La grande crevasse – Roger Frison-Roche

En bonne savoyarde, quand j’ai vu ce livre traîner sur les étagères de ma mère, je ne me suis pas retenue, et j’ai commencé à le lire très rapidement. Alors si vous êtes frileux, prenez une couverture et un chocolat chaud et découvrons cette lecture ensemble.

Disponible ici ou .

*

Quelques mots sur l’auteur :
Ecrivain, mais aussi alpiniste et explorateur, Roger Frison-Roche est né en 1906 à Paris. L’amour de la montagne naît lorsqu’il s’y rend lors de la première guerre mondiale et il s’installera à Chamonix en 1923. Il gravit le Mont Blanc tout comme il part explorer le Sahara. Amérique du Nord, Laponie, il pose ses pieds partout où il le peut.
Ses aventures sont nombreuses et impressionnantes et, fait tout aussi remarquable, Roger Frison-Roche a publié une multitude de romans, parmi lesquels Premier de Cordée, la Montagne aux écritures, Nahanni…, tous reflétant et portant en eux ses épopées.

*

*

Résumé : [attention, ce résumé spoil beaucoup l’intrigue !]
A Chamonix, la très jolie, très parisienne Brigitte Collonges n’était venue chercher que le soleil, la flânerie et le plaisir des fêtes mondaines. Or, voici que Zian, un jeune guide dont la montagne est toute la vie, lui révèle les joies du défi et de l’exploit, la splendeur des paysages inviolés… Un exaltant partage qui devient grand amour. Cependant, tandis que Zian -devenu son mari se consacre tout entier à ses courses, Brigitte découvre la solitude, les angoisses de l’attente. Elle étouffe dans l’humble demeure, au milieu des villageois hostiles. Et cette montagne si belle qu’elle a tant aimée lui apparaît telle une ennemie, telle une rivale…

*

Avant de commencer mon article, je tiens à préciser que La grande crevasse fait partie d’une saga et qu’il ne s’agit pas du premier tome. Cependant, c’est le seul que j’ai lu à ce jour (ce qui n’est peut-être pas très intelligent) et l’histoire ne m’a pas semblé incompréhensible pour autant.

*

La grande crevasse nous promène de lieux en lieux, de vallées en sommet. Si je me suis parfois perdue entre tous les noms de montagnes, de refuges, de villes évoqués, je n’ai pas eu de mal à m’imaginer les différents endroits.

Vivant à la montagne, je dois dire que cette lecture m’a touchée plus personnellement, même si je ne m’y connais absolument pas en alpinisme et que ceci m’a un peu porté préjudice avec l’utilisation de termes propres à cette discipline. Quoiqu’il en soit, c’était très plaisant de lire sur ces endroits qui me parlent et encore plus de découvrir la montagne à une époque où elle était plus tranquille, en 1932, et moins modifiée pour accéder aux souhaits des touristes. La grande crevasse nous offre une belle immersion dans les habitudes des guides de haute montagne, des dangers qu’ils affrontent, leur amour des sommets. Et oui, car il faut les aimer pour risquer sa vie avec les chutes de rochers ou encore supporter des températures glaciales. Aux côtés des personnages principaux, à travers les récits racontés au cœur des vieilles pierres, on se retrouve avec un roman très authentique.

*

L’histoire est plutôt sympathique, et je dois avouer que lire sur la montagne, la neige et les températures glaciales alors que j’étais bien au chaud m’a apporté un plaisir tout particulier. Les descriptions retranscrivent tout aussi bien les paysages que les sensations des personnages et si lire sur la montagne en dehors de la haute saison est apaisant, être aux côtés des protagonistes lorsque ceux-ci sont dans une situation des plus dangereuses fait frissonner.
L’intrigue est des plus cohérente, sans être non plus simpliste. Les événements s’enchaînent avec logique, les personnages réagissent avec sincérité (ce qui n’est pas forcément une bonne chose) et on ne peut s’empêcher de prendre partie pour l’un ou l’autre. S’il y a bien une histoire d’amour, celle-ci n’étouffe pas le reste du récit et elle se construit progressivement, jusqu’à prendre une place plus importante dans la dernière partie du roman.

Pour parler des personnages, j’ai eu un peu de mal à m’attacher à Brigitte, que j’ai trouvé trop frivole en dehors des moments où elle était en train d’escalader, mais lorsque l’on connaît la façon dont elle a été éduquée et dont elle a toujours vécu, on comprend mieux sa façon d’agir. Zian est plaisant à découvrir, on sent qu’il est un vrai montagnard. Ceci étant dit, les montagnards ne sont pas tous dépeints d’une manière plus plaisante que les citadins, puisqu’ils peuvent se montrer brusque, bourrus et fermés envers ceux qui ne sont pas originaires de chez eux.

*

A la fin de notre lecture, on peut se poser une question essentielle : la grande crevasse, qu’elle est-elle ? Celle qui sépare les montagnards, vivant à la dure, des touristes ? Celle qui se creuse entre Zian et Brigitte ? Ou simplement celle qui fort sous la neige, attendant un faux pas de la part des alpinistes ?

*

La grande crevasse est un récit que je suis contente d’avoir lu, malgré quelques longueurs et des termes qui ne me disaient rien. Il peut être assez dur de se sentir happer par cette lecture, quand peu de chose fait écho à notre vie, d’autant que le style d’écriture a légèrement vieilli.
Ce sont des modes de vie, un attachement aux lieux, une multitude de règles silencieuses que l’on découvre au fil des pages. J’aurai presque eu envie de partir explorer les sommets de mes montagnes à la fin de ma lecture, d’éprouver le même amour que tous les personnages ressentent auprès d’elle et de découvrir des paysages grandioses.
Ce roman ne pourrait pas être plus authentique et plus vrai. Les émotions sont réelles, sincères, et d’une certaine façon, même si ce n’est pas le genre de livre que je lis de moi-même, il m’a plus touché que certaines de mes lectures qui m’ont pourtant énormément plu.

La grande crevasse
Editions J’ai lu
Publication 1996
245 pages

*

A bientôt pour une nouvelle chronique, sûrement un peu plus chaleureuse !
Brybry’

Publicité

Une réflexion sur “La grande crevasse – Roger Frison-Roche

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s