La Folie et L’Absinthe

Certains en ont fait les frais, et c’est bien loin d’être un secret : l’abus d’absinthe est dangereux pour la santé. Aussi, pourquoi ne pas se contenter d’y goûter avec prudence, sans effet secondaire, en lisant chacune des nouvelles du recueil La Folie et L’Absinthe ?

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Merci à la maison d’édition Noir d’Absinthe pour ce Service Presse !

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A propos des auteurs :
Pour ce recueil, ce ne sont pas moins de treize auteurs qui se côtoient parmi ces pages. Ils ont répondu à l’appel à texte lancé par la maison d’édition et participent ainsi à la création de son premier recueil de nouvelles. Si je ne peux les présenter un à un ici, voici chacun de leurs noms :
Céline Chevet, Wilfried Renaut, Émilie Chevallier Moreux, Geoffrey Legrand, Amaryan, Dorian Lake, Arthur-Coriolan Wilmotte, Sarah Buschmann, Patrice Quélard, Audrey Salles, Roland Voegele, Cécile Pommereau, Gillian Brousse.

Cette anthologie a été dirigée par Emilie Chevallier Moreux.

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Résumé :
Au fond d’un verre vert d’absinthe, la fée vous observe, vous attend, vous séduit, ses petites dents pointues prêtes à écorcher votre langue lorsque la dangereuse et néanmoins délicieuse substance s’approchera de votre bouche, baiser anisé.
Du bout des lèvres, elle vous y contera ses histoires, au nombre de 13, et de ses mots tissera une toile tantôt glaçante, tantôt brûlante, vous entraînant avec elle dans des terres de rêve et de cauchemar où règne une douce et brutale folie.
Boirez-vous à l’encre de ce recueil ?

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La Folie et L’Absinthe est un recueil de nouvelles dont le titre et le thème vont très bien avec la maison d’édition qui en est à l’origine : Noir d’Absinthe.

Avant de plonger dedans, je me dois de faire une petite mise en garde : ce livre est pour les lecteurs avertis. Les sujets abordés ainsi que les tournures prises par les histoires peuvent être dérangeants et trop durs pour certains lecteurs. Sexe, meurtre, viols sont évoqués, parfois avec peu de filtres.

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Dans ce recueil, nous retrouvons treize nouvelles (je me demande si ce chiffre est le fruit du hasard…) écrites par treize auteurs différents. Je ne vais pas faire un résumé ou une analyse de chacune d’entre elles, mais toutes sont bien dans le thème et exploitent tant la folie que l’absinthe, de manières différentes, ce qui fait que nous nous plongeons à chaque fois dans des univers variés.
Les personnages eux aussi, n’ont pas grand chose en commun. Hommes ou femmes, leurs histoires, passé et qualité de vie, tout comme leur rapport à l’absinthe, changent d’une nouvelle à l’autre.

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Les auteurs révèlent chacun leur plume, ce qu’ils sont capable d’écrire, au travers de textes plus ou moins longs (la nouvelle la plus courte fait trois pages). Certains récits semblent être candides, innocents, jusqu’à ce qu’ils prennent un tournant plus sombre, se fondant parfaitement dans le thème du recueil. D’autres sont directement dans le vif du sujet, avec des passages très durs ou une ambiance malsaine qui flotte tout au long de l’histoire.
Chaque plume est différente, apporte une atmosphère nouvelle au recueil et cela permet de découvrir une large palette des auteurs de cette maison d’édition, et les univers présents pourront certainement séduire ceux qui sont fan du genre.

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Dans chacune des nouvelles, l’absinthe est présente. Parfois ce sont ses feuilles qui sont mises en avant, d’autres fois, on assiste à la création du fameux breuvage. Il arrive qu’elle soit détournée, comme dans la première nouvelle. Cependant, quoiqu’il arrive, on voit toujours ses effets ravageurs, plongeant les protagonistes ou leurs proches dans la folie ou dans des hallucinations étranges mais potentiellement libératrices.

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De mon côté, cette lecture a été assez particulière, parfois dérangeante, et je pense devoir admettre que ce n’était pas forcément une lecture pour moi. Cependant, certaines nouvelles m’ont marquées plus que d’autres.
Pour Brune, d’Emilie Chevalier Moreux, par moments j’ai presque eu l’impression de lire une histoire extraite d’un récit mythologique. Si la plume de l’autrice est très poétique, légère, celle-ci ne tombe pas dans le voyeurisme et toute l’horreur du viol et de ses conséquences sont présentes.
Manuel d’antropologie botanique, d’Audrey Salles, est très certainement ma nouvelle préférée. Dans l’estomac de l’héroïne pousse une plante, et, très vite elle devient idolâtrée par des amateurs d’absinthe. Si sa passivité ne la pousse pas à agir -on dirait qu’elle est aussi active dans l’histoire que nous, lecteurs-, l’on peut tout de même voir les problèmes que son manque d’initiative entraînent.
Enfin, Elisabeth, de Cécile Pommereau est plus légère, pleine d’humour. On y suit Laurent, en compagnie -plutôt déplaisante- d’une fée qui lui est apparue en même temps que son alcoolisme. Réelle ou fruit de sa folie ?

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Je conclurai simplement en disant que La Folie et l’Absinthe est un recueil qui tient ses promesses, et que les nouvelles, bien variées trouveront certainement des lecteurs qui pourront les apprécier à leur juste valeur.

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La Folie et l’Absinthe
Editions Noir d’Absinthe
Publication 2019
260 pages

Aimez-vous les recueils de nouvelles ? Seriez-vous tenté par celui ci ?

A très bientôt pour un nouvel article !
Brybry’

La masculine – Laurence Qui-elle

L’histoire de La Masculine, avec sa grande particularité, m’a tout de suite intriguée. Et comment résister à ce roman écrit exclusivement au féminin ? C’est avec beaucoup de curiosité que je me suis plongée dans cette lecture, d’un genre tout à fait nouveau pour moi.

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Merci à Laurence « Qui-Elle » de sa confiance pour ce Service Presse !

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Quelques informations sur l’autrice :
Laurence Qui-Elle est Docteure-es-Lettres et professeure à Genève. Son roman, La Masculine, qui aura nécessité deux années d’écriture, est un oulipo qui ne comporte aucun nom masculin. Cette contrainte d’écriture se retrouve jusque dans le nom choisie par l’autrice, nommée en réalité Laurence Kiehl.

La Masculine a remporté le prix Science-Fiction de la Journée du Manuscrit Franchophone en 2018.

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Résumé :
Elle était une fois la rédactrice La K et sa manipulatrice préférée Glike, une intellectuelle trentenaire et une manuelle quinqua des Femmes à la plume. Dans leur ville parisienne où la Notre-Dame a été recyclée en usine champignonnière alors que la Tour-F-Elle penche désespérément vers l’Avenue de la Grande-Désarmée, les femmes ont survécu à une maladie ravageuse et mortelle. Toutes vivent sans leur couillue ! Les grammairiennes intensifient leur déloyauté langagière autour de la Langfem et une révolution couve…

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Dès la première page, je me suis focalisée sur le style assez particulier et original du livre. On ne peut que saluer le travail de l’autrice pour écrire sans un seul mot masculin, devant parfois recourir à des tournures assez intéressantes, mais pas des plus simples. Néanmoins, cela n’entrave pas la lecture, même si on peut avoir un peu de mal, au début, à rentrer sur l’histoire. Je pense cependant que cela vient plus des habitudes ancrées des lecteurs, plus que du travail de Laurence Qui-Elle. En effet, rien que le « Elle était une fois » du résumé m’a embrouillé quelques petites secondes, et je pensais que la « manipulatrice » qui est évoquée manipulait des gens et non des outils… une petite déconstruction à faire avant de lire donc.
Cette féminisation de la langue n’est pas un travail qui reste uniquement sur la forme, mais elle est bien utilisée à l’intérieure même du récit et est au centre de l’histoire. En effet, seules les femmes ont survécu à une étrange maladie qui a décimé les hommes partout dans le monde. La société est donc passée à une féminisation extrême, ce qui a entraîné des changements jusque dans les noms de rues, bâtiments mais aussi toutes les exclamations. Mais ce n’est pas tout : il est strictement interdit d’employer le moindre terme masculin, et cela est allé jusqu’à rendre féminin les exclamations comme « hein », « ha » ou encore le pronom « ça ». On va donc se promener entre la Tour-F-Elle et l’Arche Triomphale, en acquiesçant à base de « oui-e ».

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Le nouvel état mis en place suite à l’épidémie qui n’a laissé que les femmes debout n’est pas pour autant prospère, bien au contraire. On nous raconte comment il s’est construit, qui a pris le pouvoir et on arrive dans une société des plus restrictives, surveillées, où la pauvreté et la ruine se côtoient, tandis que les femmes intellectuelles et celles qui sont plus manuelles sont rivales. La K, qui travaille en temps que rédactrice n’est pas toujours en accord avec ces règles et voit bien les clivages dans cette nouvelle structure sociétale qui ne tient pas réellement debout.
La vie semble dépérir, même si l’espèce humaine ne disparaît pas avec l’absence des hommes, elle n’est pas des plus fructueuse et un changement est nécessaire pour que les choses changent pour le mieux. Et la solution existe, bien cachée. Il ne dépendra que de K de mettre la main dessus.

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Les personnages sont tous différents et se dévoilent au fur et à mesure, au travers des yeux de K. Ils permettent tous de porter un message, un point de vue face à la société de nous-les-femmes. Glike, pleine de gentillesse est tout particulièrement attachante, tandis que la mère de la K se plaint beaucoup et sur de nombreuses choses, regrettant le décès de sa propre mère, la Gope, qui est loin d’être absente de l’histoire.

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La Masculine est un livre particulier, presque une expérience. Si la plume peut parfois surprendre, elle reste intelligente et réfléchie. Le fait de mêler l’histoire à la contrainte d’écriture est, à mon goût, un très bon choix, qui permettent au fond et à la forme de se compléter parfaitement.
L’histoire est plutôt plaisante à lire et la fin, ouverte peut plaire ou déplaire, mais elle laisse quoiqu’il en soit songeur. Il m’a fallut quelques temps pour avoir un avis sur ce livre… mais quelques jours plus tard, je ne sais toujours pas réellement ce que j’en ai pensé ! Cependant, il est bien loin d’être une déception, je dirais plus qu’il laisse songeur.

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La Masculine
Les éditions du net
Publication 2018
121 pages

Connaissez-vous la Masculine ? Avez-vous déjà lu un livre avec une contrainte d’écriture ?

A très bientôt pour un nouvel article,
Brybry

Celle qui dérange – Eva Kopp

Histoire familiale, rivalités au travail, la vie de Heloïse n’est pas de tout repos, et les événements qu’elle va vivre ne vont pas l’épargner. Celle qui dérange, est une histoire intrigante qui se lit très rapidement, en quelques heures à peine.

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Merci à Eva Kopp pour sa confiance renouvelée pour ce Service Presse !

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Quelques informations sur l’autrice :
Cet article est mon deuxième sur un ouvrage d’Eva Kopp, et je l’avais donc présentée dans l’article sur L’enfant du Tsunami. Celle qui dérange est son deuxième roman.

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Résumé :
Heloïse, trentenaire toulousaine et célibataire libérée, cumule joyeusement les Mojitos et les amants quinquas.
Alors qu’elle pratique son footing quotidien, elle découvre un corps flottant dans la Garonne. Le choc est d’autant plus important que le cadavre présente des similitudes physiques avec son père qui l’a abandonnée lorsqu’elle avait 6 ans.
Heloïse vacille peu à peu. Elle décide de chercher son père et découvre qu’il a refait sa vie à quelques kilomètres de chez elle…

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L’histoire de Celle qui dérange est plutôt intéressante, bien que l’intrigue initiale peut sembler être commune. Si elle est concentrée sur la question des origines de Heloïse, il y aura tout de même plusieurs variantes au récit, des rebondissements qui seront développées succinctement au fil du roman.

Heloïse, perturbée à raison par la découverte du cadavre dans la Garonne, ce qui brise la routine de sa vie quotidienne, va décider de partir à la recherche de son père, qui est parti sans rien dire des années auparavant, la laissant seule avec sa mère. Même si elle se heurte à un mur lorsqu’elle tentera de le recontacter, elle ne baissera pas les bras et cherchera par tous les moyens, même ceux les plus détournés, à lui parler. Cela finira par arriver mais ne signifiera absolument pas que les problèmes de la jeune fille seront terminés, bien au contraire…

L’histoire ne se déroule pas uniquement de manière linéaire. Si elle commence tel que le promet le résumé, il y aura à plusieurs reprises des retours dans le passé, bien nécessaires à l’histoire. Le passé et le présent se mêlent pour déboucher sur une nouvelle situation. On en découvrira notamment plus sur Heloïse, sur son enfance et notamment le moment où tout a basculé suite au départ de son père.
La répétition de certains passages, dont celui qui commence le livre, permet d’instaurer un certain rythme et de voir aussi l’évolution d’Heloïse au fil des pages, ce qui change dans sa routine, ce qui se remet en place naturellement.
Le récit est néanmoins très courts, moins de deux cents pages et j’avoue que je suis partagée sur un point. Si l’histoire en elle-même me semble complète, je n’aurais pas été contre un approfondissement de certains aspects, de certains personnages, pour qu’on puisse les comprendre plus et, peut-être, s’attacher un peu plus à eux. Malgré tout, je n’ai pas l’impression que le fond manquait de quoique ce soit.

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Les personnages de Celle qui dérange sont nombreux et variés. Certains frôlent la caricature (voire mettent un pied dedans), mais j’ai eu l’impression que c’était le parti pris par l’autrice et qu’elle s’en amusait, se permettait de jouer un peu plus avec ces personnages.
Heloïse, étant le personnage principal, l’intrigue se construit bien entendu autour d’elle. Elle profite de la vie, a un rythme de vie qui semble parfois sain, avec ses joggings réguliers, et parfois un peu extrême avec ses mauvaises manies au travail, ses soirées également fréquentes et ses rendez-vous trouvés sur internet, juste pour s’amuser et prendre du plaisir. Elle ne renoncera à rien pour retrouver son père, crée un dialogue, quitte à s’immiscer dans la nouvelle vie qu’il s’est crée. Avec tous ces points, on peut déjà comprendre en quoi elle est celle qui dérange. Son comportement peut parfois être considéré comme étant irréfléchi et j’ai parfois eu un peu peur dans ses démarches, me demandant si tout allait bien se passer pour elle et… ce ne fut pas toujours le cas.
Heloïse n’est pas seule, elle n’est pas un personnage isolé. En plus de ses conquêtes d’un soir, elle peut compter sur une amie proche, mais aussi sur un collègue, auquel elle est loin d’être indifférente. Pour ce qui est de sa « famille » par contre, les choses sont bien évidemment moins facile et il est difficile de savoir qui est sincère et qui ne l’est pas…

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Dans ce roman également, j’ai eu l’impression qu’Eva Kopp traitait les sujets abordés avec justesse, et je pense qu’elle a fait plusieurs recherches en amont, notamment pour ce qui concerne le travail de Heloïse, en maison de retraite. Les difficultés rencontrées par ces établissements sont de nos jours bien connus et on les retrouve bien par moment dans Celle qui dérange.
De même, la confrontation avec son père, sa famille, ne peut forcément pas se dérouler sans accro et l’on suit les avancées, tout comme les retours en arrière dans ce processus.

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La plume d’Eva Kopp est reconnaissable, similaire à son premier roman, L’enfant du Tsunami. C’est un style plutôt oral, qui pourrait déplaire aux personnes qui sont à cheval sur les normes traditionnelles de littérature, notamment pour les dialogues. Malgré cela, d’un point de vu global, l’histoire se lit bien. Je voulais lire par curiosité les premières pages, au final j’ai été très vite emportée dans l’histoire, et trois petites heures plus tard, j’avais fini ma lecture.
Certains passages retrouvent un peu de la poésie que j’avais apprécié dans le premier roman d’Eva Kopp, mais je pense devoir être obligée de dire que d’autres sont plutôt crus. L’autrice m’avait prévenue, et comme elle me l’avait dit, les grossièretés et autres réjouissements se font moins nombreux par la suite.

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Celle qui dérange a été pour moi une lecture assez agréable, bien que je ne sois pas sûre de relire ce livre un jour. Il se lit bien, facilement et on se laisse happer bien plus vite qu’on ne le pensera. La chute finale, les dernières lignes m’ont surpris et à mon avis, peuvent justifier que l’on lise cette histoire jusqu’à la fin.

Celle qui dérange
Autoédition
Publication 2019
189 pages

Connaissez-vous ce livre ? Vous donne-t-il envie ?

A bientôt pour une nouvelle chronique !
Brybry’

Ahogur – Sonia J. Fadda

Roman de fantasy médiévale issu d’une saga, ce premier tome d’Ahogur pose les bases d’un nouvel univers plutôt prometteur. Il m’aura fallu du temps pour plonger dans ma lecture et parvenir à en apprécier certains aspects, bien que les personnages en soient un point fort.

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Merci à Sonia J. Fadda pour sa confiance pour ce Service Presse !

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Quelques informations sur l’autrice :
Sonia Jarrige-Fadda est une autrice française née en 1973 et vivant actuellement à Montpellier avec sa famille. Même si elle a toujours aimé écrire, il lui aura fallu retrouver ses marques et ses habitudes avant de donner naissance à Ahogur.

La saga Ahogur compte six tomes (disponibles sur Amazon) et Sonia J. Fadda a également publié un recueil de poésie, Sous ma peau, peut-être ainsi qu’un recueil de nouvelles, Poudre Noire.

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Résumé : Ahogur est le premier volet d’une histoire se déroulant à une époque similaire à nos temps médiévaux. Dans un monde sans nom, au cœur des contrées humaines, Ulysse élève seul une poignée d’enfants trouvés. Le bûcheron leur enseigne tout ce qu’il sait et à eux six, ils forment une curieuse famille. Leur vie aurait pu suivre paisiblement son cours si d’inhabituels événements ne s’étaient produits à deux pas de chez eux. Des événements qui ramenaient Ulysse vingt ans plus tôt, vers un passé tumultueux.
Pressentant une menace dont elle ne sait rien, Solène sa fille, sera celle par qui la vérité fera son chemin. Ce faisant, elle apprendra que la violence et la mort se joignent parfois à l’amour et l’amitié par des détours inespérés. Et sous l’égide de l’alchimiste, elle découvrira l’existence de tout un monde caché au regard des humains. Où les créatures féeriques et les potions miraculeuses deviennent la normalité. Pour Solène, le voyage ne fait que commencer.

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Pour commencer, je dois prévenir que cette chronique sera peut-être plus nuancée que celles écrites jusqu’à présent. Je n’ai, contrairement à d’autres chroniques, pas été totalement conquise par ce livre, mais je reconnais les qualités tout comme ce que je qualifie personnellement de points faibles.

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Ahogur prend place dans un petit village, qui a une routine somme toute tranquille. Si le récit se concentre sur une famille bien particulière, puisque chacun des enfants a été recueilli par Ulysse, le bûcheron. Les liens qui les unissent sont forts, même si leurs caractères sont tous bien différents et qu’ils ne sont pas forcément toujours en accord.
J’ai trouvé les différents membres de cette maisonnée attachants. On apprend tous à les connaître assez rapidement et à les apprécier. Aucun d’entre eux n’a tous les défauts du monde ou est un bouc-émissaire, il y a donc un équilibre plaisant à lire. Leurs personnalités sont compatibles et même si des disputes arrivent, l’ambiance générale est bonne, chaleureuse et agréable à découvrir pour le lecteur.
On apprendra à tous les connaître au fur et à mesure, mais c’est surtout au travers de Solène, une des enfants recueillie par Ulysse que l’histoire se révèle. La narration étant à la première personne, on découvre les événements en même temps qu’elle, et tout au début du livre, elle s’adresse même au lecteur rapidement.
Comme pour les autres personnages, je l’ai trouvée assez bien construite, avec un tempérament qui lui est propre et qui ne ressemble pas à ceux des autres membres de sa famille. Elle est forte, ne se laisse pas faire, mais reconnait parfois qu’elle n’est pas aussi cultivée que ce que l’on pourrait espérer.

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Au fil des pages, les personnages vont vivre plusieurs aventures, ensemble ou non, qui les feront réagir de manière différente et leur permettra de forger leurs expériences. Même si certaines sont des plus funestes, puisque l’histoire se base notamment sur le mystère entourant des décès. Forcément, cela donne une idée du ton du roman dès ses débuts.
Bien heureusement, certaines seront plus légères et il y aura des histoires d’amour pour plusieurs des personnages. Si cela peut être mignon, j’ai tout de même eu un petit bémol à ce sujet. Pour une des relations développées, les deux protagonistes auront des relations sexuelles. En soit, je n’ai rien contre les scènes de sexe dans un roman, lorsqu’elles apportent quelque chose à l’histoire, ce qui est le cas ici, au début. Cependant, après la première scène du genre, elles ont commencé à se multiplier, sur un intervalle très court et apprendre que les personnages avaient une vie sexuelle très (très) active (vraiment, ils enchaînent sur plusieurs pages) ne m’a plus, alors, semblé si judicieux surtout au vu du nombre de scènes ou de sous-entendus qui se succèdent dans une petite trentaine de pages.

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Sur un point plus positif, il y a un élément que j’ai particulièrement aimé au début de ma lecture. J’ai souvent l’impression que pour rendre un personnage féminin fort, les auteurs vont lui donner les mêmes capacités physiques qu’aux hommes, alors qu’en réalité elles rencontreraient plus de difficultés. Pour Solène, comme pour ses frères et sœurs, chacun ont leurs compétences. Solène va exceller au lancer de couteau, tandis qu’Edwyna est remarquable au tir à l’arc et que leur frère Colin a un excellent niveau en jet de hache. Tous ont leurs propres compétences qui les rendent indispensables au combat sans que cela ne paraisse exagéré.

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Le récit en lui-même est plutôt convaincant. Certains passages sont un peu long, mais je trouve néanmoins qu’ils ont tous leur place et qu’ils permettent de faire avancer l’histoire.
Ahogur étant le premier tome de cette saga, il est normal qu’il serve d’introduction et pose les bases de l’histoire dans sa globalité. On comprend très rapidement que la quiétude qui est présente dans la première partie du récit ne le sera pas toujours, notamment à partir d’un moment charnière du récit qui entraîne un basculement irréversible. On sent que non, la paix n’est qu’illusoire et ce ne sont pas les rumeurs qui convaincront les lecteurs de l’inverse.
L’univers est intéressant, même s’il n’est qu’esquissé dans ce premier tome, on sent qu’il est approfondit sur certains points -par exemple pour les cérémonies du dernier vœu- et on comprend la situation géopolitique et ce que cela sous-entend par la suite.
Cependant, j’ai trouvé, surtout en lisant le résumé, que certains éléments étaient peut-être trop effleurés. En effet, pour ce qui est des « créatures féériques », je suis un peu restée sur ma faim, m’attendant à en voir plus. Elles étaient plus évoquées au travers d’un bestiaire que présentes physiquement dans l’histoire même si elles finiront par faire leur apparition au bout de plus de trois cent pages, mais ne seront pas beaucoup plus évoquées par la suite. Je pense cependant qu’elles auront un rôle plus important dans les livres suivants, mais j’aurais tout de même aimé les découvrir un peu plus dans ce premier tome.

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Pour ce qui est de la plume de l’autrice, malheureusement, il y a plusieurs éléments qui ne m’ont pas vraiment convaincue et qu’on m’ont un peu empêché de me plonger totalement dans l’histoire dès le début.
J’ai notamment eu un problème avec les dialogues, très nombreux et très longs. Il n’est pas rare d’en voir certains constitués d’une bonne dizaine de répliques (voire plus d’une vingtaine), sans qu’il n’y ait d’incises. Ceci, ainsi que la mise en page maladroite des dialogues, s’améliore quelque peu au bout du tiers du roman mais j’ai trouvé dommage que cela n’ait pas été uniformisé puisque ça m’a posé des problèmes de compréhension.
Un autre point un peu fragile est que la narration se fait en « je » au travers du vécu de Solène, mais qu’il arrive parfois qu’elle raconte des événements auxquels elle n’a pas assisté, sans que personne ne lui ai raconté. Ce déséquilibre se retrouve également dans une autre façon, dans le niveau de langage à l’oral comme dans la narration, avec des termes qui me semblaient assez peu inappropriés dans un monde dit médiéval.
Néanmoins, il y a tout de même du positif dans l’écriture, sinon je ne serai pas parvenue jusqu’à la fin de ma lecture. L’attachement aux personnages le prouve dans un premier temps et les scènes de combats, ou d’apprentissage des langues étrangères étaient bien rédigées.

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Pour finir, je dirai que je suis vraiment mitigée par ma lecture d’Ahogur. Il y avait de très bonnes idées mais la forme ne m’a pas réellement séduite. Je suis donc à moitié enthousiasmée pour lire la suite (puisque je pense que beaucoup des éléments effleurés y seront développés et que l’autrice a l’air d’avoir une très belle imagination) et dubitative selon le tournant que l’histoire peut prendre (notamment le fait que Solène va partir et que là où elle se rendra, sa couleur d’yeux et de cheveux la différenciera grandement des autres et que certains nobles cherchent à avoir ces caractéristiques).

Petite information intéressante :
– Il existe une page facebook pour la communauté des fan d’Ahogur.

Ahogur
Autoédité
Publication 2017
463 pages

Connaissez-vous Ahogur ? L’avez-vous lu, ou toute la sage ? Comptez-vous le faire ?

A très bientôt pour un nouvel article !
Brybry’

Vert-de-Lierre – Louise le Bars

Cela faisait bien longtemps que je n’avais pas lu de roman gothique alors que j’adorais ce genre d’ambiance. Vert-de-Lierre m’a permis de m’y replonger tout en développant un récit où le fantastique est lui aussi présent, offrant ainsi une atmosphère sibylline mais avec une douceur végétale toute relative…

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Merci aux éditions Noir d’Absinthe pour leur confiance pour ce Service Presse !

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Quelques mots sur l’autrice :
Louise Le Bars est une jeune autrice qui a toujours aimé les histoires, contes et légendes. Enfant, elle s’inventait déjà des aventures avant de s’endormir et a commencé à écrire dès le très jeune âge de six ans. Elle a fait des études en Lettres Modernes, ce qui semble tout naturel vu son penchant créatif.

Louise Le Bars a publié deux livres pour enfants -peut-être pour faire rêver ceux-ci comme elle le faisait elle-même plus jeune- La petite fille qui chatouillait les étoiles et Le prince sans sourire. Son premier roman, Vert-de-Lierre, a d’abord été auto-édité avant d’être publié aux éditions Noir d’Absinthe.

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Résumé : Olivier Moreau, écrivain délaissé par la Muse, retourne dans le village de sa Grand-Mère, récemment décédée, pour mettre de l’ordre dans ses affaires comme dans son esprit. Il y renoue avec les souvenirs de son enfance, et redécouvre un étrange personnage de conte populaire local surnommé le Vert-de-Lierre, cet antique vampire végétal qui le fascinait enfant. Cet intérêt va déclencher des visions et cauchemars chez l’écrivain en mal d’imaginaire ainsi que la rencontre de deux femmes tout aussi intrigantes l’une que l’autre.
À quel prix Olivier retrouvera-t-il sa muse ?

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L’idée de base du roman, celle de l’auteur ayant besoin de recul pour retrouver l’inspiration est assez ordinaire, mais, bien heureusement, son traitement et le développement du récit sont bien loin de rester sur les sentiers battus.

L’histoire se dévoile petit à petit, directement au travers des yeux d’Olivier, puisqu’il en est le narrateur direct. Celui-ci retourne dans la maison de sa grand-mère après son décès dans l’espoir de retrouver l’inspiration. Il a beau être un écrivain reconnu, impossible pour lui d’écrire un roman. Il va donc se pencher sur une légende locale, celle concernant le Vert-de-Lierre. Mythe raconté pour que les enfants soient sages, ou histoire réelle ? Olivier devra faire bien des recherches pour connaître la vérité sur ce sujet mystérieux. Mais sa rencontre avec l’étrange Dahlia Midwinter changera la donne. « L’Anglaise » comme elle est nommée par les habitants, vit recluse, et d’étranges rumeurs circulent sur elle. L’apparition ensuite de sa nièce Rose bouleversera aussi Olivier. Tous deux discuteront, et lorsque la jeune femme apprend qu’elle est face à un auteur, elle lui confiera son propre manuscrit.

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Les deux histoires se superposent et c’est avec plaisir que je les ai toutes les deux appréhendées, mais je dois avouer avoir été notamment conquise et convaincue par le roman écrit de la main de Rose.
En plus de la beauté de la plume, l’histoire est intrigante. L’action arrive rapidement, avec un fond et une aura de mystère qui perdureront jusqu’au bout. Certains passages de cet ouvrage sont assez durs, Mary, l’héroïne -si on peut l’appeler ainsi- n’étant pas épargnée par la vie, notamment avec la répétition de certains événements bien tragiques. Je me suis rapidement attachée à ce personnage, qui se bat pour survivre mais qui n’est pas sans abdiquer parfois lorsque les situations la dépassent.
La vie d’Olivier n’est pas non plus dénuée d’intérêt, loin de là. On apprend à le connaître progressivement, on le voit évoluer dans un village où ses recherches et questionnements ne sont pas toujours les bienvenus. Plus calme, cela offre un certain repos au lecteur, surtout lorsque les extraits du roman de Rose sont éprouvants. Le dénouement de cette histoire est assez remarquable, même s’il est facile pour le lecteur d’en deviner certains points. Néanmoins, ce n’est pas avant la scène finale que tous les éléments du récit se complètent et font sens.

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On touche très rapidement au fantastique dans cette histoire, puisque dès le début, nous apprenons qu’Olivier, comme une grande partie des membres de sa famille avant lui, possède un don de clairvoyance. Ce premier pas dans le fantastique est d’autant plus renforcé par la légende du Vert-de-Lierre. Entre les personnes qui affirment -expérience à l’appui- que ce n’est pas un mythe mais une réalité, les quelques traces écrites sur cette figure mystérieuse et une rencontre effrayante d’Olivier dans le château de Mont-Drienne, on finit par penser nous aussi que ces histoires prennent racine dans des faits véridiques. Mais on ne peut que se demander jusqu’à la toute fin ce qu’il en est réellement, et surtout qui est ce Vert-de-Lierre en réalité ?

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Pour ce qui est de Mary, l’héroïne du roman de Rose, j’ai trouvé le personnage très bien traité. Si elle a ses qualités, elle a aussi ses défauts et elle évolue de façon cohérente tout au long de l’histoire. On s’attache pour elle tout comme on craint pour elle, surtout quand les éléments se font de plus en plus clairs.
Olivier également est un personnage consistant. S’il ne fait pas toujours preuve de prudence ou de rationalité, on comprend d’où cela vient. On compatit avec lui, ses problèmes et l’on vit ses doutes en même temps que lui. Ce n’est pas un personnage brouillon, désagréable, ce qui permet de s’immerger dans l’histoire et de le suivre sans rechigner.
Mon ressenti sur Dahlia et sur Rose était forcément un peu biaisé puisqu’elles sont toutes les deux vues au travers d’Olivier, et donc avec sa perception bien à lui. J’ai tout de même réussi à m’en défaire un peu, essayer d’adopter un point de vue un peu plus neutre pour m’en faire une idée moi-même.

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Si, sur la grande partie de l’histoire, je n’ai rien à redire en ce qui concerne la cohérence, j’avoue que certains points m’ont un peu perturbée sur la fin.
En effet, j’ai été surprise de la réaction d’Olivier qui n’avait pas l’air de comprendre certains points, alors que le lecteur les avait découverts en même temps que lui et qui me semblaient être plus que flagrants.

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L’ambiance générale du roman m’a beaucoup plu et elle m’a rappelé certains romans classiques de la littérature gothique anglaise. Si l’atmosphère est parfois lourde au vu des événements relatés, elle peut aussi se faire plus agréable à lire, plus poétique. Je pense tout particulièrement aux situations où tout ce qui touche au végétal est mis en avant ou encore les descriptions, celles de Rose par exemple.
L’écriture de Louise Le Bars est élégante, raffinée et recherchée. Très intelligente, elle y mêle des références et est très juste sur certains thèmes spécifiques. Les descriptions enrichissent le texte et nous permettent de nous projeter facilement dans le récit.

Vert-De-Lierre
Editions Noir d’Absinthe
Parution 2019
176 pages

Avez-vous lu ce livre ? Pouvez-vous deviner qui est le Vert-De-Lierre ?

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Brybry’ !

L’enfant du Tsunami – Eva Kopp

Cela ne fait pas encore dix ans qu’un tsunami a ravagé les côtes japonaises, faisant des milliers de morts, un grand nombre de disparus et engendrant une catastrophe nucléaire de grande ampleur. L’ouvrage d’Eva Kopp, L’Enfant du Tsunami, met en scène plusieurs personnes touchées par cette vague.

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Merci à Eva Kopp pour sa confiance pour ce Service Presse !

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Quelques informations sur l’autrice
Eva Kopp est née en 1981 en Alsace. Si elle a eu plusieurs métiers qui touchaient à la littérature, puisqu’elle a été scénariste, rédactrice pour la presse régionale ainsi qu’autrice-illustratrice, elle a également travaillé en tant qu’infographiste, et animatrice radio. Elle est consciente qu’il est important et même urgent de prendre soin de la planète.
Le 10 mars 2011 elle rêve d’une vague immense et elle se réveillera sur les images terrifiante du ras-de-marée touchant les côtes du Japon.
L’Enfant du Tsunami est son premier roman. Elle a également publié un recueil de nouvelles intitulé Cueillir les fleurs du silence : Nouvelles du Japon.

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Résumé : 11 mars 2011, Japon sur l’île d’Honshū, préfecture de Miyagi.
D’une main distraite, Junko caresse le chat gris aux longues moustaches qui ronronne paisiblement sur ses genoux. Soudain elle sent son petit cœur s’affoler comme s’il cherchait à s’échapper de son enveloppe de félin. Ses griffes jaillissent des coussinets. Il bondit et se met à tourner à toute vitesse sur les murs qui s’effritent à chacun de ses passages. 
Junko a compris. Tout est clair à présent, un rouage invisible s’enclenche dans sa poitrine. Elle en a rêvé il y a deux jours : une immense vague. Gigantesque, dans un grondement démentiel. Avec des hurlements et des craquements comme si les charnières de la Terre elle-même semblaient céder… céder comme quoi d’ailleurs ?

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Afin d’écrire son roman, Eva Kopp a fait des recherches durant cinq années. Ce travail de documentation est visible à la lecture, avec des informations distillées ici et là, tant au niveau du tsunami en lui-même que sur d’autres éléments, les retombées nucléaires, la réaction du gouvernement japonais, les équipes scientifiques qui ont travaillé dessus… L’Enfant du Tsunami, en plus de raconter une histoire, instruit le lecteur, sans le perdre.

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La forme de L’Enfant du Tsunami peut surprendre au début, puisqu’il s’agit d’un roman choral, et que des points de vue différents se succèdent à chaque nouveau chapitre. S’il peut falloir au lecteur quelques temps pour s’adapter et bien identifier chacun des personnages présents, on finit par être capable de remettre un nom sur un récit assez rapidement.

Deux axes principaux sont abordés : un au Japon autour du personnage de Junko, et un en France, autour de celui de Néthanel. On découvre au passage leurs familles, mais on ne s’éparpille pas trop, et ce choix dans l’écriture permet de nous faire vivre les événements de plusieurs façons différentes en illustrant comment elles ont été touchées par le tsunami mais aussi de voir tout cela d’une manière plus approfondie.
Bien entendu, tous ces chemins différents s’effleurent, se frôlent, se croisent, sur quelques pages, ou jusqu’à la fin du roman. Je dois dire que c’est particulièrement plaisant lorsque l’on constate qu’enfin, les histoires de chacun finissent par se recouper et que tout prend sens.

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Tout ne s’arrête pas après la catastrophe, bien au contraire : celle-ci est le point de départ. Comment se reconstruire quand notre vie à presque été totalement détruite ? Comment continuer à vivre quand le désastre est si ancré en nous ?

Les personnages sont attachants, on a envie de connaître leur histoire, comment ils réagissent suite au tsunami, les nouvelles épreuves qu’ils doivent affronter, ce qu’ils deviennent.
Junko, par exemple, vit dans le département de Miyagi, touché de plein fouet par le tsunami, avec son grand-père, agriculteur. En plus de suivre les chemins de ces deux personnages, on découvrira, au fur et à mesure Hakao, le fiancé de Junko, vivant dans une autre ville de l’archipel. Tous prendront des voies différentes, mais toujours avec l’ombre du ras-de-marée qui aura influencé leurs choix.
A l’autre bout du monde, on découvre Achille et Maïwen, dont la vie bascule après qu’ils recueillent Néthanel, l’enfant du tsunami, âgé de dix mois, dont les parents ont péri submergés par la vague.
Un des personnage, qui n’est rattaché à aucun de ceux cités précédemment, est bien réel, puisqu’il s’agit de Hanyû Yuzuru. En plein entraînement au moment où le séisme a eu lieu, il a dû s’enfuir de la patinoire. Trois ans plus tard, il remportait sa première médaille d’or aux Jeux Olympiques de Sotchi.

Les caractères et personnalités de chacun sont bien différents et permettent d’avoir plusieurs points de vue et de développer divers aspects de la catastrophe. En effet, l’autrice ne se restreint pas à un seul parcours possible, mais en développe de nombreux, entre les individus qui décident de se sacrifier pour essayer de préserver les générations futures, les innovateurs qui cherchent des alternatives à l’énergie nucléaire ou encore toutes les populations déplacées qui subissent une discrimination suite à la catastrophe.

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L’Enfant du Tsunami se lit extrêmement facilement. Les passages s’enchaînent bien et on a du mal à décrocher, notamment parce qu’ils sont courts et qu’on a toujours envie de connaître la suite, surtout parce qu’on ne suit pas la vie des individus en continue. Il y a toujours une certaine logique dans le déroulement, et l’on suit un fil conducteur que l’on a juste envie de dérouler jusqu’au bout. A chaque nouveau passage, on retrouve au début la date et le lieu où se déroule l’histoire, ce qui permet de se situer dès la première ligne.
J’aurais cependant un petit bémol à émettre au sujet des dialogues. J’ai trouvé que certains étaient un peu superflus mais aussi trop longs.

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Eva Kopp joue avec le lecteur. Elle l’interpelle, rend la lecture presque interactive, nous interrogeant directement tandis qu’elle nous expose des situations, réelles ou non.
La plume de l’autrice varie. Tantôt pédagogue, tantôt interrogatrice tantôt poétique. Certains passages, notamment ceux mettant en scènes des rêves sont très lyriques, très imagés et délicieux à lire.

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Ma lecture de L’Enfant du Tsunami m’a laissé une impression particulière. La catastrophe reste récente, et je me souviens avoir regardé en boucle les chaînes d’informations pour me tenir au courant des événements. Le nombre de morts, de disparu, l’accident nucléaire qui ont suivi ne peuvent que toucher les gens et lire sur ce sujet, d’autant plus qu’il est bien traité remue forcément un peu.

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J’ai trouvé que l’autrice se penchait sur le sujet avec justesse. On ressent toute la documentation qui a été faite en arrière et qui rend toute l’histoire bien crédible. Je suis particulièrement contente de ne pas être tombée sur un livre qui aurait été caricatural du Japon et de la réaction des japonais suite à la catastrophe de Fukushima.
Ce roman est parfois dur à lire, vu les événements qu’il relate, mais je le trouve nécessaire pour prendre conscience d’une partie des faits qui en ont découlés.

L’enfant du Tsunami
Editions Pierre Philippe
Parution 2018
75 pages

Avez-vous lu l’Enfant du Tsunami ? Un autre livre parlant d’une catastrophe telle que celle de Fukushima ?

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Brybry’

Le Bois Sans Songe – Laetitia Arnould

Les contes de fées ont une certaine saveur pour de nombreuses personnes : c’est avec eux que beaucoup découvrent la lecture. Autant dire que j’étais plus que ravie de lire Le Bois Sans Songe, publié par Magic Mirror, maison d’édition spécialisée dans la réécriture de contes.

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Merci à la Maison d’Edition Magic Mirror de m’avoir donné l’opportunité de faire ce service presse !

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Quelques mots sur l’autrice :
Née au milieu des années 80 en France, Laetitia Arnould ne s’intéresse pas qu’à l’écriture, puisqu’elle touche également au dessin. Organisée et motivée par ses histoires, elle peut enchaîner les heures de travail sans relâche, jusqu’à ce qu’elle écrive le point final. Ses univers touchent tout le monde et ses ouvrages sont autant adressés aux adultes qu’aux plus jeunes.

Le Bois Sans Songe n’est pas la seule réécriture de Laeticia Arnould, sa première publication chez Magic Mirror étant le roman Ronces Blanches et Roses Rouges. Parmi ses autres livres, on retrouve Aeternam Opera ou encore La petite fille à l’ombrelle, dont les titres laissent déjà filtrer une certaine poésie.

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Quatrième de couverture :
Il est des larmes qui ne sèchent pas. Il est des blessures qui restent ouvertes.
Il est des êtres qui les surmontent quand d’autres finissent par sombrer.
Il est ceux qui les gardent en eux. À jamais.

Comment survivre quand on est la seule personne éveillée parmi des êtres en proie à des cauchemars éternels ?
Princesse héritière de Modighjem, Liv se retrouve isolée, prisonnière de son pays désormais morne, séparée du reste du monde par un bois infranchissable, né le soir de la malédiction. Jusqu’au jour où son destin erratique croise celui de ce personnage entouré de ténèbres, avec son parapluie pagode et ses airs de prince maudit…
Pourquoi continuer à vivre quand les personnes qui nous étaient chères ont été massacrées, quand une principauté entière a sombré face à la rage des hommes et que l’on est seul, le dernier représentant de son peuple ?
Lennart Leifsen a choisi la vengeance comme raison d’exister. Retranché dans son lugubre manoir, penché sur son rouet, il tisse chaque soir, à partir de ses larmes, le sort qui maintient les Modigs sous le joug de ses tourments. Jusqu’à ce que survienne cette jeune fille dépenaillée, aussi agaçante qu’inconsciente, et que les larmes providentielles se refusent à lui… 

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Tout d’abord, je dois avouer que je n’avais encore jamais lu de réécriture de contes et j’étais curieuse de savoir dans quoi j’allais me lancer. A quel point j’allais retrouver l’intrigue principale ? Et les personnages ? Des petites références discrètes ou évidentes ? Bref, j’avais plein d’interrogations avant même de commencer ma lecture.

Pour Le Bois Sans Songe, Laeticia Arnould mêle deux contes : La Belle au Bois Dormant et Le Petit Elfe Ferme-l’oeil. Je connaissais le premier mais ignorais tout du second aussi je n’ai pas pu relever les références à celui-ci lors de ma lecture.
On retrouve les grandes lignes de La Belle au Bois Dormant : une princesse est victime d’une malédiction, des fées veillent sur elle, le rouet si dangereux du conte original est là… Ces éléments sont présents d’une manière évidente et on sait immédiatement à quoi ils font référence. Cependant, tout ne se déroule pas à l’identique de l’oeuvre de base, loin de là. La malédiction, par exemple, a une nouvelle perspective qui offre un aspect intéressant au récit et le fuseau n’en est pas à l’origine ! Mais celui-ci entraîne un passage assez piquant dans le texte. Il y a également d’autres références, plus ou moins évidentes au long du récit, et je ne doute pas une seule seconde qu’il en soit de même pour Le Petit Elfe Ferme-l’oeil.

Même si l’autrice a réutilisé ces éléments, on les redécouvre au fur et à mesure sans que le déroulement de l’histoire soit rendu évident dès les premières pages du livre. Tout a été remanié dans le style de Laetitia Arnould, ce qui offre une solidité et une richesse à son ouvrage.

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A la lecture, on ressent bien que l’univers a été construit en amont. Logique et cohérent, il est en plus maîtrisé et l’autrice sait très bien où elle veut aller puisqu’elle nous y mène avec brio.
Au niveau des descriptions, j’ai trouvé la plume de Laeticia Arnould assez incroyable. Il est impossible de ne pas se projeter dans l’espace tant il y a de précisions, qui n’étouffent pas pour autant le texte puisque aucune description n’est lourde ou superflue. Le vocabulaire est lui aussi riche et précis ce qui permet au récit d’avoir une élégance toute particulière. On peut tout visualiser sans aucun problème, que ce soit pour les lieux ou pour les vêtements et c’est vraiment un des aspects que j’ai le plus apprécié dans ce livre.
La magie, également, est un des points forts du Bois Sans Songe. Il est intéressant de voir sur quoi elle se tisse, comment elle prend forme et ce qu’elle peut amener, ainsi que la façon dont elle réagit aux sentiments par exemple.

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L’autrice alterne les points de vue, nous permettant ainsi de vivre l’histoire au travers de Liv et de Lennart. Si les chapitres nous font suivre leur évolution au travers des pages, les quelques réminiscences elles, nous offrent des informations essentielles sur le passé de l’un des deux et sont plus que bienvenues.
Au sujet des personnages, je dois avouer que je n’ai pas été totalement convaincue, notamment à cause de certaines réactions, ce qui m’a empêché de m’attacher à eux. J’ai été un peu décontenancée parfois par leur comportement, qui servait à l’histoire, mais me semblait un peu forcé pour faire avancer le récit dans une direction précise.
Cependant, j’ai tout de même eu une petite préférence pour Lennart. J’ai apprécié découvrir son passé et tous les éléments qui l’ont conduit à être celui qu’il était au moment du récit. La construction de ce personnage est intéressante, et on sent très vite qu’il faut voir au delà des apparences pour savoir qui est le véritable ennemi dans l’histoire, même si l’autrice distille des éléments qui nous font douter ici et là.

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Initialement, je m’attendais à ce que le récit se déroule au Moyen-Age, ou à la Renaissance, puisque c’est dans ces époques que j’imagine les contes de fées. Cependant, Le Bois Sans Songe semble se dérouler à une ère plus moderne, car même s’il existe toujours des bals et soirées mondaines, il y a des mentions à une technologie plus moderne, avec notamment l’éclairage au gaz. Et pourtant, cette sensation que le récit se déroule presque entre deux époques ajoute à la poésie du texte, lui donne un côté un peu plus mystérieux et relève en plus son côté féerique.

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J’ai été surprise par quelques fautes et coquilles qui sont passées au travers des mailles de la correction, mais qui, heureusement n’étaient pas si nombreuses.
Malgré tout, ma lecture du Bois Sans Songe a été plutôt agréable, même s’il y a eu quelques longueurs. J’ai aimé redécouvrir le conte de La Belle au Bois Dormant sous un autre angle, et j’ai désormais très envie de lire Le Petit Elfe Ferme-l’oeil. Laetitia Arnould a très bien réussi à mêler les deux contes à sa touche personnelle, et non l’inverse. C’est une lecture qui m’a à la fois donné envie de redécouvrir des vieux contes, d’en lire des nouveaux et de me plonger dans d’autres récits de cette autrice.

Le Bois Sans Songe
Editions Magic Mirror
Parution 2018
456 pages

Avez-vous lu ce livre ? Connaissez-vous d’autres réécritures de contes ?

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Brybry’