est contée.

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Je pense que je relirai Mémoires d’une Geisha, car il y a sûrement un grand nombre d’informations que je n’ai pas retenues mais qui restent intéressantes. J’éviterai simplement la lecture de certains passages.

Mémoires d’une Geisha
Editions Phillipe Picquier
Parution 1997
280 pages

J’espère que cet article vous aura enseigné quelques petites choses sur les geishas et donné envie d’en apprendre encore plus !
Quelqu’un parmi vous l’a lu ? Ou avez-vous l’ouvrage Geisha, d’Arthur Golden ?

A très vite je l’espère !
Brybry

Des milliards de tapis de cheveux – Andreas Eschbach

Ce livre est juste un coup de coeur absolu, que j’ai dévoré de la première à la dernière page. L’intrigue et ses mystères se dévoilent au fil des chapitres, et même si l’on trouve une souffrance indéniable dans ce récit, on ne peut passer au dessus de la poésie qui s’en dégage.

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Quelques mots sur l’auteur :
Né à Ulm en 1959, Andreas Eschbach est un écrivain majeure de la science-fiction allemande. Il fait des études dans l’aérospatial et entame une carrière de développeur informatique avant de devenir cadre.

Andreas Eschbach a toujours eu un pied dans l’écriture, ses premiers textes ayant été rédigés dès ses onze ans. Fait assez exceptionnel et remarquable pour un écrivain, c’est dès la publication de son premier roman en 1995, Des milliards de tapis de cheveux, qu’il peut vivre de sa plume. Le livre a été traduit en plusieurs langues, ce qui ne s’était pas produit pour un ouvrage de science-fiction allemand depuis 18 ans.
Auteur prolifique, Andreas Eschbach a publié une dizaine de romans, dont certains destinés à la jeunesse, des nouvelles, ainsi que les séries Jésus Vidéo, Le Projet Mars et Le Sanctuaire. Ses ouvrages ont récolté dix-sept prix.
Ses traductions françaises ont été publiées par la maison d’édition l’Atalante.

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Je pense qu’on peut s’arrêter quelques secondes, juste pour admirer la couverture.

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Résumé : N’est-ce pas étrange qu’un monde entier s’adonne ainsi au tissage de tapis de cheveux ? L’objet en est, dit-on, d’orner le Palais des Etoiles, la demeure de l’empereur. Mais qu’en est-il de l’Empereur lui-même ? N’entend-on pas qu’il aurait abdiqué ? Qu’il serait mort, abattu par des rebelles ?
Comment cela serait-il possible ? Le soleil brillerait-il sans lui ? Les étoiles brilleraient-elles encore au firmament ?
L’Empereur, les rebelles, des milliars de tapis de cheveux; il est long le chemin qui mène à la vérité, de la cité de Yahannochia au Palais des Etoiles, et jusqu’au Palais des Larmes sur un monde oublié…

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Ce livre a été un coup de coeur tellement immense que je ne sais même pas par où commencer.

Le fond de l’histoire est mélancolique, dur, voire cruel, bien que l’auteur, avec sa plume, laisse de nombreuses notes poétiques au passage. L’univers développé dans Des milliards de tapis de cheveux est rude, avec un monde entier qui révère et honore un empereur immortel comme on honore un dieu, à chaque instant de leur existence. Quiconque émettrait des doutes sur l’excellence de l’empereur sera traité en hérétique et en subira les conséquences.

Aussi, lorsque la nouvelle de sa mort se répand, le doute s’empare des individus et il est bien difficile pour les habitants, qui vivent dans la crainte, de démêler le vrai du faux ou même d’oser écouter ces rumeurs tant on veut croire au contraire.  

Cette intrigue se mêle à celle, plus omnisciente des tapis de cheveux. Travail et sacrifice de toute une vie, effectué de père en fils depuis des génération, le commerce de ces biens précieux modèle la vie des habitants de la planète jusque dans l’intime. Les tisseurs consacrent leurs vies à leur tapis, utilisant les cheveux de leur femme et concubines pour les tresser. Ils ne peuvent avoir qu’un garçon par famille, et si un deuxième devait naître, il n’aura pas la chance de rester vivant. Au delà des tisserands, l’existence n’est pas forcément plus douce. Les marchands bien que riches, ont des quotas à respecter sans quoi ils mourront et doivent faire face à une rude concurrence. Pour les femmes qui n’ont pas de beaux cheveux, il est difficile de faire un bon mariage, et pour tous, penser en dehors de la norme est synonyme de danger.

Il faudra attendre le dernier chapitre pour comprendre l’histoire dans son ensemble et découvrir l’origine des tapis de cheveux et la raison de leur naissance. A la lecture, au premier aperçu, elle peut sembler être complètement aberrante, mais lorsque l’on prend un peu de recul, que l’on réfléchit aux conséquences de leur création et des souffrances que cela engendre, on réalise toute la démesure de la chose, et le dénouement n’en est que plus percutant.

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La forme a une originalité notable : chaque chapitre se focalise sur un personnage en particulier, et jamais on en trouve un écrit du point de vue de la même personne. Néanmoins, parmi tous les individus que l’on suit dans l’histoire, il en est quelques uns qui apparaîtront plusieurs fois, sous un angle différent, tantôt en personnage principal d’un chapitre, tantôt vu au travers des yeux d’un autre. Il est donc difficile de parler de personnage principal, bien que certains, Nillian et Jubad par exemple, possèdent la carrure du héros.

Ce choix de l’auteur permet de laisser planer le mystère de l’intrigue, tout en l’alimentant ici et là de petits indices qui se dévoileront et prendront tous leurs sens lorsque l’on s’approchera de la fin du livre.

Autour de l’Empereur, évoqué à de très nombreuses reprises, plane une aura de mystère. Qui est-il réellement ? Est-il possible qu’il existe un simple homme qui vivrait depuis des dizaines de milliers d’années, dans un palais au centre des étoiles ? On pourrait croire à une simple légende, et pourtant, le personnage est là, intriguant, intelligent, envoûtant et même ses ennemis ont du mal à l’affronter. Avec les mots employés par Andreas Eschbach pour le décrire et raconter son histoire, il est dur de ne pas le trouver impressionnant.  

Nous sommes au service de l’Empereur.
Sa parole est nôtre. Sa volonté est nôtre.
Sa colère est terrible. Il ne pardonne pas, il punit.
Et sa vengeance est éternelle.

Même si on ne reste jamais longtemps auprès des personnages, cela n’empêche pas que l’on s’attache à eux et que l’on tremble pour eux. Le format des chapitres change peu, avec une partie introductive sur les personnages, le lieu ou la situation, un développement sur plusieurs pages et une chute dans les derniers paragraphes. Les histoires, pour la plupart, portent une grande part de souffrance en elles, et très peu d’espoir. Je ne sais pas combien de fois j’ai eu un coup au coeur en arrivant en fin de chapitre, lorsqu’en quelques lignes je comprenais l’enjeu qui avait été développé sur plusieurs pages.

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La narration changeante apporte une dynamique certaine au récit, et un renouveau permanent de l’écriture. La lecture est donc tout particulièrement prenante, et vivre l’histoire de points de vue parfois radicalement opposés permet de se faire un avis et de prendre conscience de tous les enjeux que cache la création des tapis de cheveux. Cela rend la lecture particulièrement prenante et les chapitres s’enchaînent vite. Certains d’entre eux sont courts et ne donnent qu’une envie, se plonger dans la lecture du suivant.

L’univers est bien travaillé, précis et innovant. On peut voir à quel point l’auteur a été minutieux lors de son élaboration. Chaque détail a sa place, sa raison d’être. Les personnages sont tous là pour une bonne raison, que ce soit pour relancer l’intrigue ou pour enrichir un peu plus l’univers. Rien n’est révélé trop rapidement, et des découvertes sont distillées au long de l’histoire, pour ne pas trop nous faire languir en attendant la révélation finale.

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Une petite anecdote :

– A l’origine, Des milliards de tapis de cheveux n’était pas un roman, mais simplement une nouvelle, écrite en une journée, pour une petite revue. C’est en rencontrant l’éditeur et en discutant avec lui, cinq années plus tard, qu’Andreas Eschbach s’est dit qu’il tenait peut-être quelque chose et qu’il décida de travailler l’univers pour en faire un roman.

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Il ne fait absolument aucun doute quant à ma relecture de ce livre. Cela faisait depuis très longtemps que je n’avais pas eu de coup de coeur comme celui-ci et que je m’étais plongée aussi intensément dans une lecture.
Je pense aussi que connaître le dénouement, la raison de l’existence de ces tapis pendant ma relecture lui apportera encore plus de profondeur.

Des milliards de tapis de cheveux
Editions L’Atalante
Parution 2016
316 pages

J’espère que cet article vous aura plu et donné l’envie de découvrir l’univers de ce livre !

A très bientôt, pour un nouvel article.
Passez une jolie journée,
Brybry.


Qui a peur de la mort – Nnedi Okorafor

Deux de mes amies m’ont présenté Qui a peur de la mort, en utilisant à peu près les mêmes termes : attention, ce n’est pas une lecture qui laisse indifférent. Et je ne peux que leur donner raison.

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Quelques mots sur l’auteure :
Nnedi Okorafor est une nigérienne-américaine née en 1974 à Cincinnati, aux Etats-Unis. Professeure d’écriture créative et détentrice d’un doctorat en anglais, elle écrit tant des livres pour adolescents que pour adultes. Elle publie notamment des ouvrages de science-fiction et de fantasy. Remarquant et regrettant le manque de diversité dans les récits de ces genres, elle décide de rédiger ses histoires avec l’Afrique comme lieu d’intrigue et avec des personnes de couleurs dans des rôles habituellement tenus par des personnes blanches.

Actuellement, le seul ouvrage de Nnedi Okorafor a avoir été traduit en français est Qui a peur de la mort, mais on peut trouver une traduction de son recueil de nouvelles Kabu, Kabu suite au financement participatif organisé par Les Editions de l’Instant.
Ses ouvrages ont été primés plusieurs fois, et Qui a peur de la mort a reçu le World Fantasy Award en 2011.

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Résumé : Dans une Afrique post-apocalyptique, la guerre continue de faire rage. Enfant du viol, rejetée par les siens du fait de sa peau et ses cheveux couleur de sable, Onyesonwu porte en elle autant de colère que d’espoir. Seule sa mère ne semble pas étonnée lorsqu’elle se met à développer les prémices d’une magie unique et puissante. Lors de l’un de ses voyages dans le monde des esprits, elle se rend compte qu’une terrible force cherche à lui nuire. Pour en triompher, elle devra affronter son destin, sa nature, la tradition et comprendre enfin le nom que sa mère lui a donné : Qui a peur de la mort.

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Il faut le dire, la première partie du récit est difficile à lire et le résumé en quatrième de couverture nous met dans l’ambiance avant même que la lecture ne commence.

Le peuple des Okekes, puni pour des faits anciens, est asservi par celui des Nurus et survit tant bien que mal en plein génocide. Massacres et viols sont fréquents et c’est dans ce contexte sordide que l’héroïne a été conçue. La couleur de peau d’Onyesonwu montre son héritage et les conditions de sa naissance et elle est donc catégorisée en tant qu’ewu. Sa différence l’exclue : enfant née de la violence, la superstition veut qu’elle engendre le mal autour d’elle. La scène du viol est racontée sur plusieurs pages, et les lire m’a laissé longuement une boule au ventre. Ce n’est pas le seul passage violent du livre, puisqu’un chapitre se concentre sur le onzième rite que vivent les jeunes filles et qui consiste en leur excision.
Onyesonwu va subir de nombreuses discriminations au long de son parcours, et pas uniquement à cause de ses origines. Désireuse de maîtriser sa magie et ses transformations pour affronter son père biologique, elle se retrouvera confronté au refus du sorcier de village de lui enseigner son savoir, puisqu’elle est une femme. Mais ceci ne suffira pas à la faire changer d’avis.

Bien heureusement, Nnedi Okorafor ne tombe pas dans le cru avec comme seul et unique but de choquer le lecteur en écrivant sur ces thèmes violents. Ils ont un rôle et une raison d’être dans le récit. Mais il faut tout de même noter que l’ambiance du livre n’est ni joyeuse ni légère. Si cela change un peu lorsque la quête d’Onyesonwu débute réellement, ces sujets gardent toujours une place centrale dans le récit.

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Plusieurs petites histoires vont se mêler et se démêler au fil du récit. On retrouvera des personnages évoqués simplement, des passages dans des royaumes mystérieux, un récit légendaire en arrière plan… Le parcours d’Onyesonwu nous fait également voyager et découvrir avec elle d’autres peuples, d’autres façons de vivre loin des massacres. Tout cela permet de construire et de consolider l’univers de l’ouvrage. Bien souvent, ce ne sont pas des histoires heureuses, même si certaines ont des petites touches d’espoirs en elles.

Les personnages principaux autour d’Onyesonwu ont chacun leur caractère, leur histoire et pour la plupart, leurs souffrances, plus ou moins grandes.
On peut suivre leur développement au fur et à mesure de l’histoire, et leur façon d’agir. Les femmes, particulièrement, font preuve de beaucoup de force. En tant qu’héroïne et meneuse, Onyesonwu est emplie d’une colère, légitime et compréhensible. Elle fait tout de même preuve de beaucoup de force, de courage et de détermination. Cependant, j’aurais aimé apercevoir une évolution de son caractère, de sa façon de faire, au fil du roman ce qui n’a pas été le cas.
Bien que ces personnages ne soient pas toujours en accord, la quête pesant sur eux, les liens qu’ils créent, qu’ils soient amoureux ou amicaux, offrent des moments plus légers et d’apaisement bienvenus dans ce roman qui reste dur.

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Même si on a peu d’informations sur le lieu précis de l’intrigue, on devine qu’elle se déroule en Afrique. Je dois bien avouer que c’était une première pour moi de lire un roman avec une histoire s’y déroulant. Si c’est regrettable et qu’il est impossible de découvrir toutes les facettes culturelles d’un continent en une lecture, cela m’a aussi donné envie d’en apprendre plus, et je suis ravie de Nnedi Okorafor ait eu cette motivation en écrivant ses livres.

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J’ai lu le livre très rapidement, en quelques jours. Le style est facile à lire, sans excès de fioritures, mais sans non plus être simpliste, bien au contraire. Nnedi Okorafor sait utiliser les mots, les tournures qui marquent l’esprit du lecteur, même dans ses phrases les plus courtes. Dans la même optique, les chapitres sont courts et s’enchaînent vite. Il n’y a pas eu de longueurs à mon goût (j’ai lu quelques avis qui différaient sur ce point), j’ai personnellement trouvé que les dernières pages arrivait un peu trop vite, et je n’ai pas été certaine de comprendre la fin à ma première lecture.
Le récit est écrit ici à la première personne. D’habitude, cela me rebute un peu et me demande quelques efforts pour me plonger dans ma lecture. Ici, si ce n’est pour les premières lignes, je n’ai pas eu besoin de longtemps pour m’adapter.

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Petite information intéressante :
– Le roman est en cours d’adaptation en série par HBO, avec  G.R.R. Martin comme producteur.

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Je ne sais pas encore si je relirai Qui a peur de la mort dans son intégralité. J’ai adoré cette lecture qui était une très belle découverte pour moi, bien que je ne la qualifie pas de coup de cœur. Cependant, j’ai trouvé certains thèmes abordés et les passages les traitant douloureux à lire, donc il est probable que je survoles ces quelques pages la prochaine fois. De même, s’attacher à certains personnages peut être un peu risqué, vu l’univers dangereux dans lequel ils évoluent. Mais s’il est une chose certaine, c’est que j’ai ressenti une multitude d’émotions lors de ma lecture.
Quoiqu’il en soit, je lirai très certainement les autres livres de Nnedi Okorafor pour me plonger un peu plus dans son univers, pas si éloigné du nôtre et de sa cruauté finalement…

Qui a peur de la mort
Edition Le livre de poche
Parution 2018
600 pages

A bientôt pour un prochain article,
Bry’


Stardust – Neil Gaiman

Neil Gaiman se trouvant être l’auteur qui m’a redonné goût à la lecture, il y a quelques années, il est fort probable que je le mentionne souvent dans ce blog, tout du moins pour les débuts. Mais n’ayez crainte, tout cela en vaut la peine, je vous le jure.

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Quelques mots sur l’auteur :
Né en 1960 à Portchester, Neil Gaiman manifeste dès sa jeunesse un intérêt pour les comics. Il parviendra a faire publier une de ses œuvres, Orchidée Noire, après plusieurs tentatives infructueuses auprès des éditeurs et d’une carrière de journaliste.
Ses ouvrages touchent à la science-fiction mais aussi au fantastique et à la fantasy. Il n’est pas rare d’y retrouver des références à la mythologie -notamment celtique- ou aux contes.

Neil Gaiman est également connu pour ses œuvres Sandman, Neverwhere, Coraline, American Gods… Il a écrit un roman en collaboration avec Terry Pratchett, De bons présages et est également l’auteur de plusieurs scénarios.
Il autorise les gens à le mentionner en utilisant uniquement son prénom et il aime bien signer ses livres dans les boutiques des aéroports, alors qu’il attend pour prendre l’avion.

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Résumé : D’un côté, il y a Wall, paisible village niché au sein d’une calme forêt anglaise. De l’autre, le Pays des Fées, univers d’enchantements, de sorcières, de licornes et de princes sanguinaires. Entre les deux, il y a le Mur, l’infranchissable et épaisse muraille qui ceint le hameau et le sépare de Féerie. Infranchissable ? Pas tout à fait, puisque tous les neuf ans s’ouvre la Foire des Fées qui, durant un jour et une nuit, permet aux deux mondes de se rencontrer. Dans certaines circonstances, cependant, attendre si longtemps pour pénétrer en Féerie est impossible. Car quand on s’appelle Tristan Thorn et que l’on a promis à sa belle l’étoile filante tombée du firmament de l’autre côté du Mur, aucun obstacle ne saurait s’élever contre l’amour…

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À la fin de ma toute première lecture de Stardust, j’ai tout bonnement eu l’impression d’avoir lu un livre qualifiable de conte de fées pour adulte. Pari réussi pour Gaiman qui semblait avoir cette idée derrière la tête durant l’écriture de son roman.

Au fil du récit, on retrouve tout ce qui a été évoqué dans le résumé. Tristan Thorn franchit le mur, levant ainsi le mystère de sa naissance et rencontre de multiples créatures tout au long de son chemin jusqu’à l’étoile, qui est peut-être plus qu’un simple rocher.
Dans sa quête de l’astre, Tristan devra se remettre en question, chose peu aisée pour un jeune homme de dix-sept ans parti à l’aventure pour la première fois et en plus sur un élan de romantisme. Plusieurs créatures lui viendront en aide, ce qui ne lui éviterait néanmoins pas tous les dangers ni toutes les déconvenues. En effet, sorcières et Princes sanguinaires sont bien au rendez-vous, même plus nombreux que ce que les personnages eux-mêmes voudraient croire, et sont prêts à tout pour en tirer profit.
La fantasy est belle et bien présente dès les premières lignes et nous berce jusqu’à la fin. Mystère, des sortilèges et enchantements sont là pour accompagner le lecteur et offrir des rebondissements, ce qui entretient une curiosité nous poussant à tourner les pages.
Cependant, tout n’est pas entièrement rose dans Stardust. Certains personnages sont sombres et sont prêts à tout, tant pour conquérir un royaume que pour reconquérir leur jeunesse. Mais on peut tout de même finir par s’attacher à eux, d’une certaine façon.

Une chose que j’aime tout particulièrement dans les romans de Gaiman (et qui justifie très certainement le fait que j’aime cet auteur tout court), c’est sa plume. On y devine presque une nouvelle idée d’écrit dernière chacune des phrases. Elle sait aussi être raffinée, délicate, avec une touche de poésie et elle parvient toujours à son but. Et, surtout, elle dévoile souvent un humour à l’anglaise délectable, avec une petite touche d’autodérision, de sarcasme et d’irone.

Un petit bémol serait que j’ai deviné certains retournements de situations -pas tous, heureusement !- assez vite. Néanmoins, ils restaient bien amenés et, grâce aux indices tout au long de l’histoire, je n’ai en aucun cas eu l’impression que cela était illogique ou bien tombait du ciel sans raison.

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Deux petites choses potentiellement bonnes à savoir sur Stardust

– Le livre a été adapté en film. Je n’ai pas eu l’occasion de le voir et ne peux donc pas dire si l’oeuvre originale a été respectée, mais j’ai eu des retours positifs dessus de la part d’amis.
– Selon les éditions, le personnage principal ne s’appelle pas Tristan Thorn, mais Tristran Thorn. Ce qui peut être assez surprenant lorsqu’on découvre au milieu du livre qu’on lisait mal le prénom du héros…

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Je pense que je relirai Stardust avec beaucoup de plaisir, quand j’aurai envie de lire une histoire douce et magique.

Stardust, le mystère de l’étoile
Editions
j’ai lu
Paru en 2001
234 pages

À très bientôt j’espère,
Brybry’